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ÉconomieFrance

Primaire à droite : le jeu des 6 différences avec la gauche en 2011

Photo de Jean-Christophe Catalon

Jean-Christophe Catalon

Publié le 21 novembre 2016 à 12:24 - Mis à jour le 22 novembre 2016 à 21:02

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Le premier tour de la primaire de la droite et du centre s'est conclu par la victoire surprise de François Fillon. Que s'était-il passé en 2011 avec la gauche ?

Le premier tour de la primaire de la droite et du centre s'est soldé par la victoire surprise de François Fillon. Selon les résultats provisoires à minuit ce lundi, l'ancien Premier ministre de Nicolas Sarkozy arrive largement devant ses concurrents avec 44,1% des voix. Suivi d'un autre ancien Premier ministre, Alain Juppé, avec 28,6%. L'ex-chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, avec 20,6% des voix, est quant à lui éliminé.

> Lire aussi :  Sarkozy "se retire de la vie politique"

Les Républicains ne sont pas les premiers à avoir organisé un tel scrutin. Dans le paysage politique français, les "primaires citoyennes" du PS et du PRG en 2011 avaient désigné François Hollande comme candidat à la présidentielle l'année suivante. Comment s'était conclu ce scrutin au premier tour ? Voici quelques points de comparaison.

■ 2,6 millions de participants au premier tour en 2011

À minuit ce lundi, les résultats provisoires montrent qu'environ 4 millions de votants se sont déplacés dimanche pour participer à la primaire de la droite. Cinq ans plutôt, les primaires citoyennes avaient attiré 2,6 millions de participants au premier tour. À l'époque on parlait déjà d'une grande réussite. Olivier Ferrand, membre du Parti socialiste aujourd'hui décédé, estimait peu avant le scrutin qu'"un million de votants serait un succès". Le nombre de bureaux de vote était moins importants pour la gauche. Les organisateurs en avait installé 9.425, contre 10.229 cette année pour la droite.

■ Les Républicains récoltent deux fois plus d'argent que la gauche

Qui dit plus de participants, dit plus d'argent dans les caisses. En 2011, le PS avait récolté en moyenne 1,50 euro par électeur, amassant un total de 4 millions d'euros rien que pour le premier tour. Cette année, Les Républicains ont choisi de faire payer 2 euros la participation, collectant ainsi un minimum de 8 millions d'euros dès le premier tour.

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La somme servira à rembourser l'organisation du scrutin et à financer la campagne du vainqueur. Le parti pourrait même récolter encore plus d'argent dimanche prochain. En 2011, la participation au second tour était plus forte qu'au premier, avec 2,9 millions de votants.

> Lire aussi : primaire à droite : déjà 8 millions d'euros dans la poche des Républicains

■ Quid des électeurs de droite à la primaire de gauche ?

La participation des électeurs du camp adverse a fait couler beaucoup d'encre cette année. Censés "s'infiltrer" dans le scrutin pour faire barrage à Nicolas Sarkozy et plébisciter Alain Juppé, les sympathisants de gauche ont finalement représenté 15% des participants. Au vu de la percée de François Fillon, difficile de dire s'ils ont pesé sur le scrutin.

Quid de 2011 ? Les électeurs de droite s'étaient-ils immiscés dans les affaires du PS ? Bizarrement cette question a été éludée lors des résultats. Un sondage BVA indiquait que les électeurs de l'UMP et du FN représentaient 15% intentions de vote. Pour les premiers, le candidat naturel était Manuel Valls dont le programme était le plus à droite. Les seconds pouvaient, quant à eux, être séduits par la promesse de "démondialisation" d'Arnaud Montebourg.

■ Les qualifiés au second tour confirmaient les sondages

François Fillon est la surprise de dernière minute. Depuis plusieurs mois, les sondages annonçaient une affiche Juppé-Sarkozy pour le second tour, et reléguaient le député de Paris au quatrième rang, derrière Bruno Le Maire. Mi-novembre, un sondage Kantar-Sofres donnait le maire de Bordeau premier avec 36% des intentions de vote, et 30% pour l'ancien président de la République.

François Fillon a réalisé une remontée fantastique dans les deux semaines avant le scrutin, mais restait aux portes du second tour selon les instituts. Seul un sondage Ipsos pour Le Monde, le donnait vainqueur avec 30% d'intentions de vote. Il récoltera finalement 14 points de plus!

En 2011, les résultats étaient plus clairs. À la veille du premier tour le 9 octobre, les sondages annonçaient Fraçois Hollande en tête avec près de 45% des voix selon les instituts, et autour de 25% pour Martine Aubry. Les deux candidats étaient effectivement à l'affiche du deuxième tour, avec un score en revanche bien plus serré : respectivement 39,17% et 30,42% des suffrages.

■ La surprise Montebourg

En 2011, la surprise du scrutin était le candidat de la "démondialisation" : Arnaud Montebourg. Longtemps prédit quatrième - comme François Fillon cette année - celui qui est alors député de Saône-et-Loire creuse l'écart avec Ségolène Royal en remportant à 17,19% des voix, contre 6,95% pour l'ancienne candidate à l'Elysée en 2007. En revanche, il ne parvient pas à se qualifier au second tour, contrairement à François Fillon dimanche.

Pour le reste, les sondages avaient donné le tiercé dans l'ordre, clôturé par Manuel Valls (5,63%) et le candidat du PRG Jean-Michel Baylet (0,64%). Ce qui n'est pas le cas pour la primaire de la droite et du centre. L'autre surprise de la soirée de dimanche est la quatrième position de Nathalie Kosciusko-Morizet (2,6%), qui gagne une place grâce à l'effondrement de Bruno Le Maire. Crédité de 5% des intentions de votes dans le dernier sondage Ipsos (cité plus haut), le candidat du "renouveau" n'obtient que 2,4% des suffrages.

■ Le premier arrivé récolte le plus de soutiens

Au soir du premier tour, François Hollande avait récolté le plus de soutiens de la part de ses concurrents. Arnaud Montebourg, Ségolène Royal et Manuel Valls ayant appelé à voter pour le président du conseil général de Corrèze. Le report des voix ne sera pas automatique, puisqu'il remportera le second tour avec 56,67% des voix (contre 68,94% en cumulant les scores du premier tour de François Hollande et ses trois soutiens).

Ainsi, si François Fillon a fait un grand pas vers la victoire, la dernière marche n'est pas encore franchie. Dès dimanche soir, le député de Paris a reçu plus de soutiens que son rival du second tour, Alain Juppé. En effet, Nicolas Sarkozy (20,6%) et Bruno Le Maire (2,4%) ont appelé à voter pour lui. Nathalie Kosciusko-Morizet (2,6%) est la seule à soutenir le maire de Bordeaux.

À lire également

  • Les mesures choc de François Fillon en faveur de l'entrepreneuriat
  • Primaire de droite: Sarkozy se retire de la vie politique
  • Angela Merkel candidate pour un quatrième mandat

> Lire aussi : la chute mortifère de Nicolas Sarkozy cache celle annoncée d'Alain Juppé

Jean-Christophe Catalon

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