Marine Tondelier : « Ce soir, nous avons gagné et maintenant nous allons gouverner ! »
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C'est la grande surprise de ce dimanche 7 juillet. La percée sans précédent du Rassemblement national (RN) au premier tour des élections législatives anticipées a finalement été enrayée par la mécanique du front républicain. Les grandes figures du Nouveau Front populaire (NFP) se sont exprimées peu après la publication des premières projections, qui placent le bloc de gauche comme première force à l'Assemblée nationale obtenant 182 à 193 sièges, tout juste devant la coalition Ensemble (MoDem, Renaissance, Horizons), qui obtiendrait entre 157 à 163 sièges, selon l'institut de sondage Elabe pour BFMTV-RMC et La Tribune Dimanche. Tandis que le Rassemblement national et ses alliés occuperaient 136 à 144 sièges dans l'hémicycle, et donc la troisième position.
Toutefois, si l'alliance de la gauche se trouve en tête son score reste loin de la majorité absolue, qui suppose d'atteindre le seuil de 289 députés (sur 577). Dans le détail, LFI obtiendrait entre 71 et 81 sièges, le PS entre 64 et 67 sièges, EELV entre 33 et 35 sièges et le PCF entre 9 et 10 sièges.
Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise (LFI), est le premier à avoir pris la parole peu après 20 heures. « Notre peuple a écarté la solution du pire. Ce soir le RN est loin d'avoir la majorité absolue. C'est un immense soulagement (...) » a-t-il déclaré depuis la place Stalingrad à Paris. « Le président a le pouvoir, a le devoir d'appeler le Nouveau Front populaire à gouverner », a-t-il lancé, estimant que « la volonté du peuple doit être strictement respectée ». « Le président doit s'incliner et admettre cette défaite sans tenter de la contourner. Le Premier ministre doit s'en aller », a-t-il encore déclaré.
Marine Tondelier, la secrétaire nationale des écologistes qui a réalisé une impressionnante percée pendant cet entre-deux-tours, a néanmoins prévenu d'emblée : « Ce n'est pas le moment de proposer un Premier ministre ». « C'est trop tôt », a-t-elle assuré depuis le siège du parti, demandant aux journalistes de les « laisser travailler ». La patronne des Ecologistes a assuré que le NFP était « déterminé » à mettre en place un « programme de rupture ». « Ce soir, nous avons gagné et maintenant nous allons gouverner !», a-t-elle encore lancé en retenant ses larmes, cette fois différentes de celles de lundi dernier, au lendemain des résultats du premier tour, dans le studio de France Inter, où elle s'était dite « atterrée » par la déclaration, quelques instants plus tôt, de Bruno Le Maire appelant à ne voter ni pour le RN, ni pour LFI. « Ce soir, la justice sociale a gagné. Ce soir, la justice environnementale a gagné. Ce soir, le peuple a gagné », s'est-elle encore félicitée.
Le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure a, pour sa part, jugé qu'il fallait « de la démocratie » au sein du Nouveau Front populaire pour que les partis de gauche puissent « avancer ensemble » et gouverner à l'issue des élections législatives. « Avancer ensemble suppose de la démocratie en notre sein » et « il n'y a pas de paroles extérieures qui viendront s'imposer à nous », a-t-il dit dans une critique voilée à Jean-Luc Mélenchon, vu au PS comme un facteur de division de l'ex-alliance de gauche Nupes par ses prises de positions.
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Néanmoins, tout comme le patron de LFI, il a rejeté tout gouvernement de coalition entre la gauche et le bloc macroniste. « Nous ne nous prêterons à aucune coalition des contraires », a-t-il assuré. Il a aussi demandé « à ceux qui ont été désavoués à trois reprises (...) qu'ils disent clairement que dans l'année à venir, ils ne mêleront jamais leur voix pour s'allier à l'extrême droite pour empêcher le Nouveau Front populaire de gouverner », en s'adressