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Hollande: mea culpa, mea maxima culpa

Photo de Philippe Mabille

Philippe Mabille

Publié le 25 septembre 2015 à 14:00 - Mis à jour le 25 septembre 2015 à 14:42

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L'autocritique est un exercice si peu naturel pour un homme politique, surtout durant l'exercice de ses fonctions, que l'on se doit de saluer le mea culpa, certes tardif, du président de la République sur les erreurs de son début de quinquennat.

Qu'il ait choisi pour le faire savoir la voie détournée d'un livre, celui de notre consoeur du Monde Françoise Fressoz, ne retire rien à l'intérêt que l'on doit porter à cette coulpe battue.Dans Le Stage est fini, le chef de l'État reconnaît donc, à demi-mot, qu'il a manqué de cynisme en ne maintenant pas la TVA sociale qu'avait fait adopter son prédécesseur, ce qui lui aurait permis d'éviter de matraquer d'impôts les Français.

Un chiffre, pour illustrer le propos, issu d'une passionnante étude de l'OCDE, mérite d'être relevé : si l'on classe les onze principales économies en fonction de leur effort de réduction du déficit budgétaire, la France apparaît au huitième rang. Nous sommes aussi le seul pays dont l'ajustement budgétaire a reposé en exclusivité sur l'impôt et en rien sur la baisse de la dépense publique (laquelle atteint désormais un record mondial, à 57 % du PIB). En clair, François Hollande n'a rien fait, ou si peu... et plutôt mal, comme il le reconnaît lui-même.

Autre grave erreur, le chef de l'État ne retient pas, mais qui lui a été souvent reprochée, la suppression trop rapide et brutale de la défiscalisation des heures supplémentaires, qui a frappé directement au portefeuille les catégories les plus modestes, et sans doute ses électeurs de 2012, qui avaient cru de bonne foi à son slogan « Le changement, c'est maintenant ».

Le virage sur l'aile du président de la République sur le traité européen, certes inévitable vu le déficit de crédibilité budgétaire de la France, a lui aussi pris à revers ses engagements de campagne et l'a conduit à mener une politique qui n'avait plus rien à voir avec les intentions affichées par le candidat. Comme l'a dit Machiavel, « gouverner, c'est faire croire »... Encore faut-il que l'on vous accorde (encore) crédit. À voir la cote de popularité actuelle de François Hollande, on ne sait pas si « le stage est fini », mais le crédit, lui, est épuisé.

Reconnaître ses erreurs...

Que l'on soit un dirigeant politique ou d'entreprise, est un exercice de communication délicat à manier. Voire dangereux, parce qu'il peut facilement se retourner contre son auteur. Les Français n'attendent pas du chef de l'État une séance d'autoflagellation, qui plus est sur un point finalement assez dérisoire et anecdotique de sa politique. Ce qu'ils veulent désormais, avec une impatience de moins en moins dissimulée, ce sont des résultats tangibles et concrets.

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Ceux-ci vont venir, assure-t-on du côté de l'exécutif où l'on souligne que 2015 sera l'année du retournement pour l'emploi et la croissance. On en décèle quelques prémices dans les chiffres de l'intérim, indicateur avancé d'une baisse prochaine du taux de chômage. Mais, contrairement à ce que pense François Hollande, l'inversion de la courbe du chômage, qui devra se confirmer l'an prochain, n'est qu'une condition nécessaire, et pas suffisante, pour qu'il puisse espérer être réélu pour un second mandat.

Au vu de l'accélération des événements mondiaux qui, de la crise grecque à la crise des migrants, menacent la cohésion de l'Europe, 2017 est un horizon trop lointain pour qu'on y prête plus qu'une attention distraite. François Hollande a pour lui d'être à la tête de l'État à un moment que l'on peut qualifier sans emphase d'historique.

Chacun le ressent bien, ces millions de personnes qui frappent à notre porte sont annonciatrices d'un monde nouveau. Les Français jugeront le moment venu si le président sortant aura su se montrer à la hauteur de ces défis. Mais là encore, même si François Hollande réussissait, ce n'est même pas sur son bilan que se jouera la présidentielle, mais plutôt sur une roulette électorale qui, pour la première fois sous la Ve République, opposera trois forces à peu près égales. De sorte que la seule stratégie gagnante en 2017 consistera pour le candidat de droite comme pour le candidat de gauche, quel qu'il soit, à faire en sorte de se qualifier pour le second tour face à Marine Le Pen...

Philippe Mabille

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