Le coup de frein de l'économie mondiale pèse sur l'activité des ETI françaises

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(Crédits : Emmanuel Foudrot)
Le ralentissement de l'économie internationale, les tensions commerciales et technologiques, ont des répercussions sur l'optimisme des dirigeants d'entreprises de taille intermédiaire rappelle la dernière enquête de conjoncture réalisée par Bpifrance et la direction générale des entreprises. Plus de 40% des ETI françaises ont une activité à l'international.

La confiance des chefs d'entreprises très présentes sur la scène internationale s'érode. Selon la dernière enquête de conjoncture réalisée par Bpifrance et la direction générale des entreprises (DGE) installée au ministère de l'Economie, les entreprises  de taille intermédiaire (ETI) exposées aux marchés extérieurs souffrent de la dégradation de la conjoncture mondiale.

Dans son dernier bulletin, le fonds monétaire international (FMI) a abaissé ses prévisions de croissance pour l'économie mondiale à 3,2% en 2019 et 3,5% en 2020 contre 3,3% et 3,6% en avril. Les tensions commerciales et technologiques, les incertitudes qui entourent l'issue du Brexit, le coup de frein dans les économies émergentes ont amené la plupart des prévisionnistes à revoir à la baisse leurs projections.

> Lire aussi : L'économie mondiale s'essouffle plus que prévu selon le FMI

Forte dégradation pour les ETI exportatrices

L'examen détaillé des résultats de la banque publique indique que le solde des opinions des dirigeants anticipant un développement de leur activité a dégringolé de 23 points en un an passant de 76% à 53%. 62% des ETI qui réalisent au moins un quart de leur chiffre d'affaires à l'international prévoient une expansion de leur activité en 2019 et 9% anticipent un recul. Les entreprises moyennes qui exportent un peu moins (entre 5% et 25% de leur chiffre d'affaires à l'international) "voient leur indicateur d'activité reculer de 15 points (à 36)".

Les firmes davantage tournées sur le marché intérieur semblent bien mieux résister aux soubresauts de l'économie mondiale. Les auteurs de la note de conjoncture expliquent par exemple que la construction connaît un regain d'activité sur un an (+60%, +12 points) tout comme le commerce, les transports ou l'hébergement restauration avec un indicateur à 39% (+4 points sur un an).

Les carnets de commandes se remplissent difficilement

Sans surprise, les carnets de commandes se remplissent à un rythme plus modéré qu'en 2018. L'outil qui mesure les prévisions des carnets de commandes est en repli de 13 points sur un an passant de 33% à 20%. Tous les secteurs économiques sont concernés par cette tendance et plus particulièrement le commerce, les transports et l'hébergement-restauration qui enregistrent une baisse de 20 points sur un an du solde d'opinion relatif aux carnets de commandes.

Ralentissement des effectifs

Sur le front de l'emploi, les conjoncturistes prévoient un renforcement des effectifs à un rythme plus modéré qu'en 2018. "Seuls les Services aux entreprises comptent accélérer légèrement leurs embauches (+2 points) en 2019" précisent les économistes. Outre les créations d'emplois, les difficultés de recrutement se renforcent. Au cours des 12 derniers mois, 43% des entreprises de taille intermédiaire ont exprimé de profondes difficultés contre 36% en 2017. "Les ETI, qui ont plus de 95% de leur effectif salarié en France pâtissent le plus d'importantes difficultés de recrutement (43% d'entre elles contre 37% chez les autres ETI". 80% des entreprises interrogées évoquent une inadéquation entre les attentes de l'entreprise et celles des candidats. 45% des chefs d'entreprise d'interrogés évoquent l'entreprise elle-même et son organisation.

> Lire aussi : 60% des entreprises de plus de 10 salariés ont des difficultés de recrutement

Une trésorerie dégradée en 2018

L'autre résultat marquant de l'enquête est que l'état de la trésorerie dans les différentes catégories d'ETI s'est détérioré l'année dernière après plusieurs années favorables, à l'exception des plus petites. Au niveau des secteurs, "le contraste reste prononcé entre les ETI des services (solde d'opinion à +21) et celles du groupe Commerce, transport, hébergement-restauration (-8 points)". Face au coup de frein de l'économie à venir, les résultats collectés pendant l'enquête pointent "vers des trésoreries un peu plus tendues en 2019. C'est notamment le cas pour les ETI internationalisées".

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Commentaires
a écrit le 24/07/2019 à 9:00 :
"80% des entreprises interrogées évoquent une inadéquation entre les attentes de l'entreprise et celles des candidats."

C'est un problème facile à régler en augmentant tout simplement les salaires mais la politique de dumping social imposé par l'europe empêche toute évolution vertueuse dans ce sens, pire ne faisant qu'accentuer baisse du pouvoir d'achat et donc de croissance.

BIenvenu en UERSS, empire prévu pour durer mille ans.
Réponse de le 25/07/2019 à 6:19 :
Effectivement, les métiers qui font l'objet de dumping ne sont plus du tout attractifs. L'erreur de notre pays est d'avoir dévalorisé des métiers avec une forte valeur ajoutée comme l'informatique. L'ouverture de services offshore nous a obligé à niveler par le bas la qualité, devant adapter nos méthodes à des normes qui dégradent la qualité de nos développements. De leader sur ce marché, nous devenons suiveur. De plus, les entreprises cherchent en France des "profils" qui n'existent pas, et qui n'ont même jamais existé. Si ces profils recherchés n'étaient pas établis par des commerciaux, on arriverai peut-être à remettre les pieds sur terre et trouver chaussure à son pied...
Réponse de le 25/07/2019 à 9:29 :
Et ça doit durer encore 920 ans... -_-

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