LA TRIBUNE DIMANCHE- Est-ce que, pour calmer la colère des agriculteurs, l'écologie a été sacrifiée ?
CHRISTOPHE BÉ
CHU- Non. Ceux qui nous font ce procès se fondent sur un seul point : la mise sur pause du plan Écophyto jusqu'au Salon de l'agriculture. Je comprends l'inquiétude. Mais nous n'avons pas annoncé qu'on autorisait une molécule, ou qu'on allait modifier les règles sur la proximité des riverains et sur les zones de captage qui permettent l'alimentation d'eau potable. On a simplement dit qu'il nous fallait trois semaines pour rediscuter des outils qui vont être déployés cette année. Ces trois semaines vont aussi nous servir à préciser l'utilisation des 250 millions d'euros pour trouver, dans chaque filière, des alternatives que nous mettons en face du principe « pas d'interdiction sans solution ». Notre ambition n'a pas varié. La santé et la protection de la biodiversité sont des lignes rouges.
Vous remettez quand même en question l'indicateur utilisé dans le plan Écophyto français, largement soutenu par les ONG...
En matière d'utilisation des produits phytosanitaires, deux indicateurs différents existent : un européen et un français. Comment est-il possible d'avoir des règles communes entre les divers pays d'Europe sans avoir les mêmes indicateurs ? Ce n'est pas satisfaisant, y compris du point de vue écologique. Se donner donc quelques semaines pour discuter de l'indicateur européen, cela ne nous semble absolument pas être une remise en question de nos principes.