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ÉconomieFrance

Gabriel Attal détaille son plan pour sortir de la crise des agriculteurs

latribune.fr

Publié le 26 janvier 2024 à 17:39 - Mis à jour le 26 janvier 2024 à 23:45

Gabriel Attal

Gabriel Attal

STEPHANIE LECOCQ

Le Quotidien Numérique

04 juillet 2026

Photo d'illustration de l'article
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Le Premier ministre Gabriel Attal et le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau ont annoncé plusieurs mesures d'urgence pour aider les agriculteurs et apaiser les tensions.

Au lendemain des 24 propositions de la FNSEA et alors que Paris commençait à être bloqué par les agriculteurs, le Premier ministre Gabriel Attal, accompagné du ministre de l'Agriculture Marc Fesneau, se sont rendus dans une exploitation de Haute-Garonne, épicentre de la colère paysanne, et ont annoncé « dix mesures de simplification immédiates » pour les agriculteurs, prélude à un mouvement plus large pour « simplifier drastiquement nos procédures » et « normes ». Objectif : tenter de calmer le mouvement de protestation. Evoquant un « mois de la simplification » d'ici au Salon de l'agriculture qui s'ouvre fin février, le chef du gouvernement a cité notamment les « curages » des cours d'eau agricole ou les délais de recours contre les projets agricoles (voir encadré).

Loi Egalim

Concernant les revenus des agriculteurs, Gabriel Attal a indiqué que la loi « Egalim était un progrès » et que son « enjeu était qu'il soit appliqué ». Le gouvernement prévoit donc « trois sanctions très lourdes » à l'encontre des entreprises qui ne respectent pas la loi Egalim, laquelle vise à protéger le revenu des agriculteurs dans le cadre des négociations avec les industriels et les supermarchés

«L'objectif est clair : faire respecter Egalim partout, sans exception», a déclaré le Premier ministre. Gabriel Attal a également annoncé le renforcement des contrôles et promis de mettre une «pression maximale» sur les négociations en cours entre les acteurs.

Suppression de la hausse des taxes sur le GNR

Le Premier ministre a par ailleurs annoncé la suppression de la hausse de la taxe sur le gazole non routier agricole, qui devait augmenter progressivement jusqu'en 2030.

« On va arrêter avec cette trajectoire de hausse du GNR », a-t-il déclaré, accédant ainsi à l'une des principales demandes des agriculteurs. Pour une « simplification » des procédures, il a également annoncé que les remises de taxe sur ce carburant seraient déduites à l'achat, et non plus après coup sur justificatif, « d'ici à l'été ».

Contre le Mercosur

Par ailleurs, Gabriel Attal a indiqué que « la France s'oppose de manière très claire » à « la signature » de l'accord commercial controversé entre l'Union européenne et les pays latino-américains du Mercosur.

« Je le redis ici de manière très claire, très nette. Le président de la République s'y est toujours opposé et nous continuons et continuerons à nous y opposer ».

Le Mercosur et l'UE négocient depuis des années cet accord qui achoppe sur des questions environnementales. Il est dénoncé notamment par les agriculteurs français, pour le risque de concurrence déloyale de la part de produits sud-américains.

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Hausse de la MHE

Le Premier ministre Gabriel Attal a également annoncé l'augmentation des indemnisations pour soutenir les exploitations les plus en difficulté face à la maladie hémorragique épizootique (MHE), une nouvelle pathologie qui affaiblit les vaches. Le remboursement par l'État des soins vétérinaires passe de 80% à 90%.

Soutien à la filière bio

Le Premier ministre Gabriel Attal a annoncé vendredi qu'il allait « remettre 50 millions d'euros pour la filière bio », les cultivateurs et éleveurs du secteur ayant vu leurs revenus s'effriter ces deux dernières années avec le déclin de la demande de ces produits. Le gouvernement s'était déjà engagé en 2023 à verser 94 millions d'euros à ce secteur en difficultés.

Un jour de sursaut

Gabriel Attal a assuré que ce vendredi était « un jour de sursaut » pour l'agriculture française, qui sera mise « au-dessus de tout », avant d'énumérer ses réponses à la grogne des agriculteurs lors d'un déplacement dans une exploitation de Haute-Garonne.

« Vous avez voulu envoyer un message. Je suis venu vous dire que le message, on l'a reçu cinq sur cinq, que je vous ai entendus », a déclaré le Premier ministre à Montastruc-de-Salies, après des jours de manifestations et de blocages de la part des agriculteurs. « On a décidé de mettre l'agriculture au-dessus de tout », a-t-il insisté.

Le Premier ministre a par ailleurs critiqué « celles et ceux qui opposent la défense de nos agriculteurs et la défense de l'environnement », estimant que les agriculteurs étaient « les premières victimes de la dégradation de l'environnement ».

