La flambée du prix du gaz pousse l'Etat à prolonger le bouclier tarifaire de six mois

Fanny Guinochet
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les prix du gaz ne cessent d'augmenter... mais la facture des particuliers reste inchangée
Reuters

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Ce n'est qu'une question de jour. Le bouclier tarifaire mis en place par le gouvernement jusqu'en juin pour aider les Français à faire face à la hausse du prix du gaz, devrait être prolongé de six mois. Le gouvernement doit l'annoncer prochainement. Ce matin, sur France Info, Bruno Le Maire le ministre de l'Economie s'est dit "favorable à cette prolongation jusqu'à la fin 2022". Il suffit d'un simple décret pour pouvoir le porter jusqu'à décembre 2022.
Annoncé à l'automne dernier par le gouvernement pour préserver le pouvoir d'achat des Français, ce dispositif repose, en réalité, sur un système de compensation de l'Etat. Le gouvernement achète au prix fort le gaz aux fournisseurs, - comme la plupart sont étrangers, il n'a pas beaucoup de marge de manœuvre- mais il bloque le prix pour le consommateur, en absorbant la différence. Mis en place en octobre dernier, ce système était initialement prévu pour fonctionner jusqu'en juin prochain. Le gouvernement pariait, en effet, sur un recul du prix du gaz à partir du printemps, une fois le retour des beaux jours, mais aussi une fois le pic de la reprise passé. C'était sans compter sur la guerre en Ukraine qui fait flamber les cours. Ces derniers jours, le gaz a enregistré une hausse de 50 % sur les cours mondiaux.
Pour éviter que cette progression ne se répercute sur la facture des ménages, l'exécutif envisage donc de prolonger son dispositif. Et peu importe, si cette solution a un coût pour les finances publiques : plus d'1,2 milliard d'euros a été budgétisé jusqu'en juin prochain.
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Pour l'heure, Bercy refuse de donner le moindre chiffrage, car comme il s'agit d'une compensation, la facture finale dépendra de l'évolution du prix du gaz mondial. "Compenser une hausse de 50 % pendant quelques mois n'est pas la même chose qu'une progression de 20 %, surtout avec des marchés aussi volatils", précise un conseiller ministériel. Il n'empêche, si le gouvernement prolonge la mesure jusqu'à fin 2022, il faudrait, au minimum, doubler la mise. Sur un an, ce bouclier tarifaire pourrait atteindre 3 milliards d'euros aux finances publiques. L'exécutif poursuivra alors le quoi qu'il en coûte, pour le financer.
Fanny Guinochet