Le gouvernement tente de rassurer les agriculteurs exclus des zones défavorisées

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Au total, 3.555 communes supplémentaires intégreront la nouvelle carte qui doit remplacer à partir du 1er janvier 2019 la carte actuelle, datant de 1976, et qui compte 10.429 communes.
Au total, 3.555 communes supplémentaires intégreront la nouvelle carte qui doit remplacer à partir du 1er janvier 2019 la carte actuelle, datant de 1976, et qui compte 10.429 communes. (Crédits : © Pascal Rossignol / Reuters)
Depuis plusieurs jours, les agriculteurs sont inquiets de la nouvelle carte redéfinissant les zones défavorisées, qui doit entrée en vigueur en 2019. Celle-ci modifiera les bénéficiaires de l’indemnité compensatrice de handicap naturel (ICHN) hors montagne. Si le texte prévoit une augmentation de 13% des agriculteurs concernés, certains départements continuent de poser problème et se sentent oubliés.

Depuis plusieurs jours, des agriculteurs manifestent dans toute la France contre le projet de réforme des zones agricoles défavorisées, un classement qui permet aux exploitants installés dans ces zones de percevoir l'Indemnité compensatrice de handicap naturel (ICHN) hors montagne.

La nouvelle carte, qui doit bientôt être remise par le ministère de l'Agriculture au président de la République, après validation par la commission européenne, est appelée à remplacer au 1er janvier 2019 la carte actuelle, qui date de 1976.

L'Union européenne a demandé à la France de revoir la carte actuelle de ces zones, qui détermine notamment le versement de l'ICHN hors montagne, une aide à laquelle est consacré chaque année un peu plus d'un milliard d'euros.

Dans l'hypothèse de travail actuelle du ministère, près de 60.000 agriculteurs pourraient bénéficier de l'ICHN au 1er janvier 2019 contre environ 52.500 dans la version précédente, une augmentation de 13%. Au total, 3.555 communes supplémentaires intégreront la nouvelle carte qui doit remplacer à partir du 1er janvier 2019 la carte actuelle, datant de 1976, et qui compte 10.429 communes.

Mais, selon le ministère, certains départements continuent de poser problème comme le Gers, l'Indre-et-Loire, l'Aveyron ou les Deux-Sèvres, qui risque d'être le plus grand perdant de la réforme.

Un accompagnement financier pendant deux ans

Alors que plusieurs mobilisations ont lieu ces derniers jours, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux a souligné jeudi à Toulouse que les agriculteurs exclus des aides européennes après la refonte de la carte des "zones défavorisées" bénéficieraient d'un "accompagnement" financier pendant deux ans.

"Il y aura un accompagnement pour ceux qui sortent", a assuré M. Griveaux lors d'un point de presse informel peu avant la 3e "Rencontre du porte-parole" avec les Français, après Tours et Lyon.

Cet accompagnement, "c'est 80%, pour la première année, du montant qui a été touché l'année d'avant", a-t-il affirmé.

"C'est seulement 20% l'année d'après", a-t-il poursuivi. "Après, il faut sans doute un accompagnement renforcé", a dit le ministre.

La perte de l'ICHN représenterait pour les exploitants concernés "une perte importante de revenus", a reconnu M. Griveaux, selon lequel le gouvernement "ne minimise en rien" cette perte.

"C'est pour cela qu'on va accompagner" ces agriculteurs, a-t-il dit, rappelant que dans la nouvelle carte, quelque 5.000 exploitants en sortiraient quand environ 10.000 y rentreraient.

"On va passer au total de 55.000 bénéficiaires à plus de 60.000", soit "plus de 13% du nombre d'exploitations qui vont bénéficier d'aides", a-t-il rappelé.

1.000 jeunes agriculteurs reçus à l'Elysée

Face aux actions de protestation contre la refonte de la carte des zones défavorisées, qui se sont multipliées ces derniers jours en France, l'Elysée a annoncé que le président Emmanuel Macron recevrait jeudi à l'Elysée environ 1.000 jeunes agriculteurs, deux jours avant la journée qu'il passera au Salon de l'agriculture samedi.

Comme pour la soirée avec un millier de maires en novembre, les préfets ont été priés par la présidence de choisir chacun une dizaine d'agriculteurs de moins de 35 ans et installés l'an dernier pour les inviter à cette "réception de la nouvelle génération agricole".

Ainsi des agriculteurs des Deux-Sèvres ont bloqué mercredi et jeudi des tronçons des autoroutes A10 et A83. Dans ce département le projet de réforme enlèverait à un millier d'éleveurs, répartis dans 200 communes, cette aide qui peut représenter jusqu'à la moitié de leurs revenus, selon la FNSEA.

Des agriculteurs ont  aussi organisé des barrages filtrants aux entrées d'Auch et de Pau ou encore d'Orléans et de Vierzon. Des manifestations hebdomadaires sont aussi organisées dans l'ouest, pour faire pression sur la grande distribution.

