"La bataille du commerce extérieur se joue dans les territoires"

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 Nous faisons le pari de l'expertise et de la proximité C'est la raison pour laquelle nous demandons à nos conseillers et nos experts en commerce international de susciter les envies à l'export, d'aider les dirigeants à affiner leur vision stratégique à moyen terme, ce qui passe souvent par un développement à l'international. Qui mieux qu'eux connaissent les entreprises et leur potentiel ? , s'interroge Laurence Lasfont au Crédit du Nord.
" Nous faisons le pari de l'expertise et de la proximité C'est la raison pour laquelle nous demandons à nos conseillers et nos experts en commerce international de susciter les envies à l'export, d'aider les dirigeants à affiner leur vision stratégique à moyen terme, ce qui passe souvent par un développement à l'international. Qui mieux qu'eux connaissent les entreprises et leur potentiel ? ", s'interroge Laurence Lasfont au Crédit du Nord. (Crédits : DR)
Dans un entretien accordé à La Tribune, Laurence Lasfont, la directrice du Marché des entreprises et des Institutionnels, responsable du Commerce extérieur au Crédit du Nord revient sur les déboires du made in France à l’étranger et propose des solutions pour relancer les exportations tricolores.

La Tribune - La France affiche une balance commerciale déficitaire depuis 2003. Avez-vous une explication ?

Laurence Lasfont - La France compte trop peu d'exportateurs, à peine 120.000. L'Italie en recense le double et l'Allemagne le triple. En dépit du soutien public et de l'accompagnement des acteurs privés, la France est toujours en retard dans ce domaine. Plus qu'une explication unique, c'est un faisceau d'éléments qui empêchent les entreprises de se projeter davantage à l'international.

Quels sont selon vous ces obstacles ?

La barrière de la langue reste un problème. La taille de l'entreprise est également un obstacle. Une part importante de nos entreprises clientes affichent affichent un chiffre d'affaires inférieur à 7,5 millions d'euros. A ce niveau-là d'activité, elles n'ont pas souvent les moyens financiers pour créer un service export. Les barrières réglementaires hors de l'Union européenne, les risques géopolitiques, les risques de change sont également des obstacles qui plombent les velléités exportatrices des entrepreneurs. Pourtant, les artisans, qui constituent la moitié environ des entreprises exportatrices, prouvent chaque jour que l'on peut se lancer sans atteindre une taille critique.

Comment accompagnez-vous les entreprises exportatrices ou étant en passe de l'être au Crédit du Nord ?

Tout d'abord, il faut bien avoir à l'esprit que le commerce extérieur, l'export sont dans l'ADN du Crédit du Nord et dans nos huit banques régionales investies sur leurs territoires qui composent son réseau. Notre organisation est adaptée aux PME et ETI, avec une équipe dédiée, en agences et centres d'affaires. A l'international, nos clients entreprises peuvent compter sur notre réseau de 2.500 partenaires ou correspondants bancaires à travers le monde. Pour les aider à aborder l'export, nous avons créé un site accessible gratuitement qui aide les entreprises dans la première phase d'amorçage de cette activité export, « Objectif import export ». Grâce à ce dispositif, nos clients peuvent en quelques clics avoir un aperçu des opportunités sectorielles et géographiques qui pourraient s'offrir à eux. Nos conseillers et nos experts en commerce international présents dans chaque région interviennent en parallèle pour des conseils plus précis, plus personnalisés.

Quels outils mettez-vous en place pour aider les entreprises ?

Dans chaque agence, les conseillers sont formés aux problématiques du commerce extérieur auxquelles nos clients doivent faire face. Nous accompagnons nos clients dans toutes les étapes de leur démarche internationale, de la prospection au règlement : nous proposons une série de services pour sécuriser le paiement des transactions, pour assurer les relations avec les pouvoirs publics tels que la BPI, la Coface, pour conseiller les entreprises dans le domaine juridique, social, comptable, pour faciliter les réponses aux appels d'offre internationaux.

