Journal de campagne : Juppé s'attaque au programme de Fillon

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Distancé, Alain Juppé jette ses dernières forces dans la bataille de la primaire de la droite et du centre. Avec 15 points de retard sur son rival François Fillon après le premier tour, le maire de Bordeaux doit viser juste s'il veut l'emporter dimanche 27 novembre lors du second tour, et être le candidat de la droite à l'élection présidentielle. Il a reçu lundi soir le soutien de Jean-François Copé.
Alain Juppé a en tout cas déjà trouvé ses angles d'attaque. Ce lundi, sur Europe 1, il a d'abord dénoncé la « très grand brutalité en matière économique » du projet de l'ancien premier ministre. Celui-ci prévoit en effet la suppression de 500.000 fonctionnaires, contre 250.000 pour Alain Juppé, et une hausse de deux points de TVA, contre 1 point pour le maire de Bordeaux. Pour le clan Juppé, le programme Fillon est tout simplement irréaliste :
« Ce qu'on voit aujourd'hui, c'est la reconstitution de l'équipe Fillon-Sarkozy qui nous a dirigés de 2007 à 2012 », a-t-il mis en garde alors que l'ancien chef de l'Etat a annoncé qu'il voterait François Fillon. « Quand on reste pendant cinq ans Premier ministre d'un président de la République, c'est qu'on est totalement comptable de ce qui a été fait », a-t-il relevé. « Moi je n'ai été ministre que 18 mois et je ne me suis pas désolidarisé de ce qui a été fait », a-t-il ajouté.
Pour Juppé, le programme de François Fillon est « extrêmement traditionaliste pour ne pas dire un petit peu rétrograde sur le rôle des femmes, sur la famille, sur le mariage (...) » Il a opposé « sa plus grande ouverture d'esprit » sur le sujet. « Je dis à mes co-religionnaires catholiques que moi, je suis plus proche de la parole du Pape François que de la Manif pour tous! ». Ambiance
De son côté François Fillon regarde avec délectation tous les ralliements dont il bénéficie. Les anciens sarkozystes Christian Jacob, Rachida Dati, Eric Cioti, etc... Tous viennent vers lui.
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Sur TF1 lundi soir, en réponse à Alain Juppé, François Fillon s'est défendu de toute brutalité, et invoque des méthodes « utilisées avec succès par nos voisins, souvent par la gauche d'ailleurs... La diminution de la dépense publique, la souplesse du travail, ce sont des méthodes de Schröder, Renzi, ou Blair. Ma réponse, c'est qu'il faut un changement profond. Et je constate après les milliers de contacts que j'ai eu c'est qu'il y a une majorité de Français qui le souhaitent ».
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L'heure de vérité entre les deux candidats se produira jeudi soir lors du débat télévisé qui les opposera sur TF1 et France 2.
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