Un ancrage territorial pour mieux se déployer dans le monde

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Laurent Capellari, Président du Laboratoire COTRAL basé à Condé-sur-Noireau (14)
Laurent Capellari, Président du Laboratoire COTRAL basé à Condé-sur-Noireau (14) (Crédits : DR)
Basé dans le Calvados, le Laboratoire Cotral est le numéro 1 mondial de la conception et la commercialisation de protections auditives sur mesure. Le secret de Laurent Capellari, son PDG ? L'innovation, aussi bien dans les produits que la fabrication. Le tout made in France.

« Vous savez ce que l'on fait ? ». Quelle que soit la réponse, Laurent Capellari ne résiste pas à la fierté d'expliquer que le Laboratoire Cotral, l'entreprise en redressement judiciaire qu'il a reprise en 1992 pour la porter vers des succès européens, puis mondiaux, fabrique, en France, des protections auditives sur mesure. Mais c'est plus que cette spécialité qu'il aime à mettre en avant. Ce qui l'intéresse avant tout, c'est le sens. « Nous travaillons pour la sécurité, la santé, la communication », détaille-t-il. De fait, que ce soit pour des industries comme l'aviation ou l'automobile, qui doivent protéger leurs salariés contre le bruit des avions ou des chaînes de montage, des assurances, qui s'inquiètent des effets du stress dû au bruit chez leurs clients, ou des entreprises dont les collaborateurs sont en open space et ont du mal à se concentrer, les protections auditives du Laboratoire Cotral sont là pour protéger l'audition, filtrer les bruits, permettre la communication.

« Nous ne faisons que du sur-mesure, poursuit le PDG. L'un de nos techniciens va sur le terrain, que ce soit en Australie, en Corée du Sud, au Japon ou en Europe - dans les 11 pays où l'entreprise est implantée - prend connaissance des relevés audio-métriques effectués par le client, et réalise une étude du niveau d'audition puis une empreinte de l'appareil auditif interne de chaque bénéficiaire d'une protection. En fonction de tous ces paramètres, il propose un produit adapté et sur mesure ». Toutes ces informations sont en effet transmises, dans la seconde, à l'usine 4.0 de Condé-sur-Noireau, au sud de Caen, dotée de scanners, robots et cobots, puis numérisées, pour ensuite servir à la fabrication en 3D de la protection auditive, qui sera envoyée au destinataire. Et elle est autrement plus efficace que les casques ou les boules jetables !

Aventure sociétale

Pour Laurent Capellari, ce sens qui lui tient tant à cœur est double. Il s'agit, en innovant et en fabriquant en France, de nourrir le tissu économique local en offrant des emplois (la société compte au total 250 collaborateurs, au siège mais aussi à travers la France et à l'étranger). Mais cette stratégie est aussi porteuse d'une promesse, celle d'un intérêt accru de la part de la jeune génération, qui peut se projeter dans une aventure concrète, à l'intérêt sociétal évident, et internationale, qui plus est. « Si nous pouvons contribuer à faire rayonner le monde de l'entreprise et la French Fab, c'est assez génial ! », s'exclame-t-il.

Autre élément de nature à attirer des talents : l'amélioration - des process, des produits, du marketing ou du management - que la société développe en permanence. « Nous nous sommes toujours 'benchmarqués' sur les pays à bas coûts, pour voir ce que nous pourrions faire de mieux en termes de valeur ajoutée ou d'usage. C'est indispensable et cela nous permet de confronter nos idées », poursuit Laurent Capellari. Pour ce faire, la société, qui table sur un chiffre d'affaires de 50 millions d'euros cette année (en hausse de 15% sur 2018), dont 20% est réalisé à l'export, investit massivement dans la R&D - à Condé-sur-Noireau. « C'est cet ancrage territorial, dans un environnement stable, sans craindre la triche ou les transferts de technologie forcés, que nous nous épanouissons, pour mieux nous déployer dans le monde », relève l'industriel.

Oreille augmentée

Qui dit innovation dit nouveaux produits. Et le Laboratoire Cotral s'apprête à en lancer en 2019 et 2020. « Nous pouvons parler d'oreille augmentée », indique ainsi Laurent Capellari à propos des nouveaux modèles. Si les précédents étaient des filtres acoustiques passifs, la nouvelle version s'adaptera activement en fonction du niveau sonore et permettra, même dans un milieu bruyant, de pouvoir parler à son voisin de bureau ou son coéquipier à l'usine, en toute tranquillité.

Et bien sûr, lorsque le French Fab Tour est passé par la Normandie, Laurent Capellari était là pour présenter aux élus et aux chefs d'entreprise locaux sa vision - celle d'un industriel fier de fabriquer en France, d'innover, de conquérir le monde -, pour transmettre ses valeurs aussi, et convaincre une nouvelle génération d'industriels de le suivre.

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a écrit le 01/03/2019 à 11:12 :
Un témoignage tellement agréable à lire venant d'un personnage visiblement libre de tout dogme économique.

Nos européistes néolibéraux imposés hélas n'ont pas assez de neurones pour comprendre cela, ce qui fait la stabilité d'une entreprise est d'abord la première pierre qu'elle pose à savoir son ancrage local, si elle ravit son environnement immédiat elle sera dans de bien meilleurs conditions pour conquérir le monde car la motivation étant forcément là et il n'y a rien de plus productif que la motivation, en néolibéralisme on a l'impression de rabâcher des lapalissades en permanence, mais pas facile d'instruire des gens qui ne veulent pas l'être instruits.

JE prends l'exemple bien plus modeste d'un ami salarié travaillant pour une entreprise de dix personnes qui ,même s'il a régulièrement des mots avec, a dit à son patron un jour déprimé:"Tu fais travailler 10 personnes de la commune, rien que ça suffit à largement valoriser ton entreprise."

Autrement dit, quand on est bien dans sa peau et dans son corps on ne peut qu'être solide, et montrer un visage solide et serein aux yeux de tous est le meilleur moyen de faire prospérer son entreprise.
Réponse de le 02/03/2019 à 11:24 :
oui c'est quelqu'un qui a la tête sur les épaule,il c'est ou il va, la robotisation fait peur certes mais malheureusement faut le faire ,faut pas rester les deux pieds dans les même sabots car on n'avance pas
Réponse de le 04/03/2019 à 9:09 :
"il c'est"

Je ne suis pas délicat en matière d'orthographe faisant régulièrement des fautes moi aussi mais là ça claque quand même hein.

Maintenant confondre le verbe être et le verbe savoir est un sacré lapsus !

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