La discrimination à l'embauche n'épargne pas la fonction publique

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Le rapport montre que la fonction publique, qui recrute près d'un demi-million de personnes par an, n'est pas vraiment à l'image des Français et révèle des pratiques discriminatoires.
Le rapport montre que la fonction publique, qui recrute près d'un demi-million de personnes par an, n'est pas vraiment à l'image des Français et révèle des pratiques discriminatoires. (Crédits : © Eric Gaillard / Reuters)
Des pratiques discriminantes sont en vogue dans la fonction publique, au détriment des femmes notamment, ou liées au nom de famille ou au lieu de résidence, selon un rapport remis au Premier ministre Manuel Valls.

| Article publié à 11h19, mis à jour à 12h22.

Le Premier ministre a demandé mardi à Annick Girardin, ministre de la Fonction publique, de faire de la lutte contre les discriminations à l'embauche dans l'administration "sa priorité" et de "réviser totalement les pratiques pour assurer à tous les mêmes chances d'accès à la fonction publique" après la remise d'un rapport de l'économiste Yannick L'Horty.

Le rapport montre que la fonction publique, qui recrute près d'un demi-million de personnes par an, n'est pas vraiment à l'image des Français et révèle des pratiques discriminatoires. Un rapport qui arrive alors même que le gouvernement a lancé il y a quelques mois une campagne contre les discriminations avec le slogan "Les compétences d'abord"...

Nom de famille et lieux de résidence

"Une analyse des résultats de concours sur plusieurs années montre ainsi que les femmes, les personnes nées hors de France métropolitaine ou résidant dans des quartiers populaires ont moins de chance de réussir les écrits", indique Manuel Valls dans un communiqué. Il ajoute qu'"une campagne de testing des recrutements dévoile elle aussi des pratiques discriminantes, liées au nom de famille ou au lieu de résidence, dans les fonctions publiques hospitalière et territoriale". Aucune discrimination à l'embauche n'a toutefois été constatée dans la police et la fonction publique d'État, précise le document .

Le rapport souligne par ailleurs que les enfants de cadres du public sont nettement favorisés : ne représentant que 2,6% des actifs en poste, "ils constituent 10% des cadres de la fonction publique d'État, soit quatre fois plus". "Un tiers des agents de la fonction publique d'État sont des enfants de fonctionnaires et cette proportion s'élève à mesure que l'on monte dans la hiérarchie", peut-on ainsi lire.

"En créant un décalage incompréhensible entre la promesse républicaine d'égalité, de méritocratie, et la réalité, ces pratiques ébranlent ce qui fonde notre cohésion nationale", déplore Manuel Valls.

Pour y remédier, le gouvernement agira sur tous les maillons de la chaîne de recrutement, assure Manuel Valls.

D'avantage d'aide pour les candidats d'origine modeste

Pour donner à tous leurs chances aux concours, il y aura ainsi deux fois plus de classes préparatoires intégrées réservées aux candidats d'origine modeste. Et les écoles de service public devront mettre en place des plans d'ouverture à la diversité d'ici la fin de l'année, indique-t-il.

L'objectif est également d'ouvrir de nouvelles voies d'accès à la fonction publique, avec la création d'un contrat en alternance pour les jeunes sans emploi de quartiers populaires, ruraux ou ultramarins, ou encore 10.000 contrats d'apprentissage dès la rentrée 2016.

Enfin, des campagnes de testing seront effectuées tous les ans.

(avec Reuters)

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Commentaires
a écrit le 14/07/2016 à 8:16 :
Que racontez vous Mr Valls. Vous êtes la preuve vivante du contraire. Et Mme Belkacem? Et Mme El Komri?
a écrit le 13/07/2016 à 15:38 :
d'après vous il vaut mieux s'appeler Pierre Paul Jacques Claire ou Sylvie pour postuler un emploi dans la fonction publique ou privé à Alger Tunis ou Rabat que Youssef Mohamet Khaled ou Aicha ou Fatima. Sais pas
Réponse de le 13/07/2016 à 17:08 :
Dans notre pays , il est anormal que sous prétexte d'un nom au consonance étrangère ou d'un faible niveau de compétence ( les concours d'entrée sont trop dur pour certain type de population) on ne puisse pas rentré dans l'administration.

Je rappelle que notre devise " liberté égalité fraternité " le mot égalité a des termes stricte qui doit permettre l'entrée de tous français dans les murs de l'administration.

Et que l'on me parle pas de compétence !!!
a écrit le 13/07/2016 à 14:42 :
Les concours servent justement à éviter les discriminations : il n'y a que ceux qui réussissent et ceux qui échouent. Ce sont justement des tests qui reposent sur les compétence, sans aucune discrimination. L'objectif du gouvernement est donc de créer une discrimination positive qui cherche une justification fallacieuse dans la "diversité". Comment se porte la diversité parmi les hommes politique ?
a écrit le 13/07/2016 à 13:46 :
Il faut surtout rappeler que réussir un concours ne garantit pas un poste...
Tout comme réussir au concours n'est pas nécessaire pour avoir un poste...
a écrit le 13/07/2016 à 13:44 :
Le recrutement de l'équipe de France de foot ne souffre pas de discrimination . Voyez ou cela mène !
a écrit le 13/07/2016 à 12:05 :
Il ne faut pas confondre discrimination à l'embauche (parfois réelle, quoique ... c'est beaucoup plus compliqué), de discrimination aux concours.
Désolé, tout le monde a le droit de s'inscrire s'il a le niveau scolaire ...
Ce que je lis, ce n'est qu'une énorme bêtise qui va encore favoriser des recrutements clientélistes, et créer de l'inégalité dans l'accès à la fonction publique.
La fonction publique territoriale dont je fais parti (après une première moitié de carrière dans le privé) a effectivement besoin de compétences. Certainement moins de personnels et mieux formés ... mais là, on n'en prend pas le chemin.
Par ailleurs, je connais plusieurs cas de gens de couleurs qui ont parfaitement réussi, car tout simplement, gros bosseurs, bon résultats scolaires.
Pas la peine de mettre du social partout ...
On a déjà recruté à tout va des cadres C sans distinctions, et on sait ce que cela veut dire en gestion de personnel (jours de congés exceptionnels pour catégorie religieuse, constitution d'équipe mono-religieuse dans le ramassage des OM, le plus beau récemment, un type en formation d'ingénieur à Nançy venant de Paris qui rentrait tous les soir pour cause de Ramadan ... qui paie ?).
Une bêtise ... non une connerie. Stop à la langue de bois.

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