La santé en chantier : comment améliorer l’hôpital  ?

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En France, on compte 3.042 hôpitaux et cliniques disposaient de 395.670 lits. En photo, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé en pleine crise du COVID-19.
En France, on compte 3.042 hôpitaux et cliniques disposaient de 395.670 lits. En photo, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé en pleine crise du COVID-19. (Crédits : Reuters)
SÉRIE D'ÉTÉ - ÉPISODE 1/5. Un financement moins complexe et rigide, plus de médecins dans les directions, de meilleurs salaires pour les soignants, de meilleurs rapport avec le secteur privé et une cure digitale pour améliorer le parcours de santé du patient. Voilà l’ordonnance dont l’hôpital a besoin pour se rétablir. Pour devenir efficace et simple à utiliser sans faire flamber sa dette, il lui faudra bien plus que la charité.

Avec les annonces successives suite au Ségur de la Santé, le gouvernement veut montrer qu'il a tiré les leçons de la crise sanitaire. Si celle-ci a révélé un hôpital bloqué par une gestion purement administrative, en manque de lits disponibles et de soignants très mal rémunérés, les premières mesures revalorisent le salaire des soignants et en finissent avec la fermeture des lits... Mais cette réforme suffira-t-elle à soigner l'hôpital ? Car pour redevenir efficace et performant, il aura besoin de bien plus que de simple charité.

Les soignants y dénoncent des conditions de travail épouvantables, sa dette ne cesse de s'alourdir, les gouvernements successifs sont atterrés par ce qu'il coûte au pays et, pourtant, les patients en sortent rarement ravis : l'hôpital est malade. Les manifestations à répétition des personnels depuis des années et quelques couacs médicaux retentissants en témoignent, comme ce décès aux urgences faute de prise en charge (17 décembre 2019) ou le froid renvoi d'un appel au Samu vers SOS Médecin avant le décès de la personne qui demandait de l'aide. L'hôpital français a besoin de se réinventer. Mais comment et à quel prix ?

Pendant la crise sanitaire, les hôpitaux publics n'ont jamais été aussi efficaces : des dizaines de lits de réanimation mobilisés en urgence, des parcours de sécurité anti contamination établis en quelques jours, des soignants motivés et des équipes solidaires... Grâce à la mobilisation et au confinement, le nombre de décès a pu être réduit drastiquement : 2.000 morts du COVID-19 par jour début avril, 200 début mai et autour de 30 au mois de juin. Entre temps, toutes les procédures administratives ont été assouplies, les directions des hôpitaux ont passé la main aux médecins et les soignants ont redécouvert leur motivation, même s'ils étaient épuisés.

Trois mois après cette période, le gouvernement semble avoir tiré les leçons de la crise. Avec son Ségur de la Santé, il réforme un peu l'hôpital et augmente les salaires des soignants. Mais cette réforme ira-t-elle vraiment au-delà des quelques ajustements annoncés et de la revalorisation salariale négociée ?

Selon les spécialistes et les soignants, le travail à mener concernait essentiellement cinq points : le financement, la gouvernance, le salaire des soignants, le cloisonnement des pratiques et le numérique. Où en est-on aujourd'hui ?

Coronavirus / Covid-19 : un soignant porte un masque et des lunettes, dans un hôpital en Italie

Remettre des médecins à la tête des hôpitaux

Géré longtemps par des médecins, l'hôpital est passé sous la coupe des gestionnaires et des administratifs voici une trentaine d'années. Leur feuille de route ? Contenir les dépenses, supprimer des postes et des lits, fermer des services, rationaliser, mener la chasse aux gaspillages : faire mieux et plus, avec moins. Avec ces gestionnaires ne connaissent pas les services ni les personnels, l'hôpital a perdu sa boussole au profit de la calculette.

Depuis les années 1990, l'État a en effet tout mis en œuvre pour reprendre les hôpitaux en main. En 1996, il...

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Commentaires
a écrit le 31/07/2020 à 9:09 :
l'hoîtal, c'est l'archetype du sovietisme
hierarchique, inefficace et couteux
y a plein de trucs a faire, au moins, en theorie
en pratique ca va vite se heurter a qui on sait, donc faudra y retourner a la hache...
a écrit le 31/07/2020 à 8:07 :
Pendant ce temps :

La colère continue de monter. Les salariés du secteur de l’aide à domicile ne comprennent pas pourquoi ils ne vont pas tous percevoir une prime pour le travail accompli lors de la période de confinement. Depuis maintenant plusieurs mois, les départements et l’État se renvoient la balle sur le paiement de cette prime. Résultat d’un département à l’autre, les aides à domicile sont loin d’être traitées de la même façon. Différents scénarios se profilent. Il y a d’un côté les départements - plus d'une vingtaine - qui ont annoncé qu’ils verseront une prime. Sauf que les montants diffèrent, allant de 200 euros à 1.500 euros et les conditions pour percevoir les primes ne sont pas non plus les mêmes. De l’autre côté, il y a des départements qui ont annoncé qu’ils ne verseront rien, renvoyant la responsabilité à l’État. Et au milieu, ceux qui n’ont pas encore fait connaître leur décision.

