Déficit excessif de la France : le coup de massue asséné par Bruxelles au gouvernement
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Le ministre des Finances Bruno Le Maire.
Reuters
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Le couperet est tombé. Sans vraiment de surprise, la Commission européenne a annoncé la mise sous procédure pour déficit excessif de la France ce mercredi. Outre l'Hexagone, ces procédures « sont justifiées » pour l'Italie, la Belgique, la Hongrie, la Pologne, la Slovaquie et Malte, a annoncé la Commission. La Roumanie était déjà sous le coup de cette procédure disciplinaire depuis 2019. « Le critère des déficits n'est pas respecté dans 7 Etats membres », a déclaré le commissaire européen à l'Economie, Paolo Gentiloni, lors d'un point presse.
Dans le collimateur de Bruxelles depuis plusieurs années, l'Hexagone se fait taper sur les doigts en pleine campagne des législatives. À moins de deux semaines du scrutin, cette décision risque de donner des arguments aux opposants de la majorité engagés dans la féroce bataille des élections. Habituellement prompt à réagir à ce type de décision, Bercy est resté relativement discret. Attendu ce vendredi 21 juin pour un sommet informel des ministres des Finances à Bruxelles (conseil Ecofin), Bruno Le Maire pourrait se retrouver isolé compte tenu de la situation politique troublée en France et de son poste de ministre en sursis.
Après l'annonce fracassante de la dissolution de l'Assemblée nationale, la Macronie est repartie en campagne déterminée à sauver sa fragile majorité au Palais Bourbon. Avec pour objectif de convaincre une nouvelle fois les Français, le chef de l'Etat a mobilisé ses troupes la semaine dernière sur le redressement des comptes publics, lors d'une conférence de presse donnée au pavillon Cambon à Paris. « Nous voulons encourager les Français au travail et non à l'inactivité. Cette ambition passera par le sérieux budgétaire sous peine d'appauvrir les épargnants », a tonné le chef de l'Etat devant un parterre de ministres, toujours secoués par la dissolution de la chambre haute.
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Mais cette mise sous procédure par les instances bruxelloises est une claque pour la majorité. Pour rappel, le déficit public de la France a atteint 5,5% du PIB l'an dernier contre 4,9% prévu et le gouvernement prévoit de légèrement le réduire à 5,1% cette année. « Le déficit révisé à 5,1% du PIB est une prévision encore optimiste », juge Christopher Dembick, économiste chez Pictet Asset Management. Surtout, la croissance économique est loin d'être au rendez-vous pour espérer un redressement des comptes publics rapide. En effet, la Banque de France vient de réviser son chiffre de croissance de 1,5% à 1,2% pour 2025.
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