Fillon-Juppé  : ce qu'ils proposent sur le logement

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François Fillon veut donner plus d’avantages fiscaux sur l'immobilier.
François Fillon veut donner plus d’avantages fiscaux sur l'immobilier. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Comme sur beaucoup de thèmes, les propositions de François Fillon et d'Alain Juppé en matière de politique du logement sont similaires. Mais sur la fiscalité de l'immobilier, leurs propositions diffèrent tout de même.

A deux jours du dernier débat télévisé, les deux candidats à la primaire de la droite et du centre François Fillon et Alain Juppé s'affrontent « programme contre programme ». Et en matière de logement, comme sur beaucoup d'autres sujets, les candidats se différencient sur peu de choses. François Fillon et Alain Juppé s'accordent par exemple sur la suppression de la loi pour l'accès au logement et un urbanisme rénové (Alur) et notamment sur l'abrogation de l'encadrement des loyers. Par ailleurs, ils souhaitent tous les deux que la loi SRU, qui demande à chaque commune d'avoir 25 % de logements sociaux, ne traite plus les zones tendues et les zones détendues de la même manière. Bref, sur les sujets identifiés comme des « marqueurs de gauche », les deux candidats s'entendent sur les réformes à mener.

Une vision différente de l'état du marché immobilier actuel

En revanche en matière de fiscalité, un sujet cher à beaucoup d'électeurs de droite, les propositions des deux candidats diffèrent clairement. Cela tient en premier lieu à leur vision de la santé actuelle du marché immobilier : alors qu'Alain Juppé a pris acte de la reprise vigoureuse sur le marché du logement français depuis maintenant 18 mois, et ne veut donc pas brusquer les choses, François Fillon estime pour sa part qu'il faut aller plus loin et donc faire baisser significativement la fiscalité sur le logement.

Les deux candidats se rejoignent, du reste, sur un constat : le logement est un secteur beaucoup trop taxé. Mais pour faire changer la donne, Alain Juppé souhaite se « limiter » à la suppression de l'ISF -prônée aussi par François Fillon -, plutôt qu'à de multiples réformes des dispositifs fiscaux qui concernent le logement. Il ne veut pas « faire des promesses au secteur de l'immobilier pour ne pas les tenir ensuite. Je veux concentrer l'effort fiscal sur l'amélioration de la compétitivité des entreprises et sur le pouvoir d'achat des familles », expliquait-t-il au site Explorimmo. « Le secteur reprend peu à peu des couleurs et ce n'est pas le moment de tout changer », justifiait aussi Alain Juppé. Il souhaite donc une réelle stabilité.

Fillon supprimerait les DMTO

Pour François Fillon, aussi, la stabilité est fondamentale pour donner confiance aux investisseurs. Mais avant cela, il faudrait selon lui opérer plusieurs réaménagements des dispositifs fiscaux existants, pour ensuite les pérenniser sur la durée de son éventuel mandat. En premier lieu, François Fillon souhaite une « surpression progressive des droits de mutation à titre onéreux (DMTO) », la taxe principale sur les transactions immobilières, qui favorisera, selon le candidat  « la mobilité du patrimoine immobilier et la fluidité des parcours résidentiels ». A noter que les DMTO constituent une ressource fiscale significative pour les collectivités locales. Contrairement à Alain Juppé, François Fillon milite aussi pour une refonte du dispositif d'aide fiscale à l'investissement locatif, qui s'appelle aujourd'hui le Pinel. Il propose ainsi un dispositif unique « basé sur un amortissement de longue durée (entre 20 et 30 ans) ».

Fillon pour un taux de TVA réduit

En revanche, l'ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy souhaite réserver le prêt à taux zéro (PTZ)  à « l'accession pour les logements neufs, sauf en zone rurale », et ce malgré l'élargissement récent de son périmètre dans l'ancien par le gouvernement Valls. Par ailleurs, alors qu'il a promis d'augmenter globalement la TVA de deux points, François Fillon milite toutefois pour un taux de TVA réduit pour l'acquisition de la résidence principale ou pour un investissement locatif long, « dans les périmètres de grands projets d'aménagements.»

Enfin, le député de Paris souhaite ramener le délai d'exonération totale de la taxe sur les plus-values immobilières à 15 ans. Un rétropédalage, puisqu'il avait fait passer ce délai de 15 à 30 ans lorsqu'il était Premier ministre en 2011... Et en contrepartie, pour « inciter le propriétaire foncier à vendre », François Fillon propose d'augmenter la fiscalité de la taxe foncière sur les propriétés non bâties et constructibles en zones tendues. De quoi, selon lui, fluidifier le marché du foncier.

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Commentaires
a écrit le 26/11/2016 à 13:29 :
L'ordonnance sera dictée par la remontée des taux d'intérêts . L es français ne réalisent pas qu'ils vont de toutes façons danser devant un buffet vide .
a écrit le 23/11/2016 à 15:44 :
Ce qui serait bien, c'est de garantir les loyers pour tous les propriétaires louant leur bien pour 10% de moins que les sociétés hlm, je parle du loyer final soit loyer+ charges hlm x 90%.
Ca libérerait un tas de logements dignes issus de séniors pour les familles pauvres, et bloquerait l'inflation à ce sujet.
a écrit le 23/11/2016 à 10:48 :
En parlant de logement :