« Dans les priorités de notre action, ne pas laisser notre agriculture à la merci de la concurrence déloyale est un enjeu absolument majeur », a-t-il aussi dit dans une exploitation de Haute-Garonne, avant de détailler son plan pour faire face à la colère des agriculteurs.

Menace d'un blocage de Paris

Ces annonces sont intervenues alors que les agriculteurs ont la pression tout au long de la journée. Et pour cause, depuis 16h, q

uelque 200 tracteurs bloquent, dans les deux sens, l'autoroute A10-A11 au péage de Saint-Arnoult, point de trafic important entre Paris et l'ouest de la France. L

a section d'Île-de-France du syndicat majoritaire agricole FNSEA avait déjà prévenu, plus tôt dans la journée, qu'elle allait mettre en place des barrages au niveau de cinq péages dans le sens province-Paris à partir de 14H00. Surtout, pour le président de Jeunes agriculteurs, Arnaud Gaillot, si le gouvernement n'était « pas à la hauteur des réponses », son syndicat ne pouvait pas répondre « de la suite du mouvement ». « Il ne faut pas qu'on tombe dans le pourrissement de la situation, il ne faut pas que le gouvernement envoie un message de désintérêt ou qu'il n'assume pas ses responsabilités », a-t-il déclaré sur Sud radio ce vendredi.

A LIRE AUSSI

La FNSEA dévoile 24 propositions pour éteindre la colère des agriculteurs, la balle est dans le camp d'Attal

Avant même les annonces, les blocages se sont multipliés dans toute la France. Près de 400 kilomètres d'autoroute, sur un axe allant du sud de Lyon vers l'Espagne, avaient déjà été fermés à la demande des autorités. L'A1, reliant Paris au nord de l'Europe, est aussi fermée à la circulation en différents points.

« Ca fait déjà une semaine qu'on manifeste et on n'a toujours aucune réponse. On ne veut plus de paroles, on veut des actes, on veut que le GNR (gazole non routier) reste au prix où il est, qu'il nous laisse cette niche fiscale, pour la MHE on souhaite qu'il débloque les enveloppes (d'aide promises) parce que les éleveurs, ils sont en train de crever », affirmait quelques heures avant les annonces, à l'AFP Sébastien, agriculteur de 21 ans qui participait dans la matinée à un barrage filtrant près de l'aéroport de Blagnac.

140 revendications prônées par les syndicats

Tous les agriculteurs interrogés expriment un « ras-le-bol » de la paperasserie, certains réclament une baisse du GNR, d'autres veulent un prix minimum pour leurs produits, le versement d'aides ou d'indemnisations dues de longue date, voire un moratoire sur l'interdiction des pesticides, comme nouvellement demandé par la FNSEA.

Dans un document publié mercredi soir, le syndicat à l'origine des revendications distingue les 

« premières mesures d'urgence »

 des 

« mesures législatives »

 à plus long terme. Les premières visent à répondre à quatre grandes doléances des agriculteurs : le prix payé pour leurs produits, la 

« surtransposition » 

des normes de l'Union européenne par la France, les 

« incohérences du Green Deal (Pacte vert européen, ndlr) et de la planification écologique » et le difficile renouvellement des générations. Quant aux « mesures législatives »

 demandées, elles tournent autour de la 

« simplification »

 et de la 

« compétitivité ». 

La Fnsea

 

propose de 

« limiter les recours et les durées d'instruction »

 contre les projets agricoles, et de 

« désarmer les agents de l'ONB (Office français de la biodiversité, ndlr) »,

 qui selon le syndicat devrait être mis 

« sous l'autorité des préfets ». 

Elle demande aussi que l'Anses (Agence nationale sécurité sanitaire alimentaire nationale) soit placée 

« sous l'autorité politique ».

Mais le gouvernement n'a pas la main sur toutes les 140 revendications portées par le syndicat majoritaire puisque certaines nécessitent une loi ou des négociations à Bruxelles.

À lire également

  • Agriculteurs en colère : Le Maire dénonce des « infractions » à la loi Egalim des industriels et distributeurs
  • Colère des agriculteurs : pour les Jeunes agriculteurs, « aucune cause ne justifie des dégradations et des violences »

La simplification au cœur des réponses du gouvernement

Parmi les dix mesures annoncées, la première a été celle de simplifier les nombreuses démarches. Concernant l'eau, le gouvernement déclare vouloir raccourcir le délai nécessaire pour déposer un recours, en le faisant passer de quatre à deux mois tant en créant une présomption d'urgence pour que le juge se prononce sur les recours contre les agriculteurs en moins de 10 mois.

Gabriel Attal a aussi annoncé la mise en place d'un contrôle administratif unique par an pour les exploitants ainsi que la suppression d'un échelon de juridiction afin « d'éviter des aller-retour juridiques inutiles ». Concernant les curages, il a annoncé réduire à 2 mois le délai d'attente, quand il était de 9 mois.

(Avec AFP)

latribune.fr

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