Pour les différentes associations et fédérations du secteur, cette situation n’est pas tenable. Dans un courrier envoyé le 21 juillet dernier au Premier ministre, une vingtaine d’entre elles dénoncent cette situation arguant que c’est “incompréhensible pour ces professionnels qui ont exercé tous les jours, sur tous les territoires, pour certains la peur au ventre, souvent sans les équipements nécessaires, un travail indispensable qui aura permis de contenir la propagation du virus et de soulager les professionnels de santé”. Elles demandent l’organisation d’une réunion pour trouver une solution.
a écrit le 31/07/2020 à 7:45 :
"Comment améliorer l'hôpital" interroge l'article ? En fermant et en fusionnant des établissements et en fermant des lits, ce qui permet de financer au passage les revalorisations salariales annoncées. Confère la situation dans le Grand Est, et à Mulhouse en particulier, avec le feuilleton de l'Ars. Tout simplement.
a écrit le 30/07/2020 à 19:24 :
Améliorer, ça sent le bricolage.
On va donc jeter de l'argent ( qu'on n'a pas) par les fenêtres.
Le chantier est immense, bien au delà de nos finances. "On" va nous dire que c'est trop cher, proposer des partenariats public/privé vers une privatisation rampante de la santé. La santé, le marché du siècle où il y a un "pognon de dingue à se faire".
a écrit le 30/07/2020 à 17:36 :
"et en finissent avec la fermeture des lits..."

Pas sur :

Lors d'un entretien au quotidien régional l'Est Républicain, en avril ,le directeur de l'Agence régionale de santé n'a pas remis en cause la suppression de 598 postes et 174 lits d'ici 2025, prévu dans les orientations du Copermo, le comité interministériel de performance et de la modernisation de l'offre de soins. Pour l'instant ,les plans de réorganisation sont juste suspendus par Olivier Veran suite au covid ensuite ,mystère .
a écrit le 30/07/2020 à 17:26 :
En arrêtant de vouloir faire bêtement du fric sur la santé des gens, comme si c'était possible sans détériorer cette même santé. Le néolibéralisme n'est qu'une forme du nihilisme.
a écrit le 30/07/2020 à 16:20 :
L'hôpital doit revenir à sa fonction 1ere de centre de soin associé à sa culture d'amélioration en continue des prises en charge des patients et des protocoles cliniques associés.
Cela n'interdit pas qu'il ait un budget et des indicateurs de fonctionnement, mais qui soient plutôt orientés sur l'utilité et la performance de la fonction soin, que sur la performance de la gestion comptable, avec une analyse de type industriel ( par ex surveillance du TX d'utilisation des équipements et services à rapprocher au nbre et au type de soins pratiqués, ceci afin d'identifier soit des goulots d'étranglement, soit des capacités disponibles pour de nx types de soins ou mutualisables pour d'autres établissements publics ou privés de proximité).
Cela n'interdit pas qu'on assure une gestion rigoureuse des ressources et que l'on surveille ttes les dérives éventuelles de nature à porter atteinte à la qualité des soins ( absentéisme anormal, déficit en stock de produits et consommables stratégiques, ou surstocks non essentiels générant des pertes pour obsolescence ou péremption dépassée, TX d'indisponibilité des matériels suite pannes ou maintenance, saturation des services et causes, dérive des coût de sstraitance...).
Bien sûr, en matière de staff, la vision médicale sur le rôle de l'hôpital et son utilité est primordiale sur le présent et le futur, mais il faut garder en mémoire ce qui reste essentiel: une gestion complexe et contraignante au quotidien tt en s'efforçant de mobiliser la bonne ressource au bon endroit et au bon moment...
Dc, un médecin comme patron ok! garant du bon usage de la technicité et de la technologie, mais qui soit aussi bon gestionnaire...la martingale.
a écrit le 30/07/2020 à 11:22 :
nos premiers de cordée savent bien pérorer cela les rend pernicieux en résultats
a écrit le 30/07/2020 à 10:47 :
5 millions de fonctionnaires , la réponse est dans la question.
a écrit le 30/07/2020 à 10:18 :
le système de santé est déjà très bon. notamment parce-que la France est un des pays qui investit le plus dans ce domaine. et un tiers de la dépense va à l'hôpital, contre une moyenne de 29% pour les pays de l'UE (Les Echos, 28/11/2019).
du coup, la France est le pays le plus performant sur les morts évitables (Eurostat ; Commonwealth Fund). Eurostat vient d'ailleurs de confirmer, dans une publication du 21 juillet dernier, que la France a le plus faible taux de mortalité de l'UE. l'Allemagne a le plus fort taux de mortalité parmi les pays développés de l'UE.
a écrit le 30/07/2020 à 10:18 :
Ils en sont toujours a se poser la question pour avoir l'air de s'en occuper, mais dans deux ans la réponse ne sera pas trouvé! Faire de la com revient bien moins cher!
a écrit le 30/07/2020 à 10:18 :
Il en sont toujours a se poser la question pour avoir l'air de s'en occuper, mais dans deux ans la réponse ne sera pas trouvé! Faire de la com revient bien moins cher!

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