« Le Made in France est une condition nécessaire » pour évaluer les patrons du CAC 40 (VcomV)
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LA TRIBUNE- Dans votre étude sur les groupes et les dirigeants du CAC40, Bernard Arnault arrive à la première place du classement, suivi de Guillaume Faury, Luca de Meo, Axel Dumas et Benoit Bazin. Quels enseignements tirez-vous de ce classement ?
VINCENT DE LA VAISSIERE- Premier enseignement : en France, nous n'avons pas de pétrole mais, pour reprendre les cinq premiers de l'étude, nous avons du Luxe (LVMH et Hermès), des fleurons industriels (Airbus, Renault et Saint-Gobain) et des idées. Nous avons la chance insigne d'avoir deux « leaders » mondiaux : LVMH et Airbus, deux « leaders » que le monde entier nous envie.
Deuxième enseignement : le savoir-faire dans la gestion des crises est un critère déterminant. Les crises glissent sur LVMH qui n'a de dépendance à rien : ni à une matière première, ni même à une géographie. Les résultats montent jusqu'au ciel et Bernard Arnault ne doit son succès qu'à lui-même et au génie créatif de ses 80 maisons. Luca de Meo, c'est le dirigeant qui a essuyé le plus de crises en 2022 : crise industrielle avec Renault qui a frôlé la faillite, crise actionnariale avec Nissan et crise géopolitique à cause de la Russie. Il a su gérer tout cela avec beaucoup de sang-froid et en homme providentiel car c'est lui qui a sauvé Renault. Quant à Guillaume Faury, il a fait de la dentelle au moment du Covid en ajustant, à la baisse comme à la hausse, les cadences de production tout en prenant le plus grand soin de sa filière et de l'ensemble de ses sous-traitants.
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Troisième enseignement : le thème de la souveraineté est revenu très fort et il oblige les dirigeants à jouer plus que jamais la carte du « Made in France » à cause de la Chine et de la Russie mais aussi en raison de la désindustrialisation française qui a été très profonde. De ce point de vue-là, Axel Dumas, chez Hermès, est très bien placé tant son entreprise honore la France et ses métiers d'art : 80 % des produits Hermès sont fabriqués en France, qui dit mieux ? Quant à Luca de Meo, son Renault à lui, c'est le Renault de l'Électrique à Douai et à Maubeuge et c'est tant mieux car quand on réindustrialise, c'est la colère sociale qui faiblit.
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