Grand débat : ce soir, avec les Français, Macron joue l'acte II de son quinquennat

Après avoir passé une centaine d'heures à débattre avec les Français sans jamais rien dévoiler de ses intentions, le chef de l’État se décide enfin, ce lundi soir à 20h, à présenter ses "chantiers d'action prioritaires et les premières mesures concrètes" pour répondre à la crise des "Gilets jaunes". Des rumeurs laissent entendre que des "changements en profondeur vont être lancés". Le président joue gros. Gérard Larcher, le président du Sénat, a même averti que le président "n'aurait pas de seconde chance". La pression est donc maximale pour cette allocution censée relancer un quinquennat en perte de vitesse.

4 mn

(Crédits : Reuters)

Macron Acte 2: Après avoir fait monter les attentes, Emmanuel Macron dévoile lundi soir aux Français ses réponses au grand débat et à la crise des "Gilets jaunes", avec l'obligation de convaincre pour ne pas compromettre la suite de sa présidence.

D'autant que le chef de l'État joue gros aussi au niveau international, face aux défis comme le Brexit, les élections européennes de mai ou encore l'ouverture de négociations commerciales entre l'Union européenne et les États-Unis.

Il annoncera à 20 heures la télévision "les chantiers d'action prioritaires et les premières mesures concrètes", a fait savoir l'Elysée dimanche soir.

Mais ce n'est pas tout. Mercredi, il "fera de nouvelles annonces", "expliquera et détaillera" ses grands chantiers, lors d'une conférence de presse à l'Élysée. Sa toute première en France depuis le début de son quinquennat en mai 2017.

Comme cet amateur de théâtre aime à le faire, il entretient le suspense depuis des semaines sur cette intervention, aidé par son entourage.

Tout au long de ses cent heures de débat, Emmanuel Macron n'a rien livré non plus. Sans doute faute d'avoir arrêté ses choix. Mardi, rien n'était encore tranché, révélait l'un de ses proches. "C'est un président de fulgurances qui souvent arbitre au dernier moment", selon un autre.

Pour une fois, Macron informé à l'avance son gouvernement

Seul indice distillé dimanche, des "changements en profondeur vont être lancés" pour marquer "un nouvel acte". Certains promettent même "des surprises" pour lundi. Mais "les annonces se feront dans la durée? il ne faut pas tout attendre" de l'allocution de lundi, tempèrent-ils.

Emmanuel Macron avait usé du même suspense le 10 décembre, ne prévenant qu'au dernier moment une poignée de collaborateurs de son plan de 10 milliards d'euros pour calmer la colère sociale. Ses ministres l'avaient découvert à la télévision.

Cette fois, à 24 heures de sa prise de parole, "les annonces sont prêtes", assure son entourage. Et pour une fois, il en a informé à l'avance son gouvernement : il a reçu dimanche d'abord son Premier ministre Édouard Philippe à 19 heures, puis ses principaux ministres à 20 heures.

Le chef de file des députés LREM à l'Assemblée, Gilles le Gendre, le patron du parti Stanislas Guérini et Marielle de Sarnez (Modem) étaient également présents mais pas François Bayrou et le président de l'Assemblée national Richard Ferrand, consultés durant le week-end, selon une source proche du gouvernement.

"Pas de seconde chance", selon Gérard Larcher

Le goût du mystère du président a accru les expectatives, au risque qu'il ne déçoive. La sortie du grand débat "va durer longtemps" et "ne se fera pas en trois annonces", avait-t-il d'ailleurs prévenu fin mars.

Avant d'avertir aussi que toutes les attentes, parfois contradictoires, des Français ne pourraient être satisfaites. "Additionner 66 millions de voix individuelles ne construit pas un projet commun", a-t-il souligné à Saint-Brieuc.

Des sondages ont d'ailleurs montré que les "Gilets jaunes" - qui se sont déjà donné rendez-vous pour un 23e samedi de mobilisation à Paris - comme une majorité de Français, ne s'attendent pas à ce que le grand débat puisse résoudre la crise.

Selon un sondage Ifop publié dimanche, 85% des Français jugent qu'Emmanuel Macron doit modifier son attention à leurs préoccupations.

La relance du quinquennat en jeu

Dans tous les cas, Emmanuel Macron "n'aura pas de seconde chance", l'a averti le président du Sénat, Gérard Larcher (LR).

