La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (Fnsea) a rendu publiques mardi soir les mesures qu'elle considère essentielles pour l'apaisement des agriculteurs en colère. Elle distingue entre des propositions à court et à moyen terme.Vingt-quatre mesures, articulées autour de trois « axes prioritaires » : la « dignité des agriculteurs », la « juste rémunération de leur travail » et le rétablissement de « conditions d'exercice du métier acceptables ». Comme promis ce mercredi matin par son président, Arnaud Rousseau, la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (Fnsea) a publié mercredi soir la synthèse de ses revendications, pour « un peu plus de cent propositions très concrètes ».
« Cela permettra à chacun de rentrer chez soi de manière apaisée », a déclaré Arnaud Rousseau mercredi matin sur France 2.
Interrogé sur un éventuel blocage de Paris, il avait exclu cette hypothèse « à ce stade », avant d'ajouter:
« Tout dépendra de la manière dont les réponses sont formulées, nous n'excluons aucune option. Si les choses ne devaient pas être entendues, si finalement il y avait une forme de mépris ou une forme d'incapacité à répondre à nos questions, les choses pourraient évoluer ».
Produits phytosanitaires et stockage de l'eau
Comme anticipé par la Fnsea, le document publié mercredi soir distingue les « premières mesures d'urgence » des « mesures législatives » à plus long terme. Les premières visent à répondre à quatre grandes doléances des agriculteurs : le prix payé pour leurs produits, la « surtransposition » des normes de l'Union européenne par la France, les « incohérences du Green Deal (Pacte vert européen, ndlr) et de la planification écologique » et le difficile renouvellement des générations.
Parmi les revendications à court terme les plus sensibles, le « rejet du plan Ecophyto ainsi qu'un moratoire sur les interdictions ». Le gouvernement français a en effet présenté fin octobre sa nouvelle stratégie de baisse de l'usage des pesticides, en indiquant vouloir les réduire de moitié en 2030 par rapport à la période 2015-2017 : une perspective rejetée par les agriculteurs qui estiment ne pas encore disposer d'alternatives suffisantes. La Fnsea demande aussi l'« accélération des projets de stockage d'eau » : un objectif partagé par le ministère de l'Agriculture et l'Alimentation afin de faire face au dérèglement climatique, mais pointé du doigt par les écologistes, qui dénoncent une forme d'« accaparement » de l'eau par l'agro-industrie qui plus est pour l'exportation.