L’emploi a légèrement accéléré dans le privé en 2019

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En 2019, l'activité a été relativement favorable pour l'emploi dans le bâtiment.
En 2019, l'activité a été relativement favorable pour l'emploi dans le bâtiment. (Crédits : Reuters)
La France a créé plus d'emplois en 2019 (+1,1%) que l'année précédente mais sans atteindre le niveau de 2017, selon les estimations provisoires publiées vendredi par l'Insee, qui a chiffré 210.000 créations nettes d'emplois dans le secteur privé.

Les clignotants sont au vert pour le marché du travail. Selon les dernières statistiques dévoilées par l'Insee ce vendredi 7 février, les créations d'emplois dans le secteur privé ont accéléré de 1,1% avec 210.000 postes supplémentaires. En 2019, les chiffres étaient moins favorables avec 163.000 créations contre 329.700 en 2017. Malgré le coup de frein du produit intérieur brut (PIB) en 2019, l'emploi est resté relativement dynamique. La croissance a permis aux entreprises de poursuivre leurs embauches et le chômage devrait encore baisser mais à un rythme moins soutenu. Les créations d'emplois augmentent plus vite que la population active et permettent ainsi au taux de chômage de refluer.

L'emploi dynamique dans la construction

L'examen des chiffres de l'organisme de statistiques signale que la dynamique la plus importante concerne la construction avec une hausse de 3% sur un an et 42.200 emplois crées. Cette accélération dans le secteur du bâtiment peut s'expliquer en partie par le cycle électoral. À l'approche des élections municipales, les collectivités locales ont tendance à accroître l'investissement public. Dans une précédente note de conjoncture, les économistes de l'institut basé à Montrouge expliquent que l'année précédant les élections municipales, la production dans la construction bondit de deux points de pourcentage en rythme annuel et l'emploi salarié augmente de 17.000 en moyenne de plus que les autres années. En 2020, l'investissement des collectivités devrait marquer le pas quelques semaines avant le scrutin et après. Cet essoufflement pourrait se traduire par de moindres embauches dans la construction, notamment pour les contrats courts et le travail temporaire qui servent régulièrement de variable d'ajustement lorsque l'activité tourne au ralenti.

Légère hausse dans le tertiaire

Dans les services marchands, le rythme est relativement soutenu avec un hausse de 1,3% et plus de 155.000 emplois crées. Au niveau de l'agriculture, les services de l'Insee ont enregistré une hausse similaire en rythme et 3.700 emplois crées. Enfin, dans l'industrie (0,3% ; 7.900 emplois), les créations ont été plus modérées mais restent positives. Après des décennies de désindustrialisation, l'appareil productif tricolore retrouve quelques couleurs mais cette reprise demeure bien fragile. La grande crise de 2008, les délocalisations, et la détérioration de la conjoncture mondiale ont pu provoqué des dégâts majeurs sur le moteur productif français. En outre, une partie des emplois auparavant implantés dans l'industrie ont été transférés vers les services avec une externalisation de certaines activités dans le tertiaire.

L'emploi temporaire dans le rouge

Les chiffres de l'emploi temporaire ne sont pas au beau fixe. Sur un an, l'emploi intérimaire a reculé de 0,8% avec 6,300 postes en moins. La baisse s'est accélérée au dernier trimestre (-0,9%) après un troisième trimestre déjà négatif (-0,4%). Ces chiffres corroborent ceux du récent baromètre Prism'emploi publié cette semaine. L'organisation professionnelle a noté que l'emploi temporaire a diminué de 4,4% pendant l'année 2019. Le recul est particulièrement marqué dans l'industrie (-8,1%). Ce dernier secteur a particulièrement été sensible au ralentissement européen, "les difficultés spécifiques au marché allemand et la profonde mutation de la construction automobile".

Une chute des créations en 2020

La situation du marché du travail pourrait s'assombrir en 2020. Les chiffres de croissance pour 2019 publiés récemment par l'Insee ont été moins bons qu'anticipé (1,2% contre 1,3% auparavant) . Bien avant cette révision à la baisse, les conjoncturistes de la banque de France avaient déjà anticipé une chute des créations d'emplois au mois de décembre. Les économistes de l'établissement bancaire prévoient 150.000 créations en 2020, puis 80.000 en 2021 et 2022. Cette forte chute pourrait avoir un impact sur le pouvoir d'achat et la consommation des ménages en France alors que l'économie tricolore est plus exposée à la demande interne que d'autre pays européens.

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