LA TRIBUNE- Le Premier ministre Jean Castex vous a confié la responsabilité du comité d'évaluation du plan de relance. Quelle est votre mission précisément ?
BENOÎT COEURE- La mission du comité d'évaluation est d'éclairer le débat public sur les effets du plan de relance. Le suivi du plan est assuré quant à lui par le secrétariat général de la relance, à Bercy. Le comité a été créé par le Parlement et fait suite au comité de suivi et d'évaluation des mesures d'urgence. Sa composition est proche, avec notamment des représentants des commissions des finances de l'Assemblée nationale et du Sénat, des territoires et des partenaires sociaux. C'est un gage d'indépendance et de pluralité d'opinions, et cela permettra au comité d'informer de la manière la plus objective possible le débat politique à l'approche des échéances de 2022. France Stratégie assure le secrétariat du comité conjointement avec l'inspection générale des finances. La nouveauté est la participation des ministères du Travail et de la Transition écologique.
Le défi du comité réside principalement dans le montant et le champ des mesures avec la compétitivité, la transition écologique et la cohésion sociale. L'un des enjeux est de définir la méthode et les mesures à évaluer. Le comité a décidé d'adopter une approche en deux temps. Dans un premier temps, le comité examinera « in itinere » la mise en œuvre de cinq mesures en vue d'un premier rapport fin octobre 2021. L'enjeu est de vérifier que le plan démarre sur de bonnes bases. Ces cinq mesures sont : le dispositif "un jeune, une solution", MaPrimeRenov, la rénovation des bâtiments publics, le soutien aux investissements industriels et l'industrie du futur. Ce sont des dispositifs symboliques du plan de relance et de ses trois dimensions - compétitivité, cohésion sociale et écologie. Dans un deuxième temps, le comité mesurera l'impact de 10 à 15 dispositifs sur l'emploi, la compétitivité et le climat en faisant appel à des évaluations indépendantes. Cela prendra évidemment plus de temps.