François Hollande peut-il encore rendre la France plus compétitive ?

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François Hollande a multiplié les pactes avec le patronat pour relancer la croissance.
François Hollande a multiplié les "pactes" avec le patronat pour relancer la croissance. (Crédits : © Philippe Wojazer / Reuters)
[ SÉRIE : Horizon 2017 pour Hollande 3/9 ] Le début du quinquennat fut chaotique. Confronté à la colère des chefs d'entreprise déclenchée par l'augmentation de la pression fiscale prévue par le projet de loi de finances 2013, symbolisée par le mouvement des « Pigeons », l'exécutif n'a eu de cesse de donner des gages aux chefs d'entreprise pour regagner leur confiance. Une confiance sans laquelle le retour de la croissance semble utopique.

Selon les données d'Eurostat compilées par COE-Rexecode, en 2000, le coût du travail horaire s'élevait à 24,42 euros en France dans l'industrie et les services marchands et à 26,34 euros en Allemagne. En 2004, il est passé à 28,67 euros en France et a reculé à 27,76 euros en Allemagne grâce aux efforts de modération salariale réclamés aux salariés allemands dès 2003. Depuis, le coût du travail horaire en France a toujours dépassé celui observé en Allemagne renforçant la compétitivité-prix des produits allemands, produits qui bénéficiaient déjà depuis longtemps d'une compétitivité hors prix redoutable.

Le taux de marge enfin remonté

Les grandes manoeuvres ont alors démarré. Dès novembre 2012, à la suite de la présentation du rapport Gallois, le « pacte de compétitivité » introduisait le crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi (CICE). Il est entré en vigueur en 2014. Après des débuts chaotiques, il monte en puissance au point que Bercy estime à 900 millions d'euros le surcoût de cette dépense fiscale en 2015. Au total, 17,4 milliards d'euros devraient être versés au titre du CICE cette année, soit un niveau assez proche du montant prévu par le ministère des Finances en « rythme de croisière ».

Ces mesures ont produit leurs effets. À la fin 2014, le coût du travail s'élevait à 37,10 euros en France dans l'industrie manufacturière, contre 38,43 euros outre-Rhin. Le taux de marge est enfin remonté. Après avoir touché un plancher inédit en 2014, à 29,7% de la valeur ajoutée, il atteindrait en moyenne 31,2% en 2015 selon les prévisions de l'Insee, grâce également aux allégements de cotisations familiales programmés par le Pacte de responsabilité, entrés en vigueur le 1er janvier 2015. À titre de comparaison, avant la crise de 2008-2009, le taux de marge des entreprises s'élevait en moyenne à 32,7% entre 1988 et 2007.

L'exécutif n'en est pas resté là

À ces mesures fiscales et sociales, le « pacte de responsabilité » prévoit également une suppression en 2016 de la contribution exceptionnelle à l'IS acquitté par les entreprises réalisant plus de 250 millions d'euros, dont le taux était passé de 5 à 10,7% en 2013, mais aussi de la C3S en 2017. La loi pour la croissance et l'activité dite loi Macron I est également venue à la rescousse des chefs d'entreprise. Ils peuvent profiter depuis avril - et ce pendant un an - du suramortissement de l'investissement.

Parallèlement aux mesures visant à restaurer la compétitivité-prix des produits français, le gouvernement s'est aussi attelé au redressement de la compétitivité hors prix en multipliant les mesures en faveur de l'innovation. En dépit des nombreuses critiques de la part du Parlement, le crédit impôt-recherche, qui fut jusqu'à la création du CICE la principale dépense fiscale de l'État, a été sanctuarisé par le pacte de compétitivité. Le statut de « jeune entreprise innovante » a été rétabli, le crédit d'impôt-innovation a été lancé et la phase 3 des pôles de compétitivité, qui vise à concentrer leur action vers les produits et services à industrialiser, a été engagée.

Pour quels résultats ? Pour l'instant, la reprise, essentiellement portée par la baisse des cours du brut, est trop fragile pour conclure à l'efficacité des mesures gouvernementales. Malheureusement pour l'exécutif qui, d'un point de vue électoral, pourrait ne pas tirer profit de ses efforts.

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>> [ SÉRIE :  Horizon 2017 pour Hollande ] Demain, retrouvez la 4e partie : "Hollande peut-il encore réussir... à inverser la courbe du chômage ?"

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Commentaires
a écrit le 02/10/2015 à 19:19 :
François Hollande peut-il encore rendre la France plus compétitive ? ------- Plus compétitive ...? pourquoi nous sommes compétitif .........????? ah bon ......!!!!
a écrit le 30/09/2015 à 11:55 :
Quelle question Hollande peu t il enrichirez la France un manque de courage dan la constitution ils est nul ?
a écrit le 30/09/2015 à 11:12 :
Il serait peut-être intéressant défaire intervenir le prix de l'énergie comme le propose la note n°6 du conseil d'analyse économique.
a écrit le 30/09/2015 à 11:00 :
Impossible ...! le socialisme n'a jamais rendu une économie compétitive ...(en moins d'exercer un dumping dictatorial ,sur le compte du peuple....) vu qu' au final..., le dogme et l'utopie ....s'opposeront toujours aux réalités économiques et financières...
a écrit le 30/09/2015 à 10:56 :
Plus compétitive pourquoi faire? Si l'on a plus de client, ou on refuse de vendre, je n'en vois pas l'intérêt! A moins qu'il ne s'agisse de vouloir enrayer les délocalisations, il y a d'autre moyen que cela...!

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