Le Canard enchaîné enrichit, dans son édition d'aujourd'hui, la chronique des passe-droits immobiliers de la Ville de Paris, et singulièrement ceux de la famille Juppé. L'hebdomadaire produit une note, rédigée en janvier 1993 par Philippe Lafouge, délégué général au logement, et destinée à Alain Juppé, alors adjoint aux finances de la Ville: cette note porte sur le loyer consenti pour le locataire d'un appartement municipal, rue Jacob. Lafouge propose 6.913,28 francs pour un appartement de 88m2. Juppé vise la note et rectifie: loyer «arrondi à 6.000 francs». Or, l'heureux destinataire de ce trois pièces, n'est autre que le fils d'Alain Juppé, Laurent. En outre, pour que le nouveau locataire soit confortablement installé dans les lieux, la Ville a fait procéder à 381.390 francs de travaux. Sur cette même note, Juppé écrit de sa main: «accord pour les travaux». Certes, rien n'est indiqué dans la note sur l'identité du futur locataire. Nous sommes en janvier 1993. Les choses se précisent en avril: une note du chef de cabinet de Jacques Chirac, à la Mairie, indique à Lafouge: «J'ai l'honneur de vous informer qu'il y a lieu d'attribuer le logement de trois pièces de 88m2 situé au troisième étage de l'immeuble communal rue Jacob à Paris VIe à M.Laurent Juppé.» La boucle est bouclée. Le Canard apporte également quelques précisions sur le coût de la rénovation du 181m2 avec terrasse occupé par le Premier ministre, ainsi que du studio qu'occupait Laurent Juppé avant d'emménager dans son trois pièces: la note, au total, selon une estimation des services municipaux, s'est élevée à 1.100.914 francs.
a écrit le 23/11/2016 à 10:32 :
Bon on peut pas demander a un candidat LR, dont l electorat venere Saint Parpaing, de se prononcer contre l immobilier cher et contre les subventions au secteur. Par contre si Fillon veut vraiment rendre l industrie francaise competitive il va falloir qu il reflechisse: pour une industrie forte il faut des investissements (autrement dit que l argent ailles aux entreprises et pas dans l achat de tas de parpaings) et que les salaires des employes ne soit pas englouti dans leur logement (faut pas rever si vous avez besoin de 1000 € pour vous loger, vous allez pas travailler pour 800). Si la RFA taille des croupiere a la france c est en partie car la ville al plus chere de RFA (Munich) est au niveau de ... Lyon (et encore les prix se sont envole en RFA depuis 2-3 ans)
a écrit le 23/11/2016 à 9:04 :
... est-ce qu'ils vont revoir la loi Alur ( ....nom de scène de Duflot !) , qui a impacté le marché de l'immobilier dans des proportions considérables ?
a écrit le 23/11/2016 à 9:03 :
Fillon c'est monsieur TVA donc, grâce à la baguette magique TVA il va tout résoudre.

Ah sacrés militants réacs, avec eux on est jamais déçu, ils n'ont pas leur pareil pour aller toujours plus loin.
a écrit le 23/11/2016 à 8:54 :
.... et qu'est-ce qu'ils proposent sur la relance de la consommation car je n'ai jamais compris comment on pouvait réduire le chomage et embaucher s'il n'y avait pas en amont un gonflement des carnets de commande !!!
Ce n'est pas l'assistanat aux entreprises qui va résoudre ce problème , il n'y a qu'a voir ce que la réduction de la TVA sur la restauration a apporté !
a écrit le 23/11/2016 à 8:25 :
Ali Juppé veut un toit pour tous un emploi pour chacun comme La bravitude.
a écrit le 22/11/2016 à 18:46 :
Mais non !!
Ils n'ont rien compris ou cherchent à être populiste.
Ils ne peuvent pas baisser les charges et les impots sur la rente immobiliere.

Il faut taxer la rente immobilière sur l'immobilier ancien qui ne sert a rien a l'economie (au contraire : baisse du pouvoir d'achat des salariés, fin de l'ascenseur social - si tu n'as pas hérité tu ne peux pas acheter a Paris, etc.

Bref ils feraient mieux de faire comme les USA (pays liberal) et taxer l'immobilier
- impossible de cacher ses biens en suisse
- touche les exilés fiscaux et etranger possédant des biens en france

Il faut taxer la jouissance d'un bien (immobilier, consommation) et pas le revenu du travail
=> il faut supprimer les charges patronales et les remplacer par une taxe sur l'immobilier (4% de la valeur du bien) - avec abattement sur le nombre de personne + sur le montant de l'impot sur le revenu deja payé (il ne s'agit pas de prendre plus aux personnes mais de faire contribuer tout le monde y compris les rentiers qui ne travaillent pas)


Aujourd'hui nous faisons l'inverse : plus de taxe fonciere pour les vieux qui ne gagnent pas assez. Et bien ils devraient vendre leur bien s'ils n'ont pas de quoi payer leur taxe. Des jeunes qui travaillent seront contents de s'endetter sur 25 ans pour leur offrir un superbe complément de retraite (retraite pour laquelle ils auront beaucoup moins contribué que ces jeunes)
Réponse de le 23/11/2016 à 9:13 :
boooo!!
ca pue la grosse jalousie ça!!!!
Réponse de le 23/11/2016 à 10:27 :
tout a fait. Mais il faut voir qui vote pour les LR: les vieux !
donc on continuera a taper sur les jeunes car electoralement c est payant
Réponse de le 25/11/2016 à 17:33 :
On pensait le communisme disparu, mais Michel nous prouve le contraire! Ça sent la jalousie, pour ne pas dire la bêtise, à plein nez. Spoliation à tous les niveaux, vive le communisme. Cela me rappelle une citation que j'ai lue au sujet de l'ISF : " un impôt créé par des imbéciles pour faire plaisir à des jaloux." Tout est dit.

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