La pression est donc maximale pour cette allocution censée relancer un quinquennat en perte de vitesse.

Depuis l'été dernier, l'affaire Benalla, puis les démissions de ministres de premier rang et la révolte des "Gilets jaunes" ont enrayé la politique de "transformation" du pays sur laquelle il avait été élu.

ISF, retraites, baisses d'impôts, justice fiscale, écologie, santé...

Parmi les multiples pistes évoquées durant le grand débat, lesquelles a-t-il retenu in fine ? Il en a seulement exclues certaines d'avance, comme le retour de l'ISF dont la suppression lui a valu d'être taxé de "président des riches".

Depuis quelques jours, chacun avance ses pions. Pour Édouard Philippe et Laurent Wauquiez (LR), les Français exigent des baisses d'impôt. Pour Laurent Berger (CFDT) et la gauche, la priorité est à une meilleure justice fiscale et à l'écologie. Marine Le Pen prône une dissolution et un système proportionnel.

Selon le sondage Ifop, 88% des Français veulent réindexer les petites retraites sur l'inflation, 87% obliger les médecins à s'installer dans les déserts médicaux, 82% une baisse générale de l'impôt sur le revenu et 80% supprimer la redevance télévision.

4 mn

Sujets les + lus

|

Sujets les + commentés

Commentaires 30
à écrit le 15/04/2019 à 21:42
Signaler
Il a plu à Dieu de rappeler à Macron qu'il ne ferait pas son allocution ce soir à la télé, pour cause d'incendie à Notre Dame. De toute façon, comme c'était pour nous raconter des salades, Dieu nous aura épargné son allocution .... d'au moins un jou...

à écrit le 15/04/2019 à 17:48
Signaler
Ce que l'on vous donne d'en haut, vous sera retiré dans haut, seul le R.I.C vous permettra de le garder!

à écrit le 15/04/2019 à 17:04
Signaler
Que de temps perdu. Le mal est profond, on jette à la face des pauvres, ou des moyens ou ce que voulez des dépenses dispendieuses dont ils auraient eu bien besoin. Les Français sont très très patriotiques et beaucoup ne comprennent pas la dette abys...

à écrit le 15/04/2019 à 16:10
Signaler
être obligé de faire un mauvais clip pour annoncer un mauvais film faut qu'il sois tombé bien bas c'est du mauvais coluche

le 15/04/2019 à 20:21
Signaler
Il joue quand même dans Notre-Dame de Paris ce soir.

à écrit le 15/04/2019 à 15:40
Signaler
Tremblez gilets jaunes ce soir Jésus multiplie les pains

à écrit le 15/04/2019 à 15:31
Signaler
Sa bande annonce sur tweeter montre s'il en était besoin que le Président n'est pas celui de tous les français. Il montre malgré ses déplacements lors du débat son manque de connaissance des citoyens dans leur diversité. On voit que ces conseillers ...

à écrit le 15/04/2019 à 14:36
Signaler
rassurez vous retraité le conseille constitutionnel oblige macron a la réindexation des retraites

à écrit le 15/04/2019 à 14:35
Signaler
Tout ce qui sera donné d'en "haut", sera retiré d'en "haut" et seul le R.I.C. vous le gardera!

à écrit le 15/04/2019 à 13:42
Signaler
Je rêve d'une baisse de 10% de l'impôt sur le revenu, d'une suppression pour tous dès cette année de la taxe d'habitation.... Mais je sais je rêve....

à écrit le 15/04/2019 à 13:32
Signaler
Les LFI, FN, NPA, LCR, UPR et autres groupuscules tels que GJ se déchaînent. Moi, ce que j'attends, ce sont les réductions des dépenses publiques et sociales de € 100 mlds pour passer de 56 à 51 % du PIB. Cordialement

le 15/04/2019 à 14:54
Signaler
Itou. Mais je suis sur 150 milliards d'économie pour repasser à des dépenses publiques à 50% du PIB, niveau que nous connaissions sous Mitterrand..

le 15/04/2019 à 14:57
Signaler
Pourquoi pas...Baissons les impots des riches et des entreprises du CAC 40 et on y arrivera.

