L'Euro 2016, une bonne affaire pour la France

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L'économie française peut remercier l'équipe de France de football emmenée notamment par Antoine Griezmann et Laurent Koscielny.
L'économie française peut remercier l'équipe de France de football emmenée notamment par Antoine Griezmann et Laurent Koscielny. (Crédits : Statista*)
Selon une étude menée par l'organisme Keneo et par le centre de droit et d'économie du sport de Limoges (CDES), les retombées commerciales du championnat d'Europe des Nations organisé en France en juin et en juillet se sont élevées à 1,22 milliard d'euros.

Le football est un sport. C'est aussi une opportunité économique. Les contrats des joueurs de ballon rond en témoignent. Pour un pays qui possède les infrastructures capables d'accueillir des millions de touristes en toute sécurité et d'assurer leur déplacement, organiser une compétition qui met aux prises des hommes en short courant après un ballon rond est un formidable moyen de stimuler l'économie.

De fait, les retombées commerciales du championnat d'Europe des Nations organisé en France en juin et en juillet se sont élevées à 1,22 milliard d'euros selon une étude menée par l'organisme Keneo et par le centre de droit et d'économie du sport de Limoges (CDES).

Une méthode qui ne prend pas en compte les spectateurs français

Comment les auteurs de cette étude sont-ils parvenus à ce résultat ? Leur méthode tient compte des effets d'éviction et de substitution, c'est à dire qu'elle intègre le manque à gagner lié aux touristes qui ont évité la France en raison de la tenue de l'Euro et les dépenses qui auraient été réalisées si les budgets alloués à l'événement avaient été consacrés à d'autres projets. Par ailleurs, les spectateurs français n'entrent pas dans le champ de l'étude.

Résultat ? Les recettes provoquées par le déferlement de 613.000 spectateurs et 34.000 invités se sont élevées à 625,8 millions d'euros. En moyenne, les visiteurs "Euro" ont dépensé 154 euros par journée et sont restés 7,9 jours en France. " Un visiteur étranger sur cinq a profité de son séjour pour faire une étape dans une ou plusieurs villes de France ", précise Bercy dans un communiqué. Parmi les touristes étrangers, 40.000 se sont contentés de suivre les matches depuis les fan-zones.

Certains tarifs se sont envolés

Sans surprise, 35% des dépenses des touristes ont été consacrés au logement. Pendant l'événement, les tarifs de certains services se sont envolés. C'est le cas dans l'hôtellerie. Selon une étude réalisée par le courtier en ligne IG, les prix d'une nuit dans un hôtel Accord pendant la compétition ont grimpé. Le jour du match entre le Portugal et la Pologne organisé à Marseille, le prix d'une chambre dans la cité phocéenne s'élevait 271 euros, contre 99 euros en moyenne en 2015, ce qui représente une hausse de 174 euros.

La palme revient à Lille. Le prix d'une nuit a explosé de 396% pour atteindre 461 euros le jour de Pays de Galles - Belgique... La loi de l'offre et de la demande est parfois impitoyable.

Outre le logement, les dépenses des spectateurs se sont concentrées sur la restauration - 30% de leur budget -, le transport (20%) et les emplettes et visites.

Quant aux recettes liées à l'organisation, constituées en grade partie par les dépenses opérationnelles de l'UEFA, maître d'oeuvre de la compétition (360 millions d'euros), elles ont atteint 596 millions d'euros. "Au total, l'organisation de l'Euro 2016 a représenté un accroissement de l'activité équivalent à 116.750 mois travaillés", précise le rapport.

Pour l'Etat, qui avait injecté 200 millions d'euros pour moderniser certains stades vieillissants et mettre en place un dispositif de sécurité pendant l'état d'urgence, le championnat d'Europe a également eu des conséquences positives en termes fiscaux, notamment grâce aux 75 millions d'euros de recettes fiscales nettes supplémentaires, dont 70 millions d'euros de recettes TVA encaissés.

De bon augure pour Paris 2024

" Les résultats positifs auxquels conclut l'étude nous confortent dans notre ambition de faire de la France un pays organisateur de premier plan pour ce type d'événements. Ils nous encouragent tout particulièrement à poursuivre nos efforts pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 à Paris", a déclaré Michel Sapin, le ministre de l'Economie et des Finances. Ces chiffres tombent en effet à pic pour le comité d'organisation des Jeux olympiques d'été de Paris en 2024. Si les sondages indiquent que les Français soutiennent en grande majorité ce projet, certains citoyens, notamment parisiens et franciliens s'inquiètent des dérives financières que l'organisation d'un tel événement pourrait entraîner. Pour Pékin, Sotchi, Londres ou Athènes, l'ardoise laissée par les Jeux olympiques qu'ils soient d'été ou d'hiver fut bien plus élevée que prévue.

*Un graphique de notre partenaire Statista

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Commentaires
a écrit le 10/01/2017 à 20:55 :
D'après RFi: 1,7 milliard d’euros : l’investissement total pour la construction et la rénovation des dix stades de la compétition.
90.000 : le nombre de personnes affectées à la sécurité de l’Euro 2016, soit 77.000 policiers et gendarmes ainsi que 13.000 vigiles privés.
24 millions d’euros : le coût de la mise en sécurité des fans-zones, un coût qui a doublé après les attentats du 13 novembre 2015 à Paris.
Autrement dit ca acouté plus cher que ca n'a rapporté.
Le CONtribuable que je suis préferrais que son argent soit utilisé pour d'autre causes.
a écrit le 10/01/2017 à 20:10 :
Je ne fait pas la même lecture. Je reprends " Pour l'Etat, qui avait injecté 200 millions d'euros pour moderniser certains stades vieillissants et mettre en place un dispositif de sécurité pendant l'état d'urgence". Ils ont oublié les aide pour les routes, les voies de tramwayd, les voies bus pour aller aux stades, la partie militaire. Je reprends "75 millions d'euros de recettes fiscales nettes supplémentaires, dont 70 millions d'euros de recettes TVA encaissé" . Donc il faut conclure que la France a perdu de l'argent. Si on divise les dépenses par les recettes. Nous sommes très loin de la légende urbaine de 1 Euro d'argent public rapport trois Euros. Certes les moyens de transport peuvent resservir. Mais les contribuables locaux prennent à leur charge les déficits et l'entretien des stades, des transports urbains. Bref encore des pertes et encore des pertes.
a écrit le 10/01/2017 à 16:24 :
Pour être précis, il aurait fallu préciser :

Ces chiffres tombent à pic pour le comité d'organisation des Jeux olympiques d'été de Paris en 2024 dont Keneo est un des cabinets accompagnant la candidature. A ce titre, il faut rappeler que l'association d’étude Ambition Olympique et Paralympique, chargée de la candidature, compte parmi ces membres clefs le directeur associé de l’agence KENEO, Étienne Thobois.

Autant dire, dans un contexte de défiance par rapport aux coûts astronomiques engendrés par l'organisation des jeux (http://www.latribune.fr/economie/france/journal-des-jo-paris-2024-quel-serait-le-cout-616375.html) lors des précédents évènements, que ces chiffres sont à manier avec toutes les précautions qui s'imposent (décontaminations, puis jeter dans la poubelle spécialisée dans les nuages radioactifs bloqués aux frontières).

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