Ce sont des conseils sur-mesure ?

Tout à fait. La bataille du commerce extérieur se joue dans les territoires, nous en sommes convaincus. Nous faisons le pari de l'expertise et de la proximité C'est la raison pour laquelle nous demandons à nos conseillers et nos experts en commerce international de susciter les envies à l'export, d'aider les dirigeants à affiner leur vision stratégique à moyen terme, ce qui passe souvent par un développement à l'international. Qui mieux qu'eux connaissent les entreprises et leur potentiel ?

Exporter et importer n'est-il pas toujours sans risque ?

Le monde n'est jamais parfaitement sûr. Avec la dématérialisation des transactions, de nouveaux cas de fraude aux paiements apparaissent. Nous sommes aux côtés des entreprises pour les sensibiliser et leur proposer des solutions qui leur permettront d'éviter certains ennuis, pour leur assurer qu'ils seront payés en temps et en heure.

Les chefs d'entreprises sont-ils bien formés, notamment à l'export ?

Ce n'est pas toujours le cas. Pour vaincre la solitude des entrepreneurs, nous organisons des points conjoncture sur l'économie internationale, ou plus spécifiquement, sur des marchés jugés potentiellement « intéressants » pour nos clients. Nous proposons également des formations à leurs salariés dans le domaine comptable et financier international (garanties internationales, crédits documentaires...) pour que leurs initiatives soient couronnées de succès.

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Commentaires
a écrit le 26/10/2016 à 8:47 :
Le "made in France" doit savoir saturé son marché intérieur avant de penser réussir a l'export! A moins que l'on ne pense qu'a des actionnaires (joueurs de casino) en recherche de profit immédiat!
a écrit le 26/10/2016 à 6:41 :
si les formations aux commerce international est parfaitement nul, il faut aussi reconnaitre la formidable stupidité des "conseillers" qui n'ont jamais exporté eux-mêmes mais qui vendent des services. Les dits conseillers ne sont jamais sortis de leurs bureaux !! mais en dehors de cela : un certains nombres de hauts fonctionnaires ont créé l'Europe et l'€ : ce n'est pas pour rien !!! commencons déjà par vendre dans la zone € : c'est pas loin, on y va en voiture !!! et mieux : on peut faire la connaissance de gens à moindre coût : à ce sujet, permettez-moi de vous préciser que les allemands attendent vos produits !!!!!! je vais régulièrement en Allemagne et ils sont tout prêts à nous aider !!!!! alors, au lieu de vouloir vendre en Afrique du Sud : allez en Bavière (Allemagne du sud): l'argent coule à flot !!!!!!
a écrit le 25/10/2016 à 21:24 :
Pour exporter, il faut produire. Or toute notre élite dirigeante délocalise l'appareil de production à l'étranger. Alors forcément, le commerce extérieur ne se joue pas dans les "territoires", mais dans les états-majors des grands groupes qui expatrient leurs industries à l'étranger. Sur la base de calculs financiers éventuellement séduisants mais à courte vue. Les sous-traitants suivent ou disparaissent.
Réponse de le 27/10/2016 à 9:18 :
Et alors ? On peut créer des emplois sans appareil de production ! Y a pas que les usines qui créent des emplois bon sang de bonsoir ! On n'est plus en 1960. Le pays France manque actuellement cruellement de profs de maths, de profs d'anglais, de médecins et d'infirmières dans les campagnes, de serveurs de restaurant, d'ouvrier du bâtiment , d'aides à domicile, de techniciens de surface, de plongeurs, des cuisiniers, des comptables, des carrossiers, des ambulanciers, des éducateurs spécialisés, etc. Et vous osez critiquer la soit disant "élite dirigeante", alors que les Français eux mêmes boudent plein de métiers qui embauchent à tour de bras ? C'est un manque de connaissance du marché du travail.

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