à écrit le 15/04/2019 à 13:27
Signaler
einstein disait:/ la fixation des salaires minima seras etablie pour faire correspondre le pouvoir d achat du salarie avec la production? en France seul l actionnaire compte 57 %et redonne a l actionnaire/, pour le livret a onNE vous donne 0;75...

à écrit le 15/04/2019 à 13:05
Signaler
Mr Macron peut compter sur la "prévente" des médias par le biais de la censure et l'après vente par les infox!

à écrit le 15/04/2019 à 13:02
Signaler
Ce que l'on vous donne d'en haut, vous sera retiré dans haut, seul le R.I.C vous permettra de le garder!

à écrit le 15/04/2019 à 12:38
Signaler
On va quand même pas tout remettre en cause à cause des grincheux minoritaires qui créent l’événement de façon violente puis qui occupent un temps de parole médiatique démesuré à répéter les mêmes litanies ... Il y a un vrai problème de répartition d...

à écrit le 15/04/2019 à 12:38
Signaler
Plus de RIC ? Pas de référendum pour un Frexit ? Bizarre, c’étaient les idées et les demandes les plus fortes de l’ensemble des GJ.

le 15/04/2019 à 15:00
Signaler
il faut arrêter de fumer ou se taper un peu de blanche car un référendum pour le Frexit, un souhait de l'UPR le parti des fakes news et des mensonges par une demande majoritaire bien loin delà. Il me semble que vous êtes celui qui nous expliquait q...

à écrit le 15/04/2019 à 12:06
Signaler
si vous voulait lui infliger un camouflet ne pas le regarder à 20h vous allez bouffer du macron sur les chaines toute la soirée

à écrit le 15/04/2019 à 11:37
Signaler
"ce soir, avec les Français, Macron joue l'acte II de son quinquennat" il est bien inutile de perdre son temps à écouter un président embourbé comme le camion des CRS ; un simple communiqué de presse de 1 ligne annonçant le limogeage du gouvern...

à écrit le 15/04/2019 à 11:08
Signaler
Si Brigitte ne s en mêle pas , çà ne pourra aller qu au clash . Un logiciel gagnant jus-qu a aujourd’hui ne se change pas , sans un accompagnement moral et affectif .

à écrit le 15/04/2019 à 10:58
Signaler
de tout façon moi qui ai assisté a débats dans 3 départements je sais ce qui est ressorti donc s'il n'y a pas un referendum (ric) et de forte hausse de salaires et retraites et retablissement isf c'est pas la peine qu'il parle

à écrit le 15/04/2019 à 10:52
Signaler
Au bout e 18 mois, on sait qu'il n'y a rien de bon à attendre. S'il avait été ne serait que médiocre, on n'en serait pas à espérer du gamin qu'il rote et dise enfin deux mots de sensés. A coté de lui Trump commence à faire figure de génie. Mac...

à écrit le 15/04/2019 à 10:50
Signaler
Peu importe le gouvernement Si ... il n’y a pas de solution... pour réconcilier les Français entre- eux , la situation va encore s’aggraver La solution serait une meilleure gestion des dépenses de l’état et un système social et égalitaire, juste p...

le 15/04/2019 à 12:03
Signaler
Le communisme en quelque sorte si tant est que cela conduise à une meilleur gestion des dépenses de l'état.

à écrit le 15/04/2019 à 10:32
Signaler
Ce que l'on vous donne d'en haut, vous sera retiré dans haut, seul le R.I.C vous permettra de le garder!

à écrit le 15/04/2019 à 10:27
Signaler
comme c'est un comédien acte 2 je n'attens rien je ne le regarderai pas il est sans intérêts et pendant ce temps les urgentistes en gréve bravo macron

à écrit le 15/04/2019 à 9:56
Signaler
Macron comme ses prédécesseurs de droite et de gauche va encore taper sur les classes moyennes dites supérieures, celles qui ne descendent pas dans la rue pour incendier des agences bancaires, celles qui ne peuvent pas s'expatrier fiscalement, celles...

à écrit le 15/04/2019 à 9:52
Signaler
Et la montagne va accoucher d'une souris... A moins qu'il n'annonce une baisse massive d'impôts (pour tout le monde!) et de la dépense publique, une dissolution.... Ce qui est très improbable.

Votre email ne sera pas affiché publiquement.
Tous les champs sont obligatoires.

-

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.