Le recrutement des cadres en chute libre

Fanny Guinochet
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Bruce Mars on Unsplash

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La tendance s'inverse. Après 10 ans d'années de croissance soutenue (exception faite du covid), les cadres sont moins courtisés par les employeurs. 2025 promet d'être difficile. « La fête est finie » résume Gilles Gateau, le patron de l'Association.
Déjà en 2024, les recrutements se sont tassés. Certes, ils sont tout restés au dessus de la barre des 300 000 : 303 400 précisément, mais l'alerte était donnée. « Cette baisse est liée en particulier à la contraction des investissements des entreprises, une première depuis la crise des subprimes », selon Gilles Gateau, directeur général de l'Apec.
En 2025, il ne faut pas s'attendre à plus de 292 600 embauches de cadres (-4% par rapport à 2024). « Les entreprises restent dans une posture attentiste, du fait d'un manque de visibilité sur leur carnet de commandes et du climat économique et géopolitique incertain, renforcé par les récentes annonces de taxes du président américain »,commente Hélène Garner, directrice des données et des études de l'Apec.
Et pour cause, les récentes annonces des droits de douanes de Donald Trump promettent de mettre encore un peu plus les employeurs sous pression. De fait, aucun secteur d'activité, ni aucune région, n'est épargné par cette chute des recrutements.
Signe inquiétant selon l'Apec : la hausse de 20 % des cadres inscrits à France Travail en janvier 2025. Et la baisse des embauches promet de s'installer.
Autre indicateur troublant : les prévisions de recrutement des cadres informaticiens ralentissent, alors que ce secteur a toujours été locomotive dans les embauches : 55 590 recrutements annoncés pour 2025. Idem pour les commerciaux et les emplois dans le marketing, qui promettent d'être également moins nombreux ( 52 000 attendus). Si le podium reste grosso modo le même que l'an dernier, les effectifs se parsèment.
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Les données de l'Apec viennent confirmer ce que les syndicats observent sur le terrain. Pas plus tard que cette semaine, ce mercredi, les cinq syndicats représentatifs (CFDT,CGT,FO, CFE-CGC et CFTC), mais aussi l'organisation patronale U2P, interrogés par une commission parlementaire, ont pointé du doigt des licenciements « à bas bruit » au-delà des plans de sauvegarde de l'emploi qui ne représentent que la partie émergée de l'iceberg. Ainsi, le président de l'Union des entreprises de proximité (U2P, qui représente artisans, commerçants et professions libérales) Michel Picon a-t-il souligné, que « 600 entreprises qui ferment par semaine, qui entraînent 1.500 salariés à perdre leur activité, c'est évidemment très dommageable pour l'économie de notre pays, mais contrairement aux plans sociaux des grands groupes, ça ne fait pas le 20 heures ».
Fanny Guinochet