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ÉconomieFrance

François Hollande : sa carrière en cinq dates clés

Photo de Jean-Christophe Catalon

Jean-Christophe Catalon

Publié le 02 décembre 2016 à 16:35 - Mis à jour le 03 décembre 2016 à 23:29

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François Hollande a choisi de renoncer à se lancer dans la campagne présidentielle de 2017. Retour sur les périodes phares de sa carrière politique.

François Hollande a mis fin au suspense jeudi soir. En direct depuis l'Elysée, le président de la République a annoncé sa décision de renoncer à briguer un second mandat. À 62 ans, le natif de Rouen a traversé une vie politique mouvementée avant d'accéder au sommet de l'Etat. De ses débuts aux côtés de François Mitterrand à la primaire de 2011, retour sur les périodes phares de la carrière de François Hollande.

■ 1980 : de la promotion Voltaire à la campagne de Mitterrand

Comme une grande partie des dirigeants politiques contemporains, François Hollande est passé par les bancs de l'Ecole nationale d'administration, l'ENA. Il sort diplômé en 1980 de la promotion Voltaire, en même temps que plusieurs de ses futurs compagnons de route et adversaires. Parmi les figures les plus emblématiques, on retrouve l'actuel ministre de l'Economie, Michel Sapin, et le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, ainsi que l'ancien Premier ministre de Jacques Chirac, Dominique de Villepin.

Sans oublier Ségolène Royal, sa future compagne, avec qui il intègre l'équipe d'experts fondée par Jacques Attali pour la campagne de François Mitterrand. Après la victoire de ce dernier face à Valéry Giscard d'Estaing en 1981, le duo Hollande-Royal intègre l'équipe du président.

■ 1981 : première législative en Corrèze face à Jacques Chirac

Les choses s'enchaînent vite pour François Hollande. Dès les législatives de 1981, il est lancé devant les électeurs pour la première fois, en remplaçant Jacques Delors comme candidat dans la troisième circonscription de Corrèze. Face à lui, le ténor de la droite Jacques Chirac, qui avait déjà occupé plusieurs portefeuilles ministériels sous De Gaulle, Pompidou et Giscard, ainsi que Matignon de 1974 à 1976.

Parachuté, François Hollande n'a que très peu de chances de l'emporter. Jacques Chirac se fait d'ailleurs réélire dès le premier tour avec 50,6% des voix, contre 26,4% pour le protégé de Mitterrand.

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François Hollande n'abandonne pas le Limousin, au contraire, il devient son fief. Au cours de sa carrière, il remporte à deux reprises la législative en Corrèze (1988 et 1997), entre deux fois aux conseil régional du Limousin (1992 et 1998), ainsi qu'au conseil municipal de Tulle avant d'en devenir le maire en 2001. Enfin, il préside le conseil général de Corrèze de 2008 jusqu'à son accession à l'Elysée en 2012.

■ 1985 : Hollande soutient Delors et se fâche avec Aubry

François Hollande a du mal à s'imposer dans l'équipe du président. S'il reste admiratif du stratège Mitterrand, ses positions, en particulier sur l'économie, correspondaient plus à celles de Michel Rocard, artisan du tournant de la rigueur en 1983.

L'économie c'est son truc. Diplômé d'HEC, à l'Elysée François Hollande se focalisait sur ces questions "avec des idées qu'on retrouve aujourd'hui au PS, mais qui n'étaient guère en vogue à l'époque", rappelle Jean-Louis Bianco, conseiller politique de Mitterrand, dans Libération. D'ailleurs, lorsque Laurent Fabius est nommé à Matignon en 1984, il s'écarte du pouvoir pour devenir éditorialiste économique au quotidien Le Matin de Paris.

Ses positions l'amènent à participer à la création de Démocratie 2000 en août 1985. Ce mouvement, composé de jeunes socialistes comme un certain Jean-Yves Le Drian, alors député du Morbihan, veut incarner des idées modernes et soutient le président de la Commission européenne, Jacques Delors. La fille de ce dernier, Martine Aubry, se joint au groupe mais "trouve que Hollande et ses potes jouent davantage leur carrière que l'avenir de son père", retrace L'Obs. Cet épisode signe le début d'une longue rivalité entre les deux futurs candidats du second tour de la primaire de 2011. Du reste, leurs espoirs en Jacques Delors s'éteignent lorsque celui-ci refuse de se présenter à la présidentielle de 1995.

■ 1997 : le début de onze années à la tête du PS

L'année 1997 signe un tournant pour le Parti socialiste. Après la dissolution de l'Assemblée nationale par le président Chirac, la gauche remporte les législatives. Lionel Jospin quitte Solférino pour Matignon et laisse la place à François Hollande. Ce dernier s'investit dans sa tâche et parvient, par son sens du compromis, à maintenir la cohésion du parti, malgré les divergences entre les courants internes. Une attitude qui lui vaut quelques surnoms peu flatteurs dans son camp, comme "Flanby", l'apôtre du "consensus mou".

Relais de la communication gouvernemental, il assure le SAV de l'équipe de Lionel Jospin, sans être intégré dans l'équipe de campagne de ce dernier en 2002. Le 21 avril est une claque, avec l'échec de la gauche au profit du Front national de Jean-Marie Le Pen.

Pourtant, les première années du quinquennat Chirac sont une réussite pour François Hollande, avec les bons scores des régionales et des européennes. Le premier secrétaire du PS est d'ailleurs nommé homme politique de l'année en 2004. Jusqu'à un nouvel échec l'année suivante. Alors qu'il fait voter à une large majorité le soutien du "Oui" au référendum sur la Constitution européenne, les Français votent à 55% pour le "Non" en 2005. François Hollande tient encore le parti trois ans, puis laisse sa place à Martine Aubry.

■ 2012 : "Le changement c'est maintenant"

Après avoir quitté la tête du PS, François Hollande s'efface de l'actualité médiatique. On le croit oublié, fini. En réalité il se prépare déjà à se présenter à la prochaine présidentielle. Une course qui passe par l'étape de la primaire, actée dès 2010 par le parti. Au départ, le président du FMI, Dominique Strauss-Kahn est donné archi-favori jusqu'à son arrestation en mai 2011 à New-York, inculpé pour agression sexuelle.

Le 9 octobre 2011, quelque 2,6 millions de personnes se déplacent pour la primaire et positionnent François Hollande en tête avec 39% des voix. Tous les candidats vaincus se rangent derrière lui. Résultat, le député de Corrèze remporte le second tour face à Martine Aubry avec 56,7% des suffrages.

S'en suit une campagne présidentielle calquée sur la figure de François Mitterrand et positionnée sur l'anti-sarkozysme, avec le fameux slogan : "Le changement c'est maintenant". Celui qui veut devenir un "président normal" donne un discours fondateur au Bourget, le 26 janvier 2012, dans lequel il nomme son "ennemi" : "le monde la finance". Le 6 mai, jour de la consécration, il est remporte l'élection avec 51,6% des voix.

À lire également

  • Hollande ou la déchéance présidentielle
  • Chômage, la malédiction du quinquennat Hollande
  • Du ras le bol fiscal à la baisse des inégalités: le bilan fiscal de Hollande

> Lire aussi : quel est le bilan économique de François Hollande ?

Jean-Christophe Catalon

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