Le "pass sanitaire intérieur" validé par l'Assemblée malgré le tir de barrage des oppositions
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Dans son interview exclusive accordée le 29 avril dernier à la presse régionale et à une radio pour présenter le calendrier et les principales mesures du déconfinement progressif du pays, Emmanuel Macron avait annoncé que le pass sanitaire concernait les déplacements internationaux (les étrangers auront l'obligation de le présenter pour pouvoir visiter la France, première destination touristique mondiale) mais que l'application du dispositif aux Français, c'est-à-dire à la mobilité des personnes à l'intérieur de l'Hexagone, était clairement envisagée. Mais que, dans la mesure où les libertés publiques sont concernées, c'était le Parlement qui se saisira de la question.
Depuis hier soir, c'est chose faite. Dans la soirée du lundi 10 mai, lors de l'examen du projet de loi de sortie de la crise sanitaire du gouvernement, les députés ont validé la création d'un "pass sanitaire" pour l'accès aux grands évènements, malgré les sévères critiques des oppositions.
Cette mesure-phare du texte introduite par le gouvernement en commission des Lois a fait l'objet d'un tir de barrage des oppositions avec à la clef de longues discussions et de nombreux amendements rejetés, y compris des centristes du Modem.
"C'est la condition de la liberté", a rétorqué le député LREM, Roland Lescure.
L'outil d'abord réservé aux déplacements vers ou depuis l'étranger, subordonnera l'accès à des grands rassemblements ou de certains lieux à la présentation d'un résultat négatif d'un dépistage virologique, ou un justificatif de vaccination ou une attestation de son rétablissement à la suite d'une contamination.
"Le dispositif est entouré de garantie suffisante car il ne s'appliquera pas aux activités quotidiennes", a redit le rapporteur LREM Jean-Pierre Pont.
Une jauge à 1.000 personnes a été promise par le gouvernement mais sans l'inscrire dans le marbre de la loi.
Il faut "maintenir une forme de souplesse", a justifié M. Pont.
L'argument n'a pas convaincu le "marcheur" Pacôme Rupin ou le Modem Philippe Latombe qui ont dénoncé un "texte trop large" et "pas assez précis" quand d'autres députés de droite comme de gauche réclamaient davantage de "clarté dans les critères" (surface, densité, extérieur/intérieur), à l'instar de Philippe Gosselin (LR).
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La publication concomitante d'une interview au Parisien du Premier ministre n'a rien arrangé à l'affaire. Jean Castex y a en effet annoncé qu'au cinéma ou au spectacle, "la règle sera 1 siège sur 3, avec un plafond de 800 personnes par salle".
"Une situation plus que désarmante", a euphémisé M. Coquerel agacé.
Partisan du "pass", Olivier Becht (Agir) a plaidé:
Le communiste Pierre Dharréville a dénoncé une "chantage contre-productif".
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La discussion a été l'occasion d'une passe d'armes entre la députée Martine Wonner aux positions très controversées et le ministre de la Santé Olivier Véran lorsque celle-ci a fustigé "l'extorsion vaccinale".
"Des propos d'une gravité absolue", a balayé le ministre.
(avec AFP)
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