L'économie française résiste malgré la stagnation en zone euro

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Cette forte expansion de l’activité globale a résulté d’un léger rebond de la production
manufacturière, celle-ci ayant ainsi enregistré sa plus forte hausse depuis quatre mois selon Markit.
"Cette forte expansion de l’activité globale a résulté d’un léger rebond de la production manufacturière, celle-ci ayant ainsi enregistré sa plus forte hausse depuis quatre mois" selon Markit. (Crédits : Reuters/Stefano Rellandini)
La croissance de l'activité du secteur privé en France s'est redressée en octobre pour atteindre son plus haut depuis deux mois, rapporte un indicateur publié ce jeudi 24 octobre par le cabinet IHS Markit.

La guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis et le coup de frein des grandes économies de la zone euro vont-ils plomber l'économie tricolore ? Pour l'instant, l'activité sur le territoire français semble résister aux turbulences de l'économie mondiale. Selon le dernier communiqué du cabinet Markit publié ce jeudi 24 octobre, l'indice composite a bondi entre septembre et octobre passant de 50,8 à 52,6 illustrant une accélération de l'activité dans le secteur privé pour le début de cet automne. Après un coup de frein cet été, l'économie française devrait repartir au cours du dernier trimestre.

Le rythme de la croissance pour cette année a été révisé à la baisse par tous les instituts de conjoncture sans annoncer de coup d'arrêt brutal de l'activité. Lors d'un point presse début octobre, le directeur du département de la conjoncture à l'Insee, Julien Pouget, expliquait que "en France, 0,3% c'est un rythme quasi-constant depuis 2018. La France apparaît moins exposée que l'Allemagne aux turbulences internationales. L'économie française bénéficie d'un soutien budgétaire. La prévision de croissance est inchangée par rapport à celles d'il y a trois mois, soit un rythme de 0,3% par trimestre d'ici la fin de l'année et en moyenne annuelle 1,3% en 2019 après 1,7% en 2018".

De son côté, l'institut COE-Rexecode anticipe une croissance du produit intérieur brut (PIB) à 1,3% pour 2019 et 1,2% pour 2020 et écarte tout signe de récession à l'échelle de la planète. "Nous n'amplifions pas le ralentissement observé depuis un an et demi et nous ne cédons pas aux sirènes qui parlent de récession. C'est un ralentissement marqué. À l'échelle mondiale, le PIB devrait progresser d'environ 3%. Ce qui est un atterrissage marqué par rapport à 2017 mais ce n'est jamais que la moyenne tendancielle du passé. Depuis 40 ans, le rythme moyen annuel est de 3,3%", a déclaré cette semaine son directeur général Denis Ferrand.

L'industrie se redresse légèrement

Cette légère embellie du secteur privé s'explique en partie par un redressement du secteur industriel tricolore. D'après les calculs du cabinet, l'indicateur qui prend en compte l'activité de l'industrie manufacturière en France a légèrement augmenté passant de 50,1 en septembre à 50,5 en octobre. Un indice supérieur à 50 signale une expansion, un indice inférieur à cette limite une contraction de l'activité. Dans les services, la conjoncture est toujours favorable. L'indice qui mesure l'activité dans le tertiaire monte à 52,9 en octobre contre 51,1 en septembre, soit un plus haut depuis deux mois.

Par ailleurs, les entreprises françaises ont enregistré une augmentation des nouvelles affaires. Cette expansion est liée à une reprise des ventes à l'export au début du mois de septembre. "Les nouvelles commandes en provenance de l'étranger ont en effet augmenté tant dans le secteur manufacturier que dans celui des services" précisent les économistes de Markit.

Des embauches dynamiques

Sur le front de l'emploi, les firmes françaises continuent d'embaucher à un rythme relativement élevé. "Le taux de création de postes s'est en outre légèrement redressé par rapport au mois dernier, les embauches s'étant accélérées dans les deux secteurs étudiés" explique le cabinet. En 2019, les économistes de l'Insee anticipent 250.000 créations d'emplois et un chômage au sens du bureau international qui pourrait atteindre les 8,5% avant la fin de l'année. Ce dynamisme de l'emploi devrait marquer le pas l'année prochaine. En effet, l'organisme Coe Rexecode prévoit une chute des créations pour 2020 avec 77.000 emplois prévus. "L'effet de la croissance affaiblie l'emporterait ainsi sur la stimulation de l'emploi associée à l'introduction début octobre 2019 du nouvel allègement de cotisations sociales de 4 points au voisinage du SMIC".

La croissance de la zone euro à plat

Les difficultés de la zone euro persistent. L'indice composite PMI du cabinet Markit a gagné seulement 0,1 point entre septembre et octobre passant de 50,1 à 50,2. Si le secteur des services se maintient à un niveau favorable (51,8), l'industrie manufacturière continue toujours de souffrir. "Si la zone euro ne s'est pas repliée en zone de contraction, c'est principalement sous l'impulsion de la France, qui a enregistré une légère accélération de la croissance en octobre" expliquent les experts de Markit. "Le malaise actuel reflète essentiellement les difficultés du secteur manufacturier, la conjoncture industrielle s'étant de nouveau fortement détériorée au cours du mois" ajoutent-ils. En Allemagne, les craintes de récession sont toujours bien visibles même si la contraction de la première économie de la zone monétaire a ralenti. La stagnation de l'économie en zone euro pourrait perdurer.

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Commentaires
a écrit le 25/10/2019 à 15:11 :
Comme prévu : la France à contre-courant !
Et après la quasi stagnation (-0,4%) des embauches sur la T2, le T3 affiche une nouvelle hausse significative de +2,4%
ACOSS:
"en CDI (+ 3,0 %) et de celle, un peu plus modérée, des embauches en CDD de plus d’un mois (+ 1,7 %)."
Donc la Novaya France, même sous les 1,5% de croissance, continue de créer des emplois.
a écrit le 25/10/2019 à 12:22 :
Étrange car on sait exactement ou ça licencie à tour de bras mais on ne sait pas vraiment ou ça embauche ....
a écrit le 25/10/2019 à 11:52 :
Les corrections (traficotages) en fonction des variations saisonnières et de la flexibilité des queues de vaches permettent d'afficher quelques pouillèmes de résultats positifs . . .
a écrit le 25/10/2019 à 2:57 :
Si je comprends bien, les pays qui souffrent sont ceux qui "profitent" de leurs exportations; si la France souffre moins, c'est qu'elle dispose d'un volant de consommateurs privilégiés en ce sens que leur pouvoir d'achat est protégé. Heureusement pour nous, m'a-t-on dit, si notre déficit commercial s'accroit, notre balance des paiements serait équilibrée; mais alors, pourquoi s'inquiéter de la dette? "Ces choses-là, sont rudes: pour les comprendre, il faut avoir fait ses études!"
a écrit le 24/10/2019 à 15:59 :
Elle ne survie que sur ses réserves des trente glorieuses et "progresse" dans la baisse!
Réponse de le 25/10/2019 à 11:14 :
Quelles réserves ?
a écrit le 24/10/2019 à 15:42 :
"En Allemagne, les craintes de récession sont toujours bien visibles même si la contraction de la première économie de zone monétaire a ralenti."

IL faut quand même espérer que leur investissement d'une centaine de milliards d'euros dans l’économie va relancer leur croissance !

Sinon le peuple allemand est en droit de se demander ce que l'on fait de son pognon...

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