Le monde de la culture, suspendu aux annonces de Macron, attend des mesures fortes

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Photo d'illustration. Si les librairies, galeries et petits musées doivent rouvrir lundi, les cinémas, salles de concerts, théâtres et les autres musées vont rester rideau tiré jusqu'à nouvel ordre.
Photo d'illustration. Si les librairies, galeries et "petits" musées doivent rouvrir lundi, les cinémas, salles de concerts, théâtres et les autres musées vont rester rideau tiré jusqu'à nouvel ordre. (Crédits : DR)
A l'heure où les commerces se préparent à rouvrir, la culture et ses 1,3 million d'emplois trépignent avant les annonces, ce mercredi, du président Emmanuel Macron, espérant ne plus être "la dernière roue du carrosse" dans la crise inédite liée au coronavirus. Voici un tour d'horizon des attentes et appréhensions des professionnels du secteur.
  • Rouvrir

"Dans les salles de public debout, on a été les premiers à fermer et on sera les derniers à rouvrir. Les gens serrés dans une fosse, c'est antinomique avec les gestes barrières", s'inquiète Aurélie Hannedouche du Syndicat des musiques actuelles, interrogée par l'AFP.

Si les librairies, galeries et "petits" musées doivent rouvrir lundi, les cinémas, salles de concerts, théâtres et les autres musées vont rester rideau tiré jusqu'à nouvel ordre, avec des conséquences financières désastreuses. "La situation sera réévaluée fin mai pour une décision effective au 2 juin", a rappelé lundi le Premier ministre.

Reste que le secteur a désespérément besoin d'un échéancier pour gérer a minima les dossiers d'assurance et tenter de se projeter. A Paris, l'adjoint à la Culture, Christophe Girard, imagine un calendrier de reprise en quatre étapes s'achevant en août, avec un "mois" de la culture à Paris, a-t-il annoncé au magazine Télérama.

La grande question pour le secteur reste comment concilier la situation sanitaire avec des lieux où convivialité rime avec promiscuité ?

Sur ce point, le Pr François Bricaire, infectiologue, vient de rendre un rapport aux autorités, où il préconise, outre le port de masque, un temps d'aération dans les lieux clos, la suppression des vestiaires, des bars/buvettes ainsi que des entractes, l'instauration d'un à deux sièges d'écart entre les spectateurs, selon le degré de déconfinement.

Des propositions qui passent mal. "Impossible", a réagi Jean-Marc Dumontet, propriétaire de théâtres parisiens à l'AFP. "Absolument impraticable", a renchéri Stéphane Lissner, de l'Opéra de Paris.

  • Créer

Tournages à l'arrêt, répétitions impossibles... la création artistique est elle aussi en crise.

"Il est temps de déclarer l'état d'urgence culturelle, une urgence sans condition, (...) parce que la culture est incompatible avec la distanciation sociale", a estimé la comédienne Isabelle Adjani dans une lettre adressée au président Macron lue mardi sur France Inter.

"S'il y a bien un métier impossible à faire avec la distanciation sociale, c'est celui de comédien", soulignait lui aussi récemment dans Le Monde le cinéaste Christophe Honoré. Dans le contexte, des "idées aberrantes" circulent, comme "faire venir tous les acteurs d'un film quinze jours avant le tournage pour les mettre en quarantaine, confiner toute l'équipe dans le même lieu pendant toute la durée du travail".

Dans le rapport Bricaire sur le déconfinement, la création artistique a toute sa place: le professeur de médecine imagine un "monde d'après" où il faudra "distancer les artistes grâce à une mise en scène adaptée" et recommande, quand ce n'est pas possible, l'instauration de tests sérologiques et la prise de température sur les plateaux.

Autre problématique de l'audiovisuel, la première branche du secteur culturel: la question des assurances, les producteurs n'étant pas assurés contre le risque de pandémie et un éventuel nouveau confinement à l'échelle locale ou nationale. L'Union syndicale de la production audiovisuelle (USPA) a d'ailleurs prévenu que les tournages ne pourraient reprendre sans fonds de garantie.

