Hausse des prix de l'énergie, flambée des matières premières, pagaille dans les chaînes d'approvisionnement, tensions sur les marchés financiers, gronde sociale... Après deux longues années de pandémie, l'économie mondiale traverse à nouveau une zone de fortes turbulences. L'invasion de la Russie en Ukraine le 24 février a suscité une vague de sidération partout en Europe. Après un mois de conflit, le bilan humain est dramatique et la perspective d'un cessez-le-feu rapide n'est pas vraiment à l'ordre du jour. En seulement quelques semaines, les perspectives se sont considérablement assombries.
"L'économie française affichait avant la guerre des conditions d'activité et d'emploi très solides. Face à un choc, un organisme en bonne santé est a priori plus résistant qu'un malade. Le climat des affaires a commencé à baisser, présageant une croissance au-dessous de son potentiel. Ce n'est pas une récession, mais une zone à risque élevé", a souligné l'économiste de Oddo BHF, Bruno Cavalier, dans une récente note.
Dans ce contexte troublé, le moral des patrons français est en chute libre. Selon la dernière Grande consultation des entrepreneurs réalisée par OpinionWay pour CCI France, La Tribune et LCI, l'indicateur qui mesure l'optimisme des dirigeants a perdu 26 points par rapport à février pour passer de 92 points à 66 points en seulement un mois. C'est un niveau inédit depuis le début de cette enquête amorcée en 2015 à l'exception de l'année 2020 marquée par la pandémie. La chute est particulièrement spectaculaire pour les entreprises de moins de 10 salariés (-41 points, passant de 97 à 56) et moins prononcée pour les établissements de plus de 10 salariés (-25 points, passant de 91 à 66).