La dette des entreprises, un enjeu crucial de la sortie de crise

L'encours de la dette brute des entreprises a augmenté d'environ 210 milliards d'euros depuis le début de la pandémie. Si la dette nette calculée par la Banque de France est relativement stable autour de 995 milliards d'euros, beaucoup de secteurs risquent de sombrer face aux prochaines échéances de remboursement si l'économie ne repart pas rapidement.
Grégoire Normand

3 mn

(Crédits : Reuters)

Les nuages au-dessus de l'économie se dissipent un peu. Avec l'accélération de la vaccination et la réouverture progressive de la plupart des secteurs l'optimisme regagne les milieux économiques et financiers après un an et demi de vagues épidémiques et de confinements à répétition. Dans ce contexte plus favorable, la situation financière des entreprises semble relativement préservée. Selon une note de la Banque de France consultée par La Tribune, la dette nette des entreprises a diminué au cours du premier trimestre d'environ 6 milliards d'euros. La trésorerie des entreprises a augmenté plus vite que leur dette brute.

Sur un an, la dette nette est demeurée quasiment au même niveau avec un encours de 996 milliards à la fin du premier trimestre 2021 contre 993 milliards fin 2019 alors que l'économie tricolore a traversé une violente crise historique. Si la dette brute des entreprises s'est envolée au cours de l'année 2020 en raison notamment des prêts garantis par l'Etat (PGE), beaucoup d'entreprises ont eu "un comportement de précaution" rappellent les banquiers centraux. La période de transition et la levée des aides devraient être une étape cruciale pour éviter des faillites en cascade pour l'instant peu visibles dans les statistiques de défaillances. Surtout que l'encours de la dette brute des entreprises n'a cessé de grimper pour atteindre 1.892 milliards d'euros à la fin du mois d'avril dernier contre 1.682 milliards d'euros à la fin de l'année 2019.

Des disparités sectorielles

La moyenne des chiffres dévoilée par la banque centrale hexagonale masque évidemment des disparités selon les entreprise. La note ne permet pas d'avoir une connaissance fine des secteurs. Ce point avait d'ailleurs été soulevé par l'économiste Benoît Coeuré lors de la remise d'un rapport sur les aides au mois d'avril.

"Malheureusement, il y a peu d'informations sur la situation financière des entreprises. Il y a un manque d'informations sur la trésorerie en ce moment. Les statistiques ne permettent pas de le faire. On n'a pas de radar qui permettrait d'avoir une connaissance fine pour les pouvoirs publics" avait-il expliqué lors d'un point presse.

Si les différents dispositifs mis en oeuvre (PGE, fonds de solidarité, chômage partiel, reports d'échéances) ont permis de préserver une grande partie des entreprises, beaucoup de secteurs ont traversé de très longues périodes de confinement et de restrictions. En tout premier lieu, l'hébergement et la restauration viennent de passer sept mois de quasi-fermeture ou de limitations. Les ventes en ligne pour la restauration n'ont pas permis de compenser les pertes et beaucoup de restaurateurs vont devoir faire face à de nombreuses tensions sur leur trésorerie dans les semaines à venir. Les secteurs du tourisme, de l'événementiel pourraient bien connaître quant à eux de vastes restructurations dans leur secteur.

La fin délicate du "quoi qu'il en coûte"

Avec la réouverture de l'économie, l'exécutif veut préparer les esprits à la fin du "quoi qu'il en coûte". Il y a quelques semaines, le Premier ministre Jean Castex a précisé les modalités de la moindre prise en charge du chômage partiel par l'Etat et l'Unedic dans les mois à venir. Même si le chef du gouvernement a assuré "qu'on ne débranchera pas les dispositifs brutalement" et "nous ferons du sur-mesure pour tenir compte des différences de situation", les craintes se multiplient dans les milieux dirigeants.

> Lire aussi : Débranchement des aides : la délicate fin du « quoi qu'il en coûte » se profile

Grégoire Normand

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Commentaires 2
à écrit le 01/06/2021 à 13:10
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L'inflation arrive et c'est tant mieux. Cela va calmer se gouvernement avec tous les milliards d'euros déversés en pure perte et pour rien. Les français ne font pas confiance en ce gouvernement, en particulier pour la réforme des retraites. Donc, eu...

à écrit le 01/06/2021 à 8:39
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Et l'écononomie ne repartira pas rapidement, de toutes façons comment pourrait elle repartir rapidement avec des consommateurs de plus en plus pauvres ou de moins en moins riches c'est au choix, vu que hier déjà vous nous disiez que même aux états un...

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