Dans un entretien à l'AFP, la présidente du groupe France Télévisions, Delphine Ernotte, s'est dite favorable à "un fonds abondé par de l'argent public" voire à un niveau européen.

  • Soutenir

Gros dossier sur la table du ministre de la Culture, Franck Riester, les intermittents du spectacle risquent pour beaucoup d'être sans ressources et radiés de pôle emploi, après une très longue période d'inactivité et l'absence de perspectives professionnelles.

Deux pétitions - "Culture en danger" et "AnnéeNoire2020" rassemblant quelque 250.000 signataires - circulent pour réclamer "une année blanche" pour ces professionnels au statut particulier. Si le ministre de la Culture, critiqué par certains artistes, travaille à la prolongation de ces dispositifs pendant l'été, il ne se prononce pas sur une mise à zéro des compteurs en terme de décompte des droits.

"Cela nécessite des évaluations, des discussions avec mes collègues du gouvernement", a-t-il affirmé mardi matin sur Europe 1.

"Pour les structures, on attend que les mesures de chômage partiel soient étendues aussi longtemps que les salles sont fermées", affirme Aurélie Hannedouche du SMA. "Si le chômage partiel s'arrête le 2 juin et qu'on ne peut reprendre qu'en septembre ou janvier, on va mourir".

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Commentaires
a écrit le 06/05/2020 à 10:49 :
Bien d'accord avec les commentaires précédents : la culture sur-subventionnée se traduit par une surproduction de navets, et la médiocrité tient le haut du pavé dans le beau monde du cinéma français, ce qui est un peu dommage.
Et même si c'est l'argent des pubs de la télé qui finance ça, et pas celui de nos impôts.
Et puis, il y a tout le reste..., qui doit bien aider pour creuser nos déficits publics.
Qui osera faire le ménage dans tout ça ?
a écrit le 06/05/2020 à 3:19 :
On se demande pourquoi la France assistée se décroche du peloton des nations riches. L'assistanat généralisé dont la production audiovisuelle , le statut d'intermittents du spectacle, la subvention publique à des "œuvres" bidon, et autres gadgets, font que c'est l'état qui nous ruine alors que dans les autres pays, c'est le mécénat privé qui défini ce qui est "utile". Il est temps de remettre à plat ces subventions au cinéma qui nous donnent chaque semaine des navets français.Oui , il faut redéfinir les priorités, et également revoir les règles des télévisions d'état qui ne sont que entreprises à recycler les rescapés des filières de sciences humaines.
a écrit le 05/05/2020 à 18:46 :
Pour des petits concerts locaux en plein air, au milieu d'un parc, il y a suffisamment de place pour de la distanciation. Idiot de les interdire.
a écrit le 05/05/2020 à 18:34 :
les artistes revendiquent haut et fort leur liberté , lorsqu'ils réussissent certain n'hésitent pas à s'exiler fiscalement ; mais tous vivent d'argent public ,ce même argent qui manque cruellement à nos hopitaux .
alors oui si la culture doit être la cinquième roue du carrosse j'y souscri totalement
a écrit le 05/05/2020 à 17:10 :
s'il y a une profession où il faut faire du menage c'est bien celle là .Elle cache trop de chomeurs professionnels. J'ai travaille dans ce milieu on avait un travail en complement!!!
a écrit le 05/05/2020 à 16:47 :
Avec un peu de recul on peut dire que déjà tout ces gens se sont parfaitement habitués à bosser avec des intermittents du spectacle totalement exploités et sous payés à la limite du mépris total, mais leur principale force à eux c'est que du coup la précarité ils y sont habitués matériellement et préparé intellectuellement, tandis que l'oligarchie de la culture française elle c'est une autre histoire...

IL y a peu j'entendais dans l'émission de barthes que l'on se moquait une nouvelle fois des youtubeurs, genre ratés quoi, ben ouais les mecs ils ont pas de famille dans le spectacle, ils ont pas de réseau, ils sont obligés de faire avec trois fois rien hou la honte, et je parle là d'un gars dont les spectacles comme tous les autres dépendent entièrement de l'exploitation des intermittents du travail.

Ben ils n'ont qu'à s'y mettre hein à youtube maintenant il y aurait 90% à jeter là dedans.

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