Le gouvernement veut séduire à nouveau le secteur du logement social

 |   |  510  mots
(Crédits : Unsplash/Hernan Lucio)
L'ex-1% Logement et le ministre de la Cohésion des territoires ont conclu, ce mardi 16 janvier 2018, une nouvelle convention quinquennale. Comme une préfiguration du projet de loi Elan, il y est question de logement social et de financement de la rénovation urbaine.

« Nous sommes dans une gare (du nom du lieu-hôte des vœux, NDLR) mais ce n'est pas un terminus. Nous allons avancer et transformer ce pays ». Six mois après la polémique sur la baisse des APL, Jacques Mézard, le ministre de la Cohésion des territoires se félicite de la nouvelle convention signée avec Action Logement afin de « réaffirmer leur soutien au secteur du logement social ». Si Jacques Chanut, également chef d'entreprise dans le BTP et président de la FFB, quitte la présidence de l'ex-1 % Logement pour ne pas interférer avec les élections au MEDEF, l'ex-sénateur radical-rural confirme la création prochaine d'une structure de portage pour faciliter la vente de logements sociaux par des organismes HLM.

5 à 10 milliards d'euros pour la rénovation urbaine ?

Comme lors de la présentation de la stratégie Logement le 20 septembre dernier, Jacques Mézard ne veut chasser personne, mais tient beaucoup à cet « organisme fluidificateur » tout en rappelant qu'il n'est « pas question de se lancer dans des opérations spéculatives ». Action Logement portera les démarches des bailleurs et, au bout d'un délai raisonnable, les biens reviendront à l'organisme initial.

Le ministre, qui devrait présenter son projet de loi Évolution du logement et aménagement numérique (ELAN)  en avril prochain, remet sa casquette de chargé de la cohésion des territoires pour défendre le passage de 5 à 10 milliards d'euros pour le plan national de la rénovation urbaine. Après le discours de Macron à Roubaix mi-novembre pour le 40ème anniversaire de la politique de la ville, les actes : « éviter le développement d'une dérive qui fait qu'en partie, la République s'est retirée de ces quartiers ».

40.000 logements pour les jeunes

Qui dit doublement d'un programme pense à recherche de financements. Fin février 2018, le temps d'en réaliser l'inventaire, Action Logement présentera la cession de ses activités non-concurrentielles. En clair, l'idée est de « vendre ce qui n'a pas de plus-value sociale » comme les sociétés de promotion ou agences immobilières.
2 milliards d'euros de prêt de haut de bilan seront également octroyés par la Caisse des Dépôts afin de soutenir l'investissement des organismes de logement social. Là encore, avec l'arrivée récente d'Eric Lombard à la direction générale de la CDC, seule une rencontre a eu lieu la première semaine de janvier. La discussion est encore en cours et aucune directive n'est établie. « Nous avons un rôle immobilier d'action qui donne des objectifs » précise Jacques Chanut.

Parmi les autres mesures, 50 millions d'euros pour les aides à la pierre, le co-financement de 40.000 logements pour les jeunes, le financement de la production de logements locatifs intermédiaires, la lutte contre la précarité énergétique et des aides à la rénovation. Le chiffre de 500.000 logements réhabilités par an, répété sans cesse sous le quinquennat précédent, a simplement disparu des écrans radars. Mais le sujet demeure au coeur des enjeux du secteur du BTP.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 17/01/2018 à 9:54 :
Souvenir de gavage :

Le 22 octobre 2009, les administrateurs de l'autorité de contrôle du 1 % logement, l'Anpeec*, ont eu un choc en prenant connaissance d'un rapport confidentiel sur les salaires en vigueur chez les collecteurs, ces organismes chargés de récolter l'argent du 1 %. « On se doutait que les rémunérations des directeurs étaient élevées, mais à ce point… » grince un syndicaliste. De fait, les chiffres présentés dans ce document secret que « le Parisien » - « Aujourd'hui en France » s'est procuré sont impressionnants : sur 89 directeurs généraux de collecteurs, trois déclarent gagner plus de 200 000 € par an, 19 affichent entre 150 000 € et 200 000 €, et 31 perçoivent entre 100 000 € et 150 000 € ! Et encore ne s'agit-il là que des salaires : ni les primes, ni les indemnités de départ, ni les éventuelles retraites chapeaux ne sont signalées.
« C'est surtout stupéfiant quand on connaît la taille de ces organismes », poursuit cet administrateur. Au mieux, les grands collecteurs comptent quelques centaines de salariés. Quant aux petites structures, où les salaires atteignent 6 000 € à 8 000 € par mois, elles comptent parfois moins de dix collaborateurs. Dans l'Ouest, un directeur a préféré refuser un rapprochement plutôt que de dévoiler sa fiche de paye !

* Agence nationale pour la participation des employeurs à l'effort de construction.
a écrit le 17/01/2018 à 9:46 :
"Si Jacques Chanut, également chef d'entreprise dans le BTP et président de la FFB, quitte la présidence de l'ex-1 % Logement pour ne pas interférer avec les élections au MEDEF"

Fondé en 1943 dans le Nord, à l’initiative du patronat textile roubaisien, le « 1 % » obligeait à l’origine les entreprises d’au moins dix personnes à consacrer 1 % de leur masse salariale à la construction de logements, l’argent étant versé à des « collecteurs », appelés Comités interprofessionnels du logement (CIL).
Hélas, avec le temps, les prélèvements ont été sérieusement rabotés : en 1992, la ponction a été ramenée à 0,45 % et, depuis 2006, seules les sociétés de plus de vingt salariés sont concernées. ... / ... Le « 1 % » est censé être paritaire, mais dans les faits les syndicats sont souvent débordés, inattentifs ou divisés. Résultat : ce sont surtout les représentants du patronat qui mènent la danse.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :