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ÉconomieFrance

ISF : comme souhaité par Bruno Le Maire, la réforme s'appliquera dès 2018

Photo de Philippe Mabille

Philippe Mabille

Publié le 10 juillet 2017 à 09:11 - Mis à jour le 10 juillet 2017 à 17:07

Le Quotidien Numérique

05 juin 2026

Photo d'illustration de l'article
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Aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence, le ministre de l'Economie et des Finances a démenti dimanche tout projet de taxation du Livret A. Et il a laissé entendre que les arbitrages ne sont pas définitifs sur le report à 2019 de la réforme de l'ISF et de la flat tax à 30% sur le capital. Il pousse, comme plusieurs économistes, à ce que ce signal de confiance aux investisseurs soit effectif dés l'an prochain. Un message entendu par le président de la République, puisque Bercy a confirmé lundi matin...

[Mis en ligne dimanche à 12h48, mis à jour lundi à 11h11]

Citius, Altius, Fortius... Plus vite, plus haut (loin), plus fort : Bruno Le Maire a fait sienne la devise olympique pour décrire aux Rencontres économiques d'Aix-en-Provence ses ambitions pour "transformer en profondeur l'économie". Au retour du G20 à Hambourg auquel il participait aux côtés d'Emmanuel Macron, le ministre de l'économie et des finances a donné sa vision de la prospérité, thème choisi par le Cercle des économistes, organisateur des Rencontres : "plus d'emploi et de prospérité pour tous".

Il a d'abord tordu le cou au canard sans tête qui agitait la presse après une information du JDD évoquant une volonté de Bercy de taxer l'épargne populaire des Français, livret A et épargne logement : "il est hors de question de taxer le livret A", assure le ministre. Bercy a d'ailleurs fait un communiqué pour préciser que le rapport du Conseil des prélèvements obligatoires qui évoque cette piste n'engage en rien le gouvernement.

Débat fiscal

Aller vite, loin et fort, mais comment ? Bruno Le Maire a souligné l'urgence d'agir pour régler les problèmes. Des mesures ont été annoncées pour renforcer l'attractivité de la place de Paris à l'heure du Brexit : baisse de l'impôt sur les sociétés et de la taxe sur les salaires notamment. Et la réforme du marché du travail "sera engagée sans délais", avec Muriel Pénicaud. Il faut aussi baisser la dépense publique pour "respecter nos engagements européens" parce que "sinon notre parole ne vaut rien".

Mais le vrai enjeu de la venue de Bruno Le Maire à Aix-en-Provence est bien sûr le débat fiscal alors que la déclaration de politique générale d'Edouard Philippe a donné un signal de report de certaines promesses fiscales du candidat Macron face à la difficile équation budgétaire. Plusieurs membres du Cercle des économistes, dont Philippe Aghion, professeur au Collège de France, et artisan du programme d'Emmanuel Macron, ont critiqué le choix de reporter en particulier la réforme de l'ISF et la flat tax à 30% sur la taxation du capital. Ce serait une "grave erreur", explique Philippe Aghion, car "l'enjeu est de baisser dés maintenant la fiscalité du capital pour faire revenir les investisseurs en France en profitant d'un moment de grâce où l'élection d'Emmanuel Macron a changé l'image du pays à l'étranger".

Le Maire écouté sur l'ISF

Bruno Le Maire a tenu à rassurer : "il n'y a aucune contradiction entre baisser les dépenses publiques et baisser les impôts des ménages et des entreprises". D'après nos informations, Bruno Le Maire a poussé pour que la réforme de l'ISF et la flat tax de 30% sur les revenus du capital s'applique dés 2018. Il a déjà obtenu que ces deux mesures ne soient pas reportées à 2020 mais à 2019. Mais selon le ministre, rien n'est joué : "On peut faire en même temps et tout de suite et la baisse des dépenses, et celle des impôts. Attendez les arbitrages définitifs du Premier ministre et du président de la République et vous verrez que le message d'Aix-en-Provence a été entendu", a-t-il assuré, laissant entendre qu'Emmanuel Macron pourrait intervenir pour changer ces arbitrages et faire respecter par le gouvernement ses engagements de campagne. Lundi matin, il est apparu que Bruno Le Maire a effectivement été écouté : la réforme débutera dès l'année prochaine.

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Pour aller loin, la France doit "retrouver l'esprit de conquête", ajoute Bruno Le Maire. "La vraie question économique, c'est l'éducation. Tout se jouera là" car si "le travail d'hier est mort, il faut nous préparer aux métiers de demain". Deuxième défi, l'innovation. Bruno Le Maire a confirmé que des cessions d'actifs permettront "dès septembre" de mettre en place le fonds pour financer les innovations de rupture promis par Emmanuel Macron, qui devrait atteindre 10 milliards d'euros, pour préparer "l'économie de demain". Pour ce faire, Bruno Le Maire veut organiser chaque hiver des "Rencontres de Bercy" sur l'innovation avec des chercheurs, des chefs d'entreprise, des startups, des universitaires...

Objectif "Mittelstand"

"Aller fort" enfin, car selon le ministre, la réunion du G20 l'a convaincu que "l'époque actuelle n'est pas faite pour les faibles. Face à Poutine, Trump ou Erdogan, l'Europe doit se ressaisir", plaide-t-il. Ainsi, comme il l'indique dans l'entretien qu'il a accordé à La Tribune, Bruno Le Maire estime que "Google, Facebook Amazon etc... doivent payer les impôts qu'ils doivent aux Etats européens". L'Europe doit cesser d'être naïve et "doit donc défendre ses intérêts commerciaux et exiger la réciprocité". Enfin, l'Europe, doit "devenir une vraie zone économique pour être forte face aux Etats-Unis et à la Chine".

"L'Etat n'est pas là pour se substituer aux entreprises. Il doit créer l'environnement le plus propice possible au développement économique."

À lire également

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  • Le Maire annonce 10 milliards de cessions d'actifs pour financer l'innovation
  • "L'époque exige une vision humaniste de l'économie" Jean-Hervé Lorenzi

Ainsi, Bruno Le Maire, qui a récemment dit que la France peut, par l'innovation, rattraper l'Allemagne sur le plan industriel, a annoncé qu'il prendra des mesures pour permettre le développement d'un "Mittelstand" français afin que le nombre des ETI (entreprises de taille intermédiaire) croissent (4000 en France contre 10.000 en Allemagne). Il s'engage aussi à défendre les intérêts du pays afin que les entreprises françaises stratégiques ne soient pas rachetées par des étrangers à des prix cassés :

"Les investisseurs, oui, les prédateurs, non !".

Philippe Mabille

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