(avec AFP)

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a écrit le 18/02/2018 à 9:40 :
Ils est claire qu'ils est difficile de faire pousser des tomate a 2000 mètres d'altitude, mais bon, ils n'y a pas vraiment de zone défavorisé en France.... Çe n'est pas désertique.
Par compte, la montagne s'est surtous pour l'élevage, à condition de respeçter la biodiversité ( l'ourse, les loups) . Donc l'exploitation des terres doit être correct et intelligent.
Ensuite ils me semble important de mettre en exploitation certaine zone française, creation dè par-feux dans le sud-est par pâturages de moutons et auguemantation des zones cultivable en Guyane .
a écrit le 17/02/2018 à 19:53 :
Savez vous que 1,8 milliards d’euros d'aides européennes ont été indûment touchées par certains agriculteurs ?

https://www.latribune.fr/actualites/economie/france/20150127trib6dde50d5d/la-france-devra-rembourser-un-milliard-d-euros-d-aides-agricoles.html

Les agriculteurs qui ont indûment touché cet argent non rien remboursé.
800 millions d’euros ont été non remboursés à l’Europe, soit 800 million d’euros de cadeaux fait par les contribuables européens à ces personnes.
1 milliard d’euros ont été remboursés par la France, soit 1 milliard d’euros de cadeaux fait par les contribuables français à ces personnes.
Ensuite allez voir sur le site Internet suivant pour savoir quel montant touche chaque agriculteur :

https://www1.telepac.agriculture.gouv.fr/telepac/tbp/accueil/accueil.action

A titre d'exemple, une année, le plus gros producteur de vin du Gers réalise plusieurs millions d'euros de bénéfices et engrange, cette même année, plus de 100.000 euros "d'aides" européennes.
Ce système est ubuesque...
Réponse de le 18/02/2018 à 9:45 :
Ils est claire que l'agriculture est trops subventionner.... Mais bon ils n'est pas simple de renoncer à certain cadeau habituelle depuis 20 ans.
Mais avant toute chose s'est aussi très mal répartis, beaucoups pour certain et peux pour d'autre..
a écrit le 17/02/2018 à 8:35 :
un titre plus juste aurait été : " ..... le gouvernement tente d'ENFUMER les agriculteurs " ...... sans surprise !
a écrit le 17/02/2018 à 7:24 :
ICHN est une aide donner pour les zones défavorisées a l’élevage, l'ouvrir a des zones nouvelles (3555 communes) sans élevage n'a pas d'intérêt. La perte de cette aides dans certaine communes signifie a court terme la baisse voir la fin de l’élevage au profit des grandes cultures.
a écrit le 16/02/2018 à 15:50 :
J'espère que ces jeunes agriculteurs ne se laisseront pas embobiner par Macron....car au delà du blabla même en anglais 😎 (et on le voit bien sur la scène internationale), ses discours creux masqués par des formules pseudo littéraires et des références à des philosophes ou historiens pompées hâtivement sur Wikipédia, il se fiche bien d'eux....d'ailleurs il ne les reçoit pas à Versailles....😁
a écrit le 16/02/2018 à 15:39 :
Moi qui pensais que les agriculteurs étaient opposés à l'Europe.
Des aides sont nécessaires pour les petits exploitants, mains on ne pourra subventionner tout le monde, sinon autant créer des kolkhozes.
a écrit le 16/02/2018 à 11:50 :
"une aide à laquelle est consacré chaque année un peu plus d'un milliard d'euros."On va passer au total de 55.000 bénéficiaires à plus de 60.000".

Un milliard d'euros pour 55.000 bénéficiaire,pas mal.Au fait ,je croyais qu'ils ne voulaient vivre que de leur travail ?
Réponse de le 16/02/2018 à 14:24 :
Bien dit CQFD.
a écrit le 16/02/2018 à 10:28 :
"quelque 5.000 exploitants en sortiraient" parce qu'ils en sont pas en zone bancale (relief du terrain) ? Ceux qui en sortent, même en en ajoutant deux fois plus, c'est par quel raisonnement, c'est pas au hasard ? Avant, oui, après révision, non, entre les deux y a une pensée humaine ou administrative (pile/face ?).
Peut-être raisonné comme le bio, censé être autosuffisant car plus cher et va être obligatoire à 50% en restauration collective donc aides terminées ? (pendant 2 ans, ils ne peuvent vendre en bio, et il faut payer régulièrement un organisme de contrôle/certification pour "garantir" le label, me semble).
Réponse de le 16/02/2018 à 21:40 :
Ce sont les agriculteurs concernés qui paient eux-mêmes les organismes de certification, y compris en bio.
a écrit le 16/02/2018 à 9:39 :
Bon chien lui dit son maitre chasseur avant de lui mettre un coup de fusil.

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