Fraudes, contrefaçons... les colis dans le collimateur de Bercy

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Pas une semaine ne se passe, ou presque, sans que les services des Douanes ne détectent des trafics par fret express.
Pas une semaine ne se passe, ou presque, sans que les services des Douanes ne détectent des trafics par fret express. (Crédits : © Tobias Schwarz / Reuters)
Ce mercredi, Christian Eckert, le secrétaire d’État chargé du Budget a signé une convention avec les membres de l’Union Française de l’Express (UFEX). Celle-ci doit renforcer la coopération entre les Douanes et les représentants des entreprises du fret express et postal pour améliorer les contrôles dans le cadre de la lutte contre toutes les formes de fraudes.

Engagé dans la lutte contre la contrefaçon, le gouvernement a décidé de mettre le fret express sous surveillance. Ce mercredi, Christian Eckert, le secrétaire d'Etat chargé du Budget a reçu les membres de l'Union Française de l'Express (UFEX), qui regroupe quatre des principaux intégrateurs du marché (DHL Express, FedEx, TNT et UPS) à Bercy.

L'objet de cette rencontre ? La signature d'une convention de coopération entre la direction générale des Douanes et Droits Indirects (DGDDI) et les représentants des entreprises du fret express et postal. Cet engagement doit permettre "d'améliorer les contrôles dans le cadre de la lutte contre toutes les formes de fraudes, tout en permettant des échanges de marchandises plus fluides ", précise le ministère des Finances dans son communiqué.

Cette collaboration est éminemment importante pour lutter contre les trafics. Pas une semaine ne se passe, ou presque, sans que les services des Douanes ne détectent des trafics par fret express. Un exemple ? Le 19 avril, sur la base d'un travail approfondi d'enquête, les services de la direction nationale du Renseignement et des Enquêtes Douanières (DNRED) ont contrôlé un colis postal à la Rochelle contenant un pistolet soigneusement dissimulé "pour échapper aux mesures de vigilance", précisent alors les Douanes dans un communiqué. Lors la visite effectuée par les agents de la DNRED de Perpignan au domicile du destinataire dans les Pyrénées orientales, ils découvrent un pistolet automatique 6.35, un fusil, des pièces d'armes, des munitions et deux chargeurs.

Des visites fructueuses

Simultanément, d'autres agents de la DNRED à Rouen et à La Rochelle ont effectué des visites domiciliaires en Charente-Maritime ainsi qu'au domicile de l'expéditeur du pistolet en Vendée. Leur butin ? Un véritable arsenal constitué de carabines, fusil d'assaut, fusil à pompe, pistolets semi-automatiques, chargeurs, de milliers de munitions ainsi qu'une  somme de 22 500 euros en liquide.

Les résultats de cette enquête illustrent la nécessité de renforcer la coopération entre la communautés du renseignement, dont font partie les Douanes et les professionnels du secteur. Avec le développement d'Internet et du e-commerce, la cyber-délinquance est devenue une priorité majeure dans la lutte contre les trafics qui permettent parfois le financement des cellules terroristes.

Les effets pervers d'Internet

Selon le bilan 2015 des Douanes, sur les 7,7 millions d'articles saisis, 33,3 % provenaient du fret postal et express, c'est-à-dire des colis rapides, contre moins de 1 % en 2005. Cette proportion s'élevait à 17,5% en 2014. A noter, la très grande majorité des saisies concerne le fret postal. Selon l'UFEX, qui reprend une étude de la commission européenne, les saisies dans le fret express ne dépassent pas la barre des 5%, 4,33% précisément en 2014.

En effet, pour écouler leurs produits, les trafiquants ne se contentent plus des marchés, des brocantes, des puces ou des ventes discrètes sous le manteau. Bien sûr, ils continuent de remplir des containers et de croiser les doigts pour que les Douanes du monde entier ne détectent pas leurs trafics. Mais les Douaniers doivent également faire face à la déferlante de colis postaux qui sont expédiés chaque jour, déferlante provoquée par le développement d'Internet ces dernières années.

« Avec le développement croissant du e-commerce, la lutte contre la contrefaçon sur Internet prend en effet chaque année une part plus importante dans l'activité douanière : ainsi par exemple, depuis janvier, le fret postal et le fret express représentaient plus de 65 % des constatations douanières en 2015, contre 43 % sur l'ensemble de l'année 2014 », déclarait Christian Eckert le 5 novembre 2015 à l'issue d'une séance publique sur la destruction de produits contrefaits.

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Commentaires
a écrit le 08/04/2016 à 9:28 :
Voilà une bonne introduction à quelques mesures administratives de contrôle pour ralentir la circulation des biens et le commerce, favoriser les blocus et produire du chômage. Est-il malhonnête d'avoir un bas de laine de quelques milliers d'euros en monnaie fiduciaire ou pièces d'or dans une économie de méfiance? Un effet favorable du commerce sur Internet est bien la généralisation des transferts de fonds électroniques facilement contrôlables. C'est déjà une forte atteinte à la vie privée et à la liberté.
a écrit le 06/04/2016 à 16:04 :
ca va se traduire par un impot ou et de combien?
sachant que c'est tt ce qu'ils savent faire, personne n'a de doute...
c'est comme annoncer la baisse a 1000 euros du paiement en liquide pour lutter contre le traffic d'ak47, ca n'engage que les idiots qui croient en la bonne parole...
a écrit le 06/04/2016 à 15:00 :
Quelle parano !
Réponse de le 08/04/2016 à 14:47 :
vous plaisantez ?
a écrit le 06/04/2016 à 13:04 :
cela surtout encore permettre aux sociétés de transport de ne pas respecter les délais de livraisons promis et de ne pas payer / défalquer les indemnité en cas de retard car ils vont à coup sur mettre cela sur les contrôles des douanes, comme toujours, pas pour rien que ces sociétés de transports fassent de tels bénéfices, sur 9 ans jamais nous n'avons obtenu d'indemnité ou remise lors de retard de livraisons et ce malgré que plus de 60% des importations via UPS/TNT/ FEDEX ou DHL soient livrées avec du retard

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