Le coup est dur pour les défenseurs de l'environnement, qui se battent pour une agriculture et une alimentation moins nocives pour la planète. Car, en égrenant les nouvelles mesures censées calmer les agriculteurs en colère, le Premier ministre a donné de nombreux coups de canif à plusieurs mesures favorisant la transition écologique dans l'agriculture. A commencer par le plan Ecophyto, qui doit fixer des objectifs de baisse d'usage des pesticides et cristallise la colère des producteurs de grandes cultures.
Et ce, alors même que l'Etat a jusqu'au 30 juin 2024 pour mieux respecter ses trajectoires de baisse de l'utilisation des pesticides et protéger les eaux, sur ordre de la justice administrative, a rappelé à l'AFP l'ONG Pollinis, une des cinq associations à l'origine de la procédure judiciaire « Justice pour le Vivant ».
L'objectif clairement affiché
vise à mettre fin à
l'application en France de mesures réglementaires plus strictes que celles demandées par Bruxelles, notamment sur les pesticides. Autrement dit
la
« non-surtransposition »
des normes, une revendication majeure des agriculteurs français, qui se plaignent d'être soumis, en France, à des contraintes plus lourdes que les producteurs d'autres Etats membres de l'Union européenne et encore plus de pays tiers.
Le nouveau plan « Ecophyto 2030 », encore en consultation, prévoyait en effet de réduire de moitié l'utilisation des pesticides d'ici à 2030 (par rapport à 2015-2017), tout en accélérant la recherche de solutions alternatives. Bien que critiqué notamment par l'Association générale des producteurs de blé et autres céréales (AGPB)
, le gouvernement avait décidé de maintenir cet objectif même après le rejet par le Parlement européen, en novembre, d'une législation poursuivant le même but
.