La libéralisation du transport par autocar tiendra-t-elle ses promesses ?

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Les grandes compagnies d'autocar, françaises et étrangères, sont d'ores et déjà sur les rangs. Eurolines, la filiale de Transdev, et iDBUS, la filiale de la SNCF, fourbissent leurs armes.
Les grandes compagnies d'autocar, françaises et étrangères, sont d'ores et déjà sur les rangs. Eurolines, la filiale de Transdev, et iDBUS, la filiale de la SNCF, fourbissent leurs armes. (Crédits : Reuters)
Lors de la présentation de la mesure de libéralisation du transport, France Stratégie tablait sur la création de 22 000 emplois. Prudent, le gouvernement en évaluera très vite les effets.

Quel sera l'effet sur la croissance et l'emploi de la loi Macron ? Prudent, l'exécutif ne s'est pas risqué à faire de pronostics. France Stratégie, le groupe de réflexion gouvernemental, ne s'avance pas plus. Il faudra attendre 2017 pour avoir une première estimation un peu sérieuse des effets des mesures contenues dans le texte. L'une d'entre elle fait exception : la libéralisation du transport par autocar. Selon les estimations de France Stratégie, celle-ci pourrait permettre à terme la création de 22 000 emplois.

Pour établir cette prévision, les experts de la rue de Martignac, dans le prestigieux VIIe arrondissement de Paris, se fondent sur les exemples allemand et britannique. En Allemagne, depuis l'ouverture du transport interurbain en 2013, le transport par autocar est en pleine expansion. Entre 2013 et 2014, le nombre de passagers a explosé de 180% !

Développer le transport régional

Outre-Rhin, plus de 8,3 millions de personnes se sont déplacées en autocar en 2014. À titre de comparaison, ils n'étaient que 110 000 en France. Au Royaume-Uni, dès les premières phases d'ouverture, en 1980 puis en 1985, le nombre de passagers transportés a crû de plus de 50 %.

En autorisant le « cabotage » sur le territoire national, le gouvernement vise plusieurs objectifs. Il espère augmenter la mobilité de la population, désenclaver certains territoires, abaisser les coûts de déplacement et développer le secteur du transport régional. Un exemple ? Pour relier par le train Clermont-Ferrand à Périgueux, distant de 252 kilomètres, les usagers ne peuvent compter que sur un seul train par jour qui fait le trajet en cinq heures avec une correspondance.

« L'ouverture de lignes de transport interurbain par autocar permet de créer une nouvelle offre, venant soit satisfaire les besoins de mobilité des ménages qui ne sont pas actuellement servis, soit mettre à disposition un nouveau service répondant mieux aux besoins de certains consommateurs. Ces configurations dépendent en partie de l'offre existante sur une liaison donnée », explique France Stratégie.

Un chantier qui n'en est qu'à ses débuts

Les grandes compagnies d'autocar, françaises et étrangères, sont d'ores et déjà sur les rangs. Eurolines, la filiale de Transdev, et iDBUS, la filiale de la SNCF, fourbissent leurs armes. C'est également le cas de la société allemande Flixbus et du britannique Stagecoach, propriété de Megabus. Quant aux autocaristes indépendants, ils essaieront de jouer des coudes pour obtenir une part du gâteau...

Cette mesure tiendra-t-elle toutes ses promesses ? Il faut maintenant que ce type de transport séduise. En Allemagne, une étude récemment publiée par l'association VCD indiquait que 76,6 % des passagers préféraient les trajets en autocar en raison de leurs bas tarifs. Ce succès dépendra aussi du nombre d'autorisations que l'autorité régulatrice des transports accordera, sachant qu'aucune autorisation ne sera délivrée dans les zones desservies par le réseau de TER. À Bercy, on accueille avec prudence les anticipations formulées par France Stratégie. Pour assurer le succès de cette mesure qui entrera en vigueur dès la promulgation de loi par le chef de l'État, Emmanuel Macron a décidé de réunir tous les acteurs du secteur du transport par autocar au début du mois de juillet avec pour objectif de clarifier encore et toujours les dispositions du texte et d'inciter les forces vives à se saisir des opportunités de développement qu'il offre.

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Commentaires
a écrit le 27/06/2015 à 15:25 :
Alors les bobos écolos alors Mme IDALGO le transport a route ne pollue plus à ce que je vois ! pourtant les autocars fonctionnent bin au GAZ OIL ou me trompe quelle couleur de pastille devront ils exhiber sur leur pare brise ?

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