Ford, Alstom, Ascoval, Bosch. Depuis plusieurs mois, le gouvernement doit affronter un nombre toujours plus important de dossiers industriels délicats à gérer. Mardi dernier, l'administration a approuvé le plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) du site industriel de Blanquefort qui emploie environ 850 salariés. Face à ce marasme, le gouvernement mobilise ses forces pour tenter de reconquérir des territoires minés par des décennies de désindustrialisation et de délocalisations.
Dans un communiqué conjoint publié ce jeudi 7 mars, le ministère de la Cohésion des territoires, le secrétariat d'État auprès du ministre de l'Économie et plusieurs opérateurs (banque des territoires, Bpifrance, Business France et Pôle emploi) ont annoncé une enveloppe de 100 millions d'euros par an d'ici à 2022 pour investir dans les projets de territoires d'industrie. Lors du conseil national de l'industrie (CNI) mardi dernier en marge du salon Global Industrie à Lyon, Bruno Le Maire a appelé à une accélération des efforts pour la "reconquête industrielle" de la France fondée sur l'innovation et les technologies numériques, mais il a prévenu que "l'industrie 4.0" ne se ferait "pas sur les ruines de l'industrie du passé" d'après des propos rapportés par l'AFP.
L'enveloppe annoncée par le gouvernement doit permettre d'intervenir « sur les enjeux majeurs du foncier et de l'immobilier industriel, la reconversion des friches, le numérique, l'écologie industrielle, les transports et la mobilité ». Outre les 100 millions d'euros, l'exécutif veut renforcer l'attractivité des territoires à l'étranger.
Pour doper l'image de ces zones, l'agence Business France doit mettre en place un "coach international" pour chaque territoire.
Si l'économie française est plébiscitée par les investisseurs étrangers comme l'illustre le dernier baromètre réalisé par Business France, plusieurs territoires et villes moyennes restent en souffrance. Les récents mouvements de protestation des "Gilets jaunes" et la colère de certains élus locaux illustrent le sentiment de malaise social et des difficultés économiques dans lesquels sont plongés ces territoires.
L'Etat veut enfin redorer l'image de l'industrie auprès des jeunes.
Les chefs d'entreprise dans l'industrie pointent régulièrement le déficit de main d'oeuvre qualifiée dans l'industrie.
Pour répondre à cet enjeu, Pôle emploi doit mettre en place un nouvel outil de visualisation de données Formadiag, qui doit permettre de mieux identifier les besoins en formation des territoires. Chacun des territoires sélectionnés pourra également bénéficier d'un conseiller référent unique sur ces questions là. La secrétaire d'État à l'Économie Agnès Pannier-Runacher a souligné mardi que "l'enjeu principal" pour la croissance de l'industrie est le recrutement, à l'issue de la première assemblée générale des "territoires d'industrie". « C'est le point de blocage de la croissance de l'industrie », a-t-elle dit devant des journalistes.
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Au mois de décembre, sous la coupole du Grand Palais à Paris, Édouard Philippe avait dévoilé la carte des 124 territoires d'industrie. Il avait précisé lors de son discours que cette liste « n'est ni figée ni fermée. Elle est plus un début qu'une fin et c'est aux acteurs locaux qu'il reviendra de l'affiner ».
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Depuis, la liste s'est allongée avec 12 territoires supplémentaires. « Dans le respect du principe de ciblage, le Premier ministre avait souhaité laisser aux comités de pilotage régionaux, présidés par les présidents de conseils régionaux, la souplesse nécessaire pour adapter au mieux la carte aux enjeux de terrain », souligne un communiqué du ministère de la Cohésion des territoires.
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