La pénurie de main-d'oeuvre atteint des sommets

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En moyenne, une baisse d’un point de pourcentage du taux de chômage s’accompagne d’une hausse de 5 points de la proportion d’entreprises signalant des pénuries de main-d’œuvre explique l'Insee
"En moyenne, une baisse d’un point de pourcentage du taux de chômage s’accompagne d’une hausse de 5 points de la proportion d’entreprises signalant des pénuries de main-d’œuvre" explique l'Insee (Crédits : Reuters)
La proportion d'entreprises ayant des difficultés de recrutement a doublé en trois ans selon les derniers chiffres de l'Insee, passant de 10% en 2016 à 20% à la fin de l'année 2019. Le secteur de la construction est particulièrement concerné par ce phénomène.

Les tensions sur le marché du travail persistent. Selon la dernière note de conjoncture de l'Insee publiée ce mardi 17 décembre, la part des entreprises ayant déclaré une pénurie de main d'oeuvre a atteint un point haut (21%) à la fin du premier semestre 2019. La baisse du taux de chômage et le déficit de main d'oeuvre dans le numérique contribuent à amplifier les obstacles pour les entreprises qui peinent à trouver certains profils qualifiés. En outre, les niveaux de salaire à l'embauche, les conditions de travail, les perspectives de carrière proposés peuvent également constituer des obstacles pour les candidats à la recherche d'un emploi. Avec la baisse de la population active à prévoir dans les prochaines années, ce phénomène pourrait encore s'aggraver.

Tous les secteurs sont concernés

D'après les enquêtes menées par l'organisme de statistiques, aucun secteur économique n'est épargné. Cette pénurie est particulièrement criante dans les services avec un bond de 12 points entre la mi-2016 et la mi-2019 (8% à 20%). "C'est le plus haut niveau depuis 2004" expliquent les statisticiens. Outre le tertiaire, la construction est également en proie à de sérieuses difficultés d'embauche. 40% des entreprises du secteur déclarent être confrontées à des problèmes d'appariement entre l'offre et la demande.

Enfin, l'industrie, même si elle connaît toujours des fermetures d'usines, est également concernée par ce phénomène. La part des entreprises dans ce domaine ayant déclaré des freins au recrutement a doublé en trois ans, passant de 8% à 16% entre mi 2016 et mi 2019. Parmi les facteurs avancés par les entreprises pour expliquer de telles barrières, la pénurie de main d'oeuvre compétente arrive en première position. Viennent ensuite l'incertitude économique, le coût du travail et la réglementation.

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> Lire aussi : « Dans l'industrie, le recrutement est le problème numéro un »

Le fonctionnement du marché du travail dégradé depuis la crise

La grande récession de 2008 et la crise des dettes souveraines en zone euro au début des années 2010 ont eu un impact marqué sur le fonctionnement du marché du travail. "En 2019, le marché du travail français semble moins bien fonctionner qu'en 2007 par exemple, avec à la fois un chômage et des pénuries de main-d'œuvre plus élevés que lors du précédent haut de cycle" signalent les économistes. La transformation de l'économie, la montée en puissance des contrats courts, le déficit de formation ont également eu des répercussions sur les rouages du marché du travail.

La France loin d'être isolée

A l'échelle du Vieux continent, l'économie française est loin d'être la seule à connaître de telles tensions sur le marché du travail. Chez la plupart des partenaires européens, "les pénuries de main d'oeuvre ont aussi fortement augmenté depuis 2016. Fin 2018, elles ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis 2004, sauf en Italie qui avait connu un pic plus important en 2007" indique l'organisme de statistiques publiques. Dans la plupart des grandes économies, la pénurie de main d'oeuvre augmente avec la baisse du chômage même si elle a commencé à baisser dans quelques Etats.

penurie europe

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Commentaires
a écrit le 28/03/2020 à 8:25 :
Bonjour,
Je suis totalement en accord avec Le Citoyen blasé ! et j'ajouterai qu'il y a énormément de contrats à temps partiel, enfin pour ma profession, bien sûr avec un taux horaire au smic, en plus, des postes à pouvoir à des kilomètres du domicile. Résultat : après calculs, vous travaillez mais à PERTE ! QUI accepterait cela, QUI ?même si la volonté de retravailler est très forte ce qui mon cas. En tous les cas, pas les personnes vivant seules...
a écrit le 18/12/2019 à 9:06 :
Qu’ils augmentent les salaires bon sang !!!

Mais au lieu de cela ils préfèrent générer du dumping social...
Réponse de le 19/12/2019 à 16:26 :
Augmenter les salaires ne permets pas de mettre en adéquation les compétences des salariés et les besoins des entreprises... Le vrai pb est que les entreprises ne trouvent pas de gens qualifiés.
Réponse de le 20/12/2019 à 9:08 :
@ multipseudos:

Je parle des métiers pénibles, difficiles, aux salaires repoussant, ceux dont les médias se servent pour faire culpabiliser les gens, encore et toujours cette stupide stratégie qui dirige tout le monde vers le bas.

Mais c'est pareil pour les méties techniques, avec un bon salaire à la clé cela motivera bien plus les futurs employés.

TU comprends ou toujours pas, faut te répéter 100 fois qu'il faut pas mettre les doigts dans la prise électrique ?

ET si je peux pas et-c...
a écrit le 18/12/2019 à 8:11 :
Pour l'industrie c'est inquiétant mais également logique car il y a malheureusement de moins en moins d'industrie en France. Quant aux services le problème est récurrent on ne travaille dans ses secteurs ou les emplois sont mal payés contraignants et mal considérés et que par pis aller!
a écrit le 18/12/2019 à 3:17 :
Dans un pays où beaucoup trop de jeunes ne rêvent que de sciences humaines quitte à retrouver ensuite Pole Emploi , rien d'étonnant .Il est temps de faire des numerus clausus dans chaque matière.
a écrit le 17/12/2019 à 20:54 :
Les entreprises qui forment leurs futurs collaborateurs arrivent à se constituer des équipes stables et compétentes , que celles qui peinent fassent de même .
Il existe de nombreux dispositifs de financement de la formation et autant de formules adaptées aux candidats , du bac pro à bac plus 5 en passant par les cqp etc...
a écrit le 17/12/2019 à 20:05 :
" Le secteur de la construction est particulièrement concerné par ce phénomène".

Avec en plus une retraite à 64 ans,c'est pas gagné.De plus en plus lourd le parpaing.
a écrit le 17/12/2019 à 18:58 :
21 % des chefs d'entreprises se plaignent, gémissent, pleurnichent tels des enfants ... sur leurs difficultés de recrutement ...

positivons :

79 % des chefs d'entreprises trouvent facilement les salariés et cadres dont leurs entreprises ont besoin ;

les 21 % qui se lamentent c'est la norme de la fameuse "Loi de Pareto (les 20/80)

80 % de bons employeurs avec des dirigeants qui font prospérer leurs entreprises

21 % de mauvais employeurs, qui payent mal, forment mal ou pas du tout, ont des entreprises sans investissement, vétustes, mal entretenues, qui méprisent leurs salariés ce qui leur vaut une réputation à faire fuir ...

positivons :

ces 21 % d'employeurs à la peine, peuvent prendre des cours de gestion et de savoir vivre pour devenir plus respectueux de leurs salariés et de leurs conditions de travail -)
Réponse de le 18/12/2019 à 4:12 :
On peut cité ainsi toutes les ss2i françaises et les donneurs d o rdre associés.
a écrit le 17/12/2019 à 18:48 :
100 000 places en contrat d'apprentissages sont a pourvoir et sont admissibles jusqu’à 30 ans ! il faut former les chômeurs ! il faut baisser les taxes sur la production dans les communautés de communes de moins de 100 000 habitants pour sortir des grandes villes !
Réponse de le 18/12/2019 à 6:42 :
Et pourquoi jusqu'à 30 ans ? Et pourquoi faire faire des études supérieures à tout le monde au lieu de former à des métiers ?
a écrit le 17/12/2019 à 18:43 :
La France a abandonné l'équilibre entre chômage et recrutement pour le confier a l'UE de Bruxelles par le biais des délocalisations et travailleurs détachés! Et rien ne s'améliorera tant qu'il n'y aura pas restauration de nos frontières!
On comprend bien que la zone euro ne peut être uniformiser que par ce moyen!
a écrit le 17/12/2019 à 18:23 :
C'est toujours la même histoire : Les entreprises sont implantées la plupart dans des zones où l'immobilier est très cher. Comme elles ne veulent pas payer pour le logement, les employés ne peuvent pas y venir. De plus, la pénurie de main d'oeuvre doit logiquement être aussi importante que la pénurie de travail : Dans une société à l'équilibre, le nombre d'entreprises qui recherche des employés, doit être le même que le nombre de chômeurs qui recherchent un emploi. Donc la "pénurie de main d'oeuvre" est un faux problème, inventé pour justifier le dumping social.
Réponse de le 18/12/2019 à 6:44 :
Exactement, ces 20 % d'entreprises n'ont pas les moyens de payer comme ils faudrait leurs salariés, ni de les traiter correctement, car leur production n'a pas assez de valeur. Nous sommes aux niveaux d'avant la grande crise de 2009, la prochaine arrive...
a écrit le 17/12/2019 à 18:17 :
Pas grave, les gosses des LR et LREM vont surement se ruer sur ces emplois pour combler la pénurie ,leurs parents ont l'air motivés.
a écrit le 17/12/2019 à 18:17 :
mmmouais
le diable est souvent dans le detail
penurie a recruter? oui, qui, quoi, comment et a quelles conditions
faut pas oublier que quand la conjoncture est moins bonne, on embauche un ingenieur au prix d'un bts
et quand le chomage dure ( ce qui est le cas en france pour des raisons structurelles), les entreprises s'habituent a manger du foie gras au prix du mousson de canard
peut etre effectivement qu'avec la maigre reprise, il devient dur de recruter un electricien expert comptable ingenieur en mecanique de moins de 23 ans , avec un doctorat en philo, avec 10 ans d'experience qui parle 8 langues couramment pour le smic a paris
autant y a des pbs, notamment sur la formation francaise, autant faut se mefier de ce genre d'enquetes
Réponse de le 17/12/2019 à 19:05 :
@churchill
Non,non et Non, c'est la faute aux "socialisse", voire aux
"Socialo-communistes" chers à JM le Pen et désormais aux RN.
Réponse de le 20/12/2019 à 15:56 :
D'accord avec Churchill.
Caricature de l'employeur français, en particulier TPE/PME:
- Candidat 25 ans
- Titulaire d'un diplôme de grandes écoles + MBA
- Parle 4 langues
- 5 ans d'exérience
- Salaire: 25,000€ brut/an
Forcément, cela pose problème.
Rappel: la Fance est 23eme sur les 36 pays de l'OCDE en terme d'attractivité, en particuler salariale....

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