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Le FMI presse la France de redresser sans tarder ses finances publiques

latribune.fr

Publié le 16 juillet 2024 à 16:08 - Mis à jour le 16 juillet 2024 à 22:10

Le FMI met la pression sur la France pour que le pays redresse sans tarder ses finances publiques. (photo d'illustration)

Le FMI met la pression sur la France pour que le pays redresse sans tarder ses finances publiques. (photo d'illustration)

Yuri Gripas

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L'Hexagone doit rapidement agir sur sa « trajectoire budgétaire » s'il veut « recréer des marges de manœuvre », a estimé, ce mardi, le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas. Et ce, alors que le pays reste toujours dans l'incertitude sur le plan politique, une dizaine de jours après la tenue des élections législatives.

Après la Cour des comptes lundi, c'est une autre institution, le Fonds monétaire international (FMI) qui presse la France, ce mardi, de mettre en ordre ses finances publiques.

« Il est important de rassurer les marchés mais aussi de recréer des marges de manœuvre. Il ne s'agit pas simplement de faire plaisir aux investisseurs, mais de permettre de baisser la prime de risque et pouvoir engager des dépenses sur des nouveaux chantiers, que ce soit la défense ou le climat », a déclaré à l'AFP, le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas.

Pour rappel, la prime de risque représente un surcoût intégré au taux d'emprunt de la France afin de financer sa dette, qui prend en compte le risque que les investisseurs estiment prendre en pariant sur des obligations à terme (OAT) françaises.

Le chef économiste du Fonds s'exprimait ce mardi à l'occasion de la présentation de la dernière actualisation de son rapport annuel sur l'économie mondiale (WEO), dans lequel il anticipe une croissance de 0,9% en 2024 pour la France, mieux que les 0,7% anticipé en avril dernier.

Un « ajustement » nécessaire de la trajectoire budgétaire

« Sans ajustement sérieux » de la trajectoire budgétaire, « il va être difficile d'atteindre les objectifs d'un retour du déficit à 3% du PIB pour 2027 », a ajouté Pierre-Olivier Gourinchas, rappelant que la France a été placée mi-juin en procédure de déficit excessif par la Commission européenne.

« Le situation actuelle augmente l'incertitude économique, qui peut dériver du processus politique mais également d'une incertitude importante quant à la trajectoire budgétaire qui sera mise en place »,a-t-il insisté.

« Il est nécessaire de réduire cette incertitude et d'avoir un accord qui soit le plus large possible pour prendre en compte cette situation budgétaire. Il faut que l'on soit capable de disposer de marges pour faire face aux chocs futurs car elles sont aujourd'hui très faibles », a-t-il précisé.

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Le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé ce mardi qu'il acceptera la démission de son gouvernement dans la journée, qui sera ensuite chargée de gérer les « affaires courantes » le temps qu'un nouveau gouvernement puisse être nommé.

La période de transition pourrait cependant « durer un certain temps », vraisemblablement jusqu'à la fin des Jeux olympiques au moins, dans la mesure où le bloc arrivé en tête, le Nouveau Front populaire (NFP) tarde à s'entendre sur le nom d'un potentiel nouveau Premier ministre, et que le nouvel exécutif devra dans tous les cas composer avec une Assemblée nationale sans majorité claire.

La Cour des comptes sceptique sur le désendettement du pays

Dans son rapport sur la situation des finances publiques présenté lundi 15 juillet, la Cour des comptes s'inquiète elle aussi de la gestion des comptes publics par le gouvernement. Les magistrats financiers s'interrogent notamment sur la trajectoire budgétaire de l'exécutif, détaillée en avril à la Commission européenne dans le programme de stabilité (« PSTAB »). Celle-ci repose sur « des hausses importantes » des prélèvements obligatoires supplémentaires, à savoir « quelque 21 milliards d'euros » en cumul pour les années 2025 et 2026, a expliqué son premier président, Pierre Moscovici, devant la presse.

Précisément, selon le rapport, la trajectoire « intègre des mesures de hausses d'impôts d'ampleur, à hauteur de 15 milliards d'euros en 2025 et de 6,2 milliards d'euros en 2026, soit 21,2 milliards à cet horizon ». Alors où l'exécutif compte trouver ces 21 milliards d'euros de prélèvements supplémentaires ? Pour l'expliquer, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, met en avant la fin du bouclier tarifaire destiné à limiter les hausses des tarifs réglementés sur l'électricité, mis en place en 2022. Mais cette manne financière, qui a bien été identifiée par la Cour des comptes, est évaluée par les magistrats financiers à un gain de « 4 milliards d'euros en 2025 ».

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« Pour le reste(17 milliards, ndlr), on n'a aucun élément »,relève Carine Camby, présidente de la première chambre de la Cour des comptes.« Ce n'est pas du tout documenté. Il n'y a absolument pas d'éléments précis pour dire à quoi ce serait dû »,poursuit-elle.

Outre ce manque de réalisme, la juridiction financière administrative pointe l'épée de Damoclès qui repose au-dessus des comptes publics. « Les scénarios alternatifs testés par la Cour des comptes montrent que tout écart par rapport aux prévisions de croissance, de dépenses ou de recettes suffirait à faire dérailler la trajectoire et à manquer les cibles de déficit et de dette pour 2027 », prévient-elle.

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Le FMI table sur une croissance mondiale de 3,2% en 2024

Le Fonds monétaire international (FMI) a maintenu inchangée ce mardi sa prévision de croissance mondiale pour 2024, à 3,2%, anticipant notamment une amélioration de la croissance en Chine et en Inde, mais confirmant les précédentes anticipations pour les économies avancées. Pour la troisième et dernière actualisation de son rapport annuel sur l'économie mondiale (WEO), le FMI a indiqué toujours s'attendre à une croissance de 3,2% pour 2024, améliorant légèrement sa prévision pour 2025 à 3,3% (+0,1 point de pourcentage).

Malgré tout, la croissance mondiale reste sur une tendance de moyen terme historiquement basse, à peine supérieure à 3,2% depuis deux ans et pour les prochaines années en moyenne, loin des 3,8% observés sur la période 2000 à 2019, et plus encore le siècle dernier.

« Nous avons deux domaines d'inquiétudes », a alerté le chef économiste du FMI, Pierre-Olivier Gourinchas, interrogé par l'AFP. « L'une concerne la trajectoire budgétaire d'un certain nombre de pays où les finances publiques ont été très sollicitées (...), la seconde concerne les politiques industrielles et commerciales, le risque de fragmentation géo-économique », a-t-il détaillé.

(Avec AFP)

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