La réforme de l'assurance chômage aura un impact massif sur les nouveaux entrants

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(Crédits : Eric Gaillard)
La réforme de l'assurance chômage aurait un impact négatif, par rapport aux règles antérieures, sur l'indemnisation d'un entrant sur deux lors de la première année de son application, selon une étude de l'Unédic publiée mardi et confirme les craintes des syndicats.

Lors de la première année de mise en oeuvre globale de la réforme (avril 2020-mars 2021), "parmi les 2,6 millions d'allocataires qui auraient ouvert un droit" avec l'ancien système, "9% n'ouvriront pas de droit" avec les nouvelles règles et 41% verront leur situation impactée, soit par une baisse de leur allocation journalière, soit par une ouverture de droits retardée ou une durée de droits plus courte.

Présentée mardi au bureau de l'organisme paritaire, l'étude tire aussi les conséquences financières de la réforme. Les économies, en ligne avec les prévisions du gouvernement (3,4 milliards sur 2020-2021), permettront un retour à l'excédent en 2021 plus fort et un désendettement plus rapide. La dette atteindrait "environ 8 mois de recettes en 2022" au lieu de 9 mois et demi sans réforme.

La réforme, décidée cet été par décret par l'exécutif après l'échec d'une négociation cet hiver entre partenaires sociaux, durcit d'abord les conditions d'ouverture de droits. Il faudra au 1er novembre avoir travaillé six mois au cours des 24 derniers mois (contre quatre mois sur 28 aujourd'hui). Le seuil de "rechargement" des droits sera aussi de six mois contre un aujourd'hui.

Cette mesure concernera des personnes "plus jeunes que la moyenne des allocataires" avec "des droits plus courts" et "des salaires de référence plus faibles", selon l'étude.

Autre mesure à fort impact, la modification, à partir d'avril 2020, des règles de calcul de l'indemnisation qui étaient jugées par l'exécutif trop favorables aux personnes travaillant de manière discontinue.

Quelque 850.000 nouveaux entrants, qui avaient des périodes chômées entre deux contrats de travail, auront une allocation mensuelle plus faible, de 20% en moyenne mais parfois jusque 50%.

Certes ils verront tous la durée maximale de leurs droits s'allonger, un argument qui fait dire au gouvernement que leur capital de droits reste intact (600 euros mensuellement sur 18 mois au lieu de 900 euros sur un an par exemple).

Mais les demandeurs n'utilisent jamais leur capital en intégralité (10 mois en moyenne), ce qui explique les 1,1 milliard d'économies attendus par cette seule mesure à partir de 2021.

En outre, avec la baisse de l'indemnisation, certains demandeurs d'emploi ne pourront plus bénéficier du cumul travail-allocation.

Fortement critiquée par la CFE-CGC, la dégressivité de 30%, au bout de six mois, pour les allocataires ayant perçu une rémunération mensuelle supérieure à 4.500 euros brut, sera de moindre importance. Les premiers touchés le seront en mai et il y en aura "1.000 à 2.000" nouveaux chaque mois à partir de fin 2020.

Une "tuerie" pour Berger

Les syndicats se voient confortés dans leur opposition à la réforme.

"Ca va va être une tuerie, tout simplement parce que la seule logique c'est une logique budgétaire sur le dos des chômeurs", a répété Laurent Berger (CFDT) lundi.

"C'est encore pire que prévu", a réagi FO.

Le gouvernement avait par avance critiqué une première version des travaux de l'Unédic en juillet, en estimant qu'elle ne prenait pas en compte les "effets de comportement" de la réforme, c'est-à-dire l'incitation à reprendre un travail.

"Les effets de comportement mis en avant dans les travaux scientifiques sont multiples et peuvent aller dans des sens opposés", répond l'Unédic, qui juge nécessaire "de prendre en compte l'effet report vers d'autres dispositifs (prime d'activité, RSA)".

L'étude par ailleurs confirme les chiffres du gouvernement sur les nouveaux droits pour les démissionnaires ayant un projet professionnel (entre 17.000 et 30.000 bénéficiaires par an) et les travailleurs indépendants (30.000 personnes).

Côté entreprises, la réforme prévoit l'instauration d'un bonus-malus sur les contrats courts dans certains secteurs ainsi que la taxation des CDD d'usage, des contrats ultra-flexibles.

La réforme prévoit enfin un renforcement significatif de l'accompagnement des chômeurs avec notamment 1.000 postes en plus à Pôle emploi pour les trois prochaines années. L'opérateur a également commencé à envoyer un courrier à deux millions de demandeurs d'emploi pour les informer des futures règles d'indemnisation.

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a écrit le 24/09/2019 à 15:49 :
"Les économies, en ligne avec les prévisions du gouvernement (3,4 milliards sur 2020-2021)"

Faut bien trouver le pognon, qu'LREM a donner à ses potes en début de mandat.
a écrit le 24/09/2019 à 15:45 :
"Le gouvernement avait par avance critiqué une première version des travaux de l'Unédic en juillet, en estimant qu'elle ne prenait pas en compte les "effets de comportement" de la réforme, c'est-à-dire l'incitation à reprendre un travail.
"Les effets de comportement mis en avant dans les travaux scientifiques sont multiples et peuvent aller dans des sens opposés", répond l'Unédic, qui juge nécessaire "de prendre en compte l'effet report vers d'autres dispositifs (prime d'activité, RSA)".

Il manque la suite :

Se basant sur les travaux d’économistes réalisés sur le sujet, l’instance reconnaît qu’il existe un consensus sur le fait que réduire l’indemnisation diminue la durée passée au chômage, mais pas sur l’ampleur de cet effet. De plus, partant du fait que beaucoup de ces études sont réalisées à l’étranger, l’Unédic estime que “les résultats sont difficilement transposables au cas de la France”. Elle appelle donc de ses voeux une “démarche de suivi et d’évaluation de la réforme”.
a écrit le 24/09/2019 à 14:02 :
Il s'agit d'un gouvernement et d'un électorat de bourgeois aisés alors qu'ils s'attaquent aux chômeurs parait logique puisque ce n'est pas leur catégorie sociale.
a écrit le 24/09/2019 à 12:55 :
Si l'on part du principe ou le premier changement a été de transformer la cotisation pour l'enlever et faire financer par l'état, en fait c'était pour justement faire ce type de réforme!!!!

Pas besoin d'algorithmes pour le comprendre et encore moins pour cerner le cynisme d'individus dévolus visiblement a des lobbies.

Le détricotage des droits sociaux ne peuvent être mandaté que par des intérêts économiques, car si vous le demandez au gens, 90% le refuserait comme de préférer payer cette cotisation a l'unédic.

La manipulation montre aussi comment un gouvernement qui espère avoir du respect, fonctionne dans un cynisme et des intérêts particuliers qui ne font plus aucun doute.

Un libéral sur le principe assume ces choix les revendiques, mais surtout dispose d'un minimum d'éthique pour assumer ces choix.

Nous avons non simplement des personnes qui fonctionnent pour leurs intérêts proches, la ministre du travail et le texte de loi qui consiste a lui permettre de faire une culbute économique, et le nombre de personnes dont nous ne reviendrons pas sur les sujets, mais ou a présent le fait d'avoir des le président de l'assemblée nationale mis en examen, des perquisitions dans les partis politiques hormis celui du pouvoir permet de comprendre aussi qu'il n'y a plus de limite.

Actuellement, le nombre de corporation ou de metiers en grève permet de comprendre que la politique d'emmanuel macron n'est pas celle du peuple, mais de quelques intérêts particuliers.

Ceci en est un exemple, avec un modus opérandi expliquant qu'il réduit la cotisation chômage en le faisant payer par les mêmes mais en passant par l'état, pour ensuite réduire l'accès en sachant que les personnes continuerons de payer les taxes de droits qu'ils n'aurons a terme plus.

Il n'y a pas de politique économique, si ce n'est celle de faire disparaître les acquis sociaux, pour mieux transférer ces montants vers des starts up ou les 20% qui disposent du capital et qui touchent le plus, puissent se gaver.

Un simple algorithme permettrait d'en faire le constat et ainsi juger de la politique pratiqué.

Bizarrement les institutions internationales feront un constat qu'il semble incapable de faire ici???!!!!

Le niveau de régression social est tel, qu'après média et politiques s'étonnent des réactions de la population et du pourquoi de la situation du pays.

Comme les violences sur les personnes il y a quelques mois, aucun constat, aucune forme de méa culpa.

Mais surtout si l'on regarde la régression des droits des demandeurs d'emplois, dans un pays qui prétend avec 300 000 emplois disponibles pour 5 millions de personnes, sabrer et mettre ces personnes en précarité.

Je pense que nous avons le pire a attendre, alors constatons car nous sommes a la croisée des chemins, et il semble claire qu'un schisme d'ampleur se prépare.

Et ceux disposant des capitaux, a mon avis seront les grands perdants.

Nous le constaterons ou pas !
a écrit le 24/09/2019 à 11:53 :
La gouvernance par le moins ou les serviteurs des marchés financiers au pouvoir, que ça manque d'irrigation cérébrale tout ceci...
a écrit le 24/09/2019 à 11:44 :
C'est marrant de voir que l'on considere comme normal d'etre quasi paye autant a ne rien faire qu'a bosser.

Belle mentalite. Comme disent les africains "En france il suffit de s'allonger pour gagner de l'argent".

Ces reformes vont dans le bon sens. A quand la contrepartie en terme de salaire par contre - moins de cotisations = plus de salaire - ?
a écrit le 24/09/2019 à 11:34 :
Et les gagnants absolus sont : les intérimaires.
Non seulement le bonus malus sur les contrat court va d'avantage ravagé un vivier d'emploi déjà bien malmené mais en plus ce sera plus difficile d'obtenir nos droits.
Si le gouvernement était compétent , il aurait simplement fait en sorte que les chômeurs ne puisse toucher que ce qu'ils ont cotisé, sans aucune autre condition.
a écrit le 24/09/2019 à 11:16 :
Si les syndicats avaient su négocier la réforme, on n'en serait pas à ce point là!
Mais comme ils ne sont pas foutus de s'organiser de manière constructive pour faire évoluer quoi que ce soit , et bien il ne leur reste plus qu'à dénoncer l'injustice du gouvernement qui a réglé le problème à leur place.
C'est bien plus facile pour eux de la jouer sur ce registre, au lieu de reconnaître leur incompétence flagrante. et défaillance complète sur ce sujet
Et nous on va comprendre notre douleur....ça c'est une constante, rien de neuf
Réponse de le 24/09/2019 à 13:23 :
la négociation était impossible. Le gouvernement avait décrété que le régime devait réaliser 3 milliards € d'économie, ce qui est injustifié étant donné qu'il est pratiquement équilibré et que sa dette est en voie de résorption.

D'autre part, ce sont les contrats courts qui coutent le plus cher et le MEDEF a évidemment joué la montre en pensant avoir le gouvernement de son coté, et a joué l'échec.

Ce en quoi il a bien fait parce que la pénalisation de l'abus des contrats courts, annoncée par Pénicaud, on l'attend toujours.

Et Macron, a pris prétexte de l'échec, qu'il avait programmé, pour imposer sa doxa ultralibérale.
Et ca va continuer puisque le gouvernement persiste à décotiser les entreprises et à ponctionner les cotisations pour les affecter au déficit de l'Etat (on parle même pas de désendettement). ce qui veut dire un déficit assuré pour l'assurance chômage et de nouvelles mesures contre les chômeurs.

le but ultime étant de faire disparaitre les sans-emplois des statistiques, et que n'étant plus un poids pour le budget de l'Etat, il puissent être renvoyés dans les limbes sociales.

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