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L'agence Standard & Poor's dégrade la note de la France et sanctionne ses déficits

latribune.fr

Publié le 31 mai 2024 à 20:17 - Mis à jour le 01 juin 2024 à 04:00

S&P rendait son verdict ce vendredi concernant la note souveraine de la France.

S&P rendait son verdict ce vendredi concernant la note souveraine de la France.

Brendan McDermid

Le Quotidien Numérique

18 juin 2026

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C'est un coup dur pour Emmanuel Macron à 10 jours des élections européennes. L'agence américaine S&P Global a abaissé d'un cran, de AA à AA-, la note de crédit de la France qui était sous perspective négative. Bruno Le Maire affirme dans un entretien au Parisien qu'il tiendra la trajectoire visant à revenir sous les 3% du PIB de déficit en 2027.

Alors qu'elle était parvenue à éviter une dégradation de sa note souveraine par les deux premières agences de notation, Moody's et Fitch, qui ont rendu leur verdict en avril dernier, la France n'y a pas échappé ce vendredi. La très influente Standard and Poor's a, en effet, abaissé sa notation à AA-. La France bénéficiait pourtant d'un excellent "AA" jusqu'alors - l'équivalent d'un 18 sur 20 - assorti néanmoins d'une perspective négative.

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Des efforts insuffisants

C'est la première fois depuis 2013 que la note souveraine de la France est sanctionné, en raison indique S&P Global de la « détérioration de la position budgétaire » du pays. « La dégradation reflète notre projection que, contrairement à nos attentes précédentes, la dette publique française en proportion du PIB va augmenter en raison des déficits plus importants que prévus en 2023-2027 », a justifié la société américaine dans une analyse accompagnant la note, en rappelant que le déficit public français avait été en 2023 « nettement plus élevé que ce que nous avions prévu ».

Comme le FMI et la plupart des économistes, S&P ne croit pas que le déficit sera ramené à 3% du PIB en 2027, comme le gouvernement le prévoit, et prévoit même 3,5% à cette date. « Sans mesures supplémentaires de réduction du déficit budgétaire, nous pensons que les réformes ne seront pas suffisantes pour permettre au pays d'atteindre ses objectifs budgétaires », ajoute l'agence.

Dans un entretien au Parisien, le ministre de l'économie, Bruno Le Maire a affirmé vendredi soir que cette dégradation « n'aura pas d'impact sur le quotidien des Français. Nous restons à un niveau de notation très bon. C'est comme si nous étions passés de 18 à 17 sur 20 ! Notre dette trouve facilement preneur sur les marchés. La France garde une signature de haute qualité, une des meilleures au monde ». Pour Bruno le Maire, c'est parce que le gouvernement a protégé les Français pendant la crise Covid et la crise de l'inflation que la dette a augmenté et que la note se trouve donc sanctionné. Il affirme que la stratégie budgétaire demeure : « réindustrialiser, atteindre le plein-emploi et tenir notre trajectoire pour revenir sous les 3% du PIB de déficits en 2027 ».

Réduction de la dette

S&P n'avait revu son appréciation à la baisse pour la France qu'à deux reprises, en janvier 2012 et en novembre 2013. La France décroche donc du groupe composé notamment de la Belgique et du Royaume-Uni, mais reste mieux notée que l'Espagne ou l'Italie. Le risque inhérent à une rétrogradation est un mouvement de défiance des investisseurs et un alourdissement de la charge de la dette. Avec un double A même suivi d'un signe moins, la capacité de la France à honorer les échéances de sa dette reste cependant « très forte » selon les critères de l'agence de notation.

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Le risque de dégradation de la note souveraine planait depuis plusieurs trimestres, le précédent AA étant assorti depuis décembre 2022 d'une « perspective négative ». Lors de sa précédente analyse de l'économie française, en décembre, S&P avait averti la France qu'elle pourrait risquer la rétrogradation si elle diminuait trop lentement ses déficits pour entraîner une réduction de la dette, ou si les intérêts d'emprunt augmentaient au-delà de 5% des recettes des administrations publiques. Le dérapage surprise du déficit public pour 2023 annoncé depuis par le gouvernement, à 5,5% du PIB, au lieu de 4,9% attendus, n'a pas joué en sa faveur, malgré une série de mesures qui permettraient selon lui de revenir dans les clous.

S&P note la France depuis 1975. C'est la première agence à avoir retiré à ce pays son emblématique "triple A" en 2012, meilleure note possible et symbole d'une excellente gestion, dont un petit cercle bénéficie encore à l'instar de l'Allemagne et de l'Australie. En avril, les deux autres principales agences internationales, Moody's et Fitch, n'ont pas revu à la baisse la note française. La première note la France "Aa2", soit l'équivalent d'un "AA" pour S&P, la seconde lui attribue depuis avril 2023 un "AA-".

Plusieurs trains d'économies annoncés par l'exécutif

Face au dérapage du déficit public, le gouvernement a annoncé une série de mesures qui permettraient selon lui de revenir dans les clous. Une mission qui ne sera pas aisée, a admis Bruno Le Maire, jeudi dernier, devant des sénateurs : « Ce sera difficile et ça va demander beaucoup de détermination » de ramener le déficit sous 3% d'ici 2027, a-t-il déclaré, jugeant que la France devait viser « un objectif de long terme, l'excédent budgétaire », jamais atteint depuis 1974.

Pour cela, il a d'ores et déjà annoncé une première tranche d'économie de 10 milliards d'euros, selon un décret publié en février dernier, et qui « annule » des dépenses budgétées dans 29 domaines, allant de l'écologie à l'enseignement supérieur, en passant par la justice, la défense, la cohésion des territoires et l'aide publique au développement. 10 milliards d'euros supplémentaires devront également être trouvés dès cette année, avait prévenu Bercy mi-avril. Enfin, Bruno Le Maire a annoncé 20 milliards de coupes budgétaires sur l'ensemble des trois postes (Etat, Sécurité sociale, collectivités) pour l'année 2025.

(Avec AFP)

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Troisième dégradation de la note de la France par S&P

Pour rappel, S&P, qui note la France depuis 1975, n'avait revu son appréciation à la baisse qu'à deux reprises auparavant. Elle avait, en effet, été la première agence à lui retirer son emblématique "triple A" en 2012, meilleure note possible et symbole d'une excellente gestion, dont un petit cercle bénéficie encore à l'instar de l'Allemagne et de l'Australie.

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