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ÉconomieFrance

JO Paris 2024 : quel serait le coût ?

Photo de Fabien Piliu

Fabien Piliu

Publié le 26 novembre 2016 à 09:02 - Mis à jour le 28 novembre 2016 à 11:12

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Le 13 septembre 2017, le Comité international olympique (CIO) annoncera à Lima au Pérou le nom de la ville qui accueillera les Jeux olympiques et paralympiques d'été en 2024. Jusqu'à cette échéance, avec son journal des Jeux olympiques, La Tribune suivra chaque semaine l'actualité du projet Paris 2024. Si Paris devait organiser l'édition 2024 des Jeux d'été, quel budget faut-il rassembler ?

Athènes, Londres, Sotchi, Rio de Janeiro... La plupart des villes-hôtes ont vu leurs comptes plombés par l'organisation des Jeux olympiques et paralympiques (JOP), qu'ils soient  d'été ou d'hiver. Quelques exemples ? Le budget initial d'Athènes était de 5,3 milliards d'euros. Il a grimpé à 11,1 milliards d'euros. Celui de Londres a quasiment triplé, passant de 4,8 à 10,9 milliards d'euros. En matière d'erreur de calcul, la palme revient à Pékin. Son budget pour l'organisation des jeux en 2008 était de 2,6 milliards d'euros sur le papier. Il s'est en fait élevé à 32 milliards d'euros. Cette "erreur" n'a pas pas empêché Pékin d'être désigné ville hôte des jeux olympiques d'hiver en 2022...

Néanmoins, le Comité international olympique (CIO) semble désormais attentif à la dimension financière des projets défendus par les candidats à l'organisation des jeux, soucieux que les budgets soient équilibrés voire rentables. Ce serait un véritable changement d'époque. Dans le passé, même récent, certains projets ont remporté les suffrages en partie parce qu'il y avait des infrastructures à créer, de nouveaux consommateurs à conquérir. Le coût des travaux a été souvent sous-estimé avant d'exploser ensuite.

Paris veut des comptes équilibrés

Pour Paris, l'organisation des jeux olympiques et paralympiques ne peut et en doit être un gouffre financier. C'est la condition sine qua non du soutien de l'exécutif et des élus, le moindre dérapage budgétaire pouvant avoir des conséquences électorales importantes. "Les Jeux dispendieux, je crois que ce n'est plus du tout d'actualité", avait déclaré en novembre 2015 Anne Hidalgo, la maire de Paris, avant que Paris ne se lance dans la compétition. " Cette candidature part bien parce qu'elle est maîtrisée ", avait ajouté Thierry Braillard, le secrétaire d'Etat chargé des sports, le 12 février, lors de la présentation de l'étude de faisabilité du projet.

Dans ce contexte, quel effort financier l'organisation des Jeux nécessite-t-il ? Commençons par le budget du projet de candidature. Son montant s'élève à 60 millions d'euros, équitablement réparti entre les deniers publics et le soutien des acteurs privés. Ce budget est équivalent à celui affiché par le comité de candidature de Los Angeles, rival de Paris avec Budapest, qui est pour sa part exclusivement financé par le secteur privé. Paris 2024 est le seul candidat à avoir mis en place un programme de partenariats. Au total, treize partenaires officiels et quatre fournisseurs officiels ont versé leur écot. A noter, ces partenaires sont des financeurs mais aussi des acteurs à part entière du projet, à travers leur politique de communication.

Un projet à plus de 6 milliards d'euros

Concrètement, l'organisation coûte 3,2 milliards d'euros. Celle-ci est intégralement financée par la billetterie et le programme marketing. A noter, ce budget est le même pour toutes les villes et n'évolue pas selon les Jeux car le nombre d'athlètes et de journalistes est assez stable d'une édition à l'autre.

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A cette somme s'ajoute 3 milliards d'euros pour financer les équipements et les infrastructures. Point fort du dossier parisien, la plupart des équipements existent déjà. 
L'étude de faisabilité assure par ailleurs que « près de 2 milliards concernent des installations déjà programmées ou envisagées ». c'est notamment le cas de la rénovation de Paris-Bercy et de Roland-Garros.

Dans le dossier Paris 2024 ne manquent à l'appel que le village olympique et paralympique, le village des médias et le centre aquatique. Pour financer ces infrastructures, l'Etat et les collectivités mettront la main à la poche. Au total, c'est 1,5 milliard d'euros d'argent public qui devrait être injecté.

Un financement mixte

Dans le détail, si Paris l'emporte face à Los Angeles et Budapest, l'Etat apportera 1 milliard d'euros, la Ville de Paris, la Région Île-de-France, le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis et neuf autres collectivités engageront pour leur part 500 millions d'euros. Sur les quatre équipements identifiés le financement sera mixte, public et privé. Ainsi, le village olympique, qui verra le jour dans le 93 sur l'ile Saint Denis et dont le coût est chiffré à 1,7 milliard d'euros, sera financé à 70% financé par le public et à 30% par le privé. Les 17.000 lits prévus seront ensuite transformés en 5.000 logements. On imagine que la rentabilité financière de l' investissement ne constituera pas un casse-tête pour les promoteurs...

" Au-delà de la simple sphère sportive, les JOP Paris 2024 constituent également une opportunité d'amélioration des conditions de vie des habitants de l'Ile-de-France. L'amélioration de l'offre de transport, le développement de nouveaux quartiers éco-citoyens ou encore les nombreux projets innovants envisagés permettraient d'offrir un quotidien plus agréable ", explique une étude réalisée par le Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de l'université de Limoges.

Pour le centre aquatique, ce sont 100 millions d'euros d'argent public qui seront engagés, dont 21 millions apportés par la mairie de Paris

Des retombées économiques et des emplois à la clé

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Voici pour la partie dépenses. Et les recettes ? Les retombes économiques des Jeux olympiques et paralympiques sont déjà anticipées. Selon l'étude du Centre de droit et d'économie du sport (CDES) de Limoges, elles s'élèveraient entre 5,3 et 10,7 milliards d'euros pour la région Ile de France. Des créations d'emplois sont également anticipées. La même étude estime que si si Paris obtient les Jeux, entre 120.000 et 250.000 emplois pourraient être créés dans la région Ile de France.

Fabien Piliu

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