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Les derniers blocages levés, les agriculteurs ont les yeux tournés vers le Salon de l'agriculture

latribune.fr

Publié le 03 février 2024 à 15:31 - Mis à jour le 03 février 2024 à 21:36

igne que la grogne persiste, de plus petites actions se poursuivent ce samedi (Photo d'illustration).

igne que la grogne persiste, de plus petites actions se poursuivent ce samedi (Photo d'illustration).

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Interrogé par Midi Libre, le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, a répondu aux interrogations de plusieurs exploitants agricoles, après les annonces gouvernementales jeudi dernier. Si le mouvement social semble s'apaiser, les yeux sont désormais tournés vers le Salon de l'Agriculture à Paris, qui doit démarrer le 24 février prochain.
[Article publié le samedi 03 février 2024 à 11h12 et mis à jour à 16h30] Quelques jours après les annonces de Matignon, couplées à celles émises depuis Bruxelles, le mouvement social agricole semble s'apaiser. Les deux derniers blocages de la Confédération paysanne, dont celui du péage de Saint-Quentin-Fallavier (Isère) sur l'A43, 

ainsi que celui de la centrale d'achats Leclerc à Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), 

ont été évacués, dans le calme, ont confirmé à l'AFP le syndicat et les préfectures concernées.

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« On est en train de se faire évacuer par les forces de l'ordre, qui sont venues avec de gros moyens. On se fait déloger alors qu'on était tout à fait pacifiques », a déploré Jean-François Guitton, secrétaire général de la Confédération paysanne de Loire-Atlantique, en précisant « qu'il ne reste pas une trace » du passage des quelque 80 manifestants.

Le site a été évacué « en raison des troubles à l'ordre public et des risques de pénuries et de pertes de produits frais », selon la préfecture de Loire-Atlantique. « Un individu s'est néanmoins rebellé et a été interpellé pour outrage et rébellion ».

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La Confédération paysanne s'est indignée du « choix du gouvernement de traiter différemment les mobilisations et les organisations syndicales », dans un communiqué. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin avait donné tout au long du mouvement des consignes aux policiers et gendarmes pour laisser faire les barrages et actions d'agriculteurs, à moins qu'ils essaient de se rapprocher de Rungis ou de Paris.

Si le gouvernement a répondu aux « intérêts personnels d'agri-managers spéculateurs » de la FNSEA, rien n'a été réglé sur la question centrale du « revenu » des agriculteurs, estime le syndicat.

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Une colère toujours vive

Signe que la grogne persiste, de plus petites actions se poursuivent. Un supermarché Leclerc a, par exemple, été bloqué samedi à Brignoles (Var). Quelques dizaines d'agriculteurs ont déversé samedi du fumier devant deux hypermarchés Leclerc d'Indre-et-Loire, à Chinon et Loches, où ils ont procédé à un « contrôle » des produits pour vérifier leur origine et leur étiquetage, a-t-on appris auprès de la FDSEA du département.

Encadrée par les forces de l'ordre, cette opération s'est déroulée dans le calme et «le fumier va être ramassé», a précisé à l'AFP Hélène Brebion, responsable de la FDSEA 37, qui appelait à cette mobilisation avec les Jeunes agriculteurs (JA).

« Cette action fait écho aux annonces du gouvernement qui propose de réaliser plus de contrôles pour l'application d'Egalim », loi censée empêcher que les producteurs ne fassent les frais de la guerre des prix féroces que se livrent les supermarchés d'une part, les distributeurs et fournisseurs de l'agro-industrie d'autre part.

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La mobilisation visait à «regarder les étiquettes des produits et apposer des stickers sur les produits dont l'origine n'est pas connue. Nous allons également vérifier les prix de vente et définir si les produits rémunèrent ou non le producteur», a expliqué la FDSEA 37 dans un communiqué.

Le gouvernement a promis depuis lundi une enveloppe globale de 400 millions d'euros aux agriculteurs et annoncé la mise « en pause » du plan de réduction des pesticides Ecophyto, provoquant la colère des organisations et élus écologistes. FNSEA et JA ont donné au gouvernement jusqu'au Salon de l'agriculture (24 février-3 mars, à Paris) pour concrétiser ses annonces. Ils demandent aussi une loi d'ici au mois de juin.

Le Salon de l'Agriculture sous haute surveillance

Le Salon international de l'agriculture (SIA) organisé à Paris du 24 février au 3 mars sera peut-être l'occasion « d'échanges un peu plus musclés que d'habitude, peut-être d'invectives » avec les responsables politiques, « mais il restera un lieu d'échange », a assuré samedi son président Jean-Luc Poulain au micro de RMC. Jean-Luc Poulain a écarté l'idée d'un blocage de ce rendez-vous annuel très couru des hommes et femmes politiques, et toujours inauguré par le président de la République.

«Le salon, c'est l'outil de communication des agriculteurs. Je ne vois pas quel est l'intérêt de gêner ou de le casser, même si je comprends la colère», a ajouté l'agriculteur, dont ce sera le dernier salon en tant que président après dix ans de mandat.

Il a par ailleurs dit « comprendre » la nécessité de mener des actions pendant ce moment très médiatique. « On en a déjà vécu avec les éleveurs laitiers il y a une dizaine d'années », a-t-il rappelé.

«On comprend que ce soit un lieu d'expression parce que c'est un lieu qui est sous les feux de la rampe et médiatisé. On peut s'exprimer dans le salon tout en maintenant le bon déroulement du salon», a-t-il souhaité.

Sur les mesures mises sur la table par le gouvernement pour apaiser la colère des agriculteurs, Jean-Luc Poulain a reconnu que « oui, il y a des mesures d'allégement qui sont plus destinées aux productions végétales qu'aux productions animales, ça c'est vrai. Néanmoins, le combat, il est pour tous. Et puis il n'est pas terminé. »

Pour la 60e édition du salon de l'agriculture, son président attend 600.000 visiteurs et même « peut-être un peu plus, parce qu'avec cette crise agricole, on l'a vu, la sympathie, l'empathie pour les agriculteurs est ancrée et profonde chez les Français ».

Fesneau favorable au stockage de l'eau hivernale

Ce samedi, le ministre de l'Agriculture, lui, a remis sur la table un sujet ô combien sensible. Dans un entretien accordé à nos confrères de Midi Libre, et publié ce samedi, Marc Fesneau estime en effet qu'il faut être « en mesure de pouvoir stocker l'eau qui tombe l'hiver ». De quoi raviver la polémique sur les méga-bassines, et se remémorer les violences à Sainte-Soline (Deux-Sèvres), en octobre 2022 ? Le ministre ne semble pas y faire mention de manière claire, cette fois-ci, face aux exploitants conviés par le quotidien régional, et ce, alors qu'il les avait pourtant défendues le mois dernier, au plus fort de la crise agricole.

Marc Fesneau a notamment été confronté au témoignage du président de la coopérative des Oignons doux des Cévennes, alertant sur les difficultés pour monter un dossier de demande de stockage d'eau de pluie. Le ministre a reconnu « une agencialisation tragique de l'Etat », ralentissant les démarches administratives des agriculteurs.

« Mieux intégrer le changement climatique »

« Si un projet de retenue collinaire se débloque en quatre mois, c'est que c'était un bon projet. Il faut se saisir de ce moment de simplification », a-t-il fait valoir, quelques jours après les annonces du Premier ministre, Gabriel Attal, auprès des professionnels.

« Il y aura une arythmie, on le sait. Autorisons le stockage, pensons le sujet dans le travail de transition »,a défendu Marc Fesneau, promettant un travail en collaboration sur tous ces sujets avec son homologue de l'Environnement.

Plus concrètement, le ministre s'est dit prêt à s'attaquer à la réglementation existante. « La loi sur l'eau date de 1992, à une époque où le dérèglement climatique n'était pas aussi important qu'aujourd'hui. Ne devons-nous pas mieux intégrer le changement climatique dans notre politique de l'eau ? », s'est interrogé Marc Fesneau.

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La « simplification réglementaire est essentielle », car « on a parfois des trucs de "zinzin" notamment sur le curage », a-t-il ajouté. Ces déclarations interviennent alors que jeudi dernier, après les annonces gouvernementales destinées à calmer la colère du monde agricole, la Confédération paysanne, 3e syndicat agricole en France, avait regretté que « pas un mot » n'ait été dit « sur la préservation et le partage de l'eau ».

(Avec AFP)

latribune.fr

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