La croissance française devrait être poussive en 2020

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Le ralentissement est particulièrement visible dans l'industrie.
Le ralentissement est particulièrement visible dans l'industrie. (Crédits : Reuters)
Dans ses dernières projections, l'Institut Coe Rexecode table sur une croissance de 1,2% pour 2020 contre 1,3% en 2019 et 1,7% en 2018.

L'économie française devrait limiter la casse l'année prochaine. Selon les dernières prévisions de l'institut COE rexecode présentées ce mardi 22 octobre, la croissance du PIB en 2020 devrait atteindre 1,2% contre 1,3% cette année et 1,7% en 2018. Les économistes de l'organisme de conjoncture sont relativement prudents sur les perspectives d'activité. "La France est revenue sur sa tendance des années 2013-2016. Elle est sur sa croissance potentielle. Est-ce que nous sommes devant un ralentissement qui s'amplifie ? Ce n'est pas ce que les enquêtes de conjoncture suggèrent. Dans l'industrie manufacturière ou dans les services, il n'y a pas sur la période récente de dégradation majeure des indices de climat des affaires", a signalé le directeur général de l'organisation, Denis Ferrand, lors d'un point presse. Les projections de COE-Rexecode sont relativement proches de celles de l'Insee. En effet, l'institut en charge des statistiques publiques table également sur un PIB à 1,3% pour cette année. À l'échelle de la planète, les craintes d'un effondrement de l'économie sont modérées.

"Nous n'amplifions pas le ralentissement observé depuis un an et demi et nous ne cédons pas aux sirènes qui parlent de récession, a expliqué Denis Ferrand. C'est un ralentissement marqué. A l'échelle mondiale, le PIB devrait progresser d'environ 3%. Ce qui est un atterrissage marqué par rapport à 2017 mais ce n'est jamais que la moyenne tendancielle du passé. Depuis 40 ans, le rythme moyen annuel est de 3,3%".

La consommation devrait soutenir l'activité en 2020

Sans surprise, c'est surtout la demande intérieure qui devrait booster l'activité tricolore. Les dépenses de consommation des ménages devraient accélérer l'année prochaine et pourraient être supérieures à la progression du pouvoir d'achat. Ces derniers mois, une bonne partie des ménages français ont privilégié l'épargne à la consommation.

La plupart des indicateurs sur l'épargne mettent en évidence des taux proches de 15% malgré les mesures socio-fiscales annoncées par le gouvernement destinées à soutenir le porte-monnaie des Français. "Il devrait y avoir plus de consommation [...] La distribution de pouvoir d'achat constatée au cours des derniers mois, sous l'effet des mesures fiscales et la progression des salaires, ne s'est pas traduite par une accélération de la consommation des ménages très importante. Il y a eu une fuite vers l'épargne". Pour les conjoncturistes, la consommation des ménages devrait augmenter de 1,9% en 2020 contre 1,3% en 2019 et 1,7% en 2018.

Chute des investissements privés et publics

Pour l'économiste de Rexecode, on devrait assister à un "phénomène de substitution des moteurs de l'économie tricolore""Il y a une transformation de ce qui soutient la croissance française. Depuis deux ans, il y a une très forte dynamique de l'investissement des entreprises avec 3,9% de croissance en 2018 dans l'investissement productif, 3,3% en 2019. En revanche, il y a des premiers signaux sur des ralentissements de l'investissement. Ce sont les industriels qui ont révisé à la baisse leurs prévisions d'investissement pour 2019. Il y a un appétit pour l'investissement qui est plus faible quand bien même les conditions sont plus favorables". Pour 2020, l'investissement des entreprises devrait chuter de 1,9 point pour atteindre 1,4%.

Du côté des administrations publiques, l'investissement est également soutenu en 2019 dans le contexte pré-électoral. Les collectivités privilégient souvent les dépenses d'investissement à l'approche des scrutins municipaux. En revanche, ces dépenses devraient marquer le pas l'année prochaine passant de 3,6% à 1%. "Dans les administrations, il devrait y'avoir moins d'investissements en 2020 avec la fin du cycle communal électoral. Les années d'élections municipales sont très rapidement suivies d'un recul des dépenses d'investissement public alors que les années passées sont des années d'accélération de l'investissement. Cette circonstance spécifique deviendra plus défavorable l'année prochaine".

Une forte chute des créations d'emplois à prévoir

Sur le front de l'emploi, les économistes sont plus pessimistes. Après plusieurs années favorables en créations d'emplois (226.000 en 2018, 245.000 en 2019), Rexecode anticipe 77.000 créations dans le secteur marchand. "L'effet de la croissance affaiblie l'emporterait ainsi sur la stimulation de l'emploi associée à l'introduction début octobre 2019 du nouvel allègement de cotisations sociales de 4 points au voisinage du SMIC "expliquent les auteurs de la note. Les déclarations d'embauches collectées par l'Acoss (agence centrale des organismes de sécurité sociale) ont clairement ralenti. Le taux de chômage au sens du bureau international du travail (BIT) passerait de 8,8% en 2018 à 8,2% en 2019 et 7,9% en 2020.

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a écrit le 23/10/2019 à 11:25 :
prévisions des conjoncturistes : en 2020 , recul des investissements des entreprises , ralentissement des investissements publics dont ceux des collectivités locales (les plus réactifs sur l'activité des entreprises locales ) , chute prévue des créations d'emploi dans le secteur marchand ( et stagnation à minima dans le secteur public ) , et seulement une baisse de PIB de 0,1 point par rapport à 2019 .
il y a heureusement le joker de la fameuse consommation intérieure qui devrait , qui doit enfin répercuter les belles augmentations de pouvoir d'achat dont vont bénéficier les français , rapport aux résultats des tableaux Excel d'analyse des baisses d'impôts et taxes annoncées à grand renfort de trompettes par le gouvernement et ses officines de propagande .
ça n'a pas bien marché en 2019 , mais sûr , ça va le faire en 2020 .
l'espoir fait vivre , même si de nouveaux gilets de couleur pointent à l'horizon .
a écrit le 23/10/2019 à 9:10 :
"Nous n'amplifions pas le ralentissement observé depuis un an et demi et nous ne cédons pas aux sirènes qui parlent de récession"

Remarque très inquiétante exposant en fait que ces prévisions ne se font qu'au doigt mouillé.

"Les faits sont têtus il est plus facile de s'arranger avec les statistiques" Mark Twain
a écrit le 23/10/2019 à 6:39 :
Cela fait plus de trente ans qu'elle est poussive....quand on lit la tribune on a le sentiment que c'est exceptionnel. Mais non, la France se traîne depuis plus de 30 ans.
a écrit le 22/10/2019 à 19:42 :
Mais que font Macron, Penicaud, Lemaire ? Voilà bientôt sur le marché du travail de dizaines de milliers de chômeurs qui vont pouvoir pourvoir aux 700 000 "soi-disant" emplois non pourvu. C'est clair ?Non? C'est normal, ça pourrait être du Penicaud.
a écrit le 22/10/2019 à 19:34 :
Macron a réduit les moyens de ceux qui font avancer l'économie parce qu'ils dépensent 100% de leurs revenus, le tout pour permettre à d'autres de planquer encore plus d'argent à l'étranger dans la sphère financière.

S'il n'y avait pas eu les gilets jaunes pour le forcer à rendre un peu d'argent aux ménages, on perdait 0.5% de PIB en plus en 2018.

On a donné plus de 60 milliards € en CICE es trois dernières années, en vain puisque les investissements ne sont pas là, les emplois et les salaires non plus.

Coe rexecode explique que c'est la consommation des ménage qui va sauver le pays, et c'est donc le pouvoir d'achat des particuliers qu'il faut privilégier.
Réponse de le 22/10/2019 à 22:06 :
Ceux qui dépensent 100% de leur revenu achètent surtout des produits bon marché importés et leur consommation profite surtout à la distribution, pas à l'activité productive. Clairement ce n'est pas cette consommation-là qu'il faut encourager mais plutôt la consommation de biens et services plus haut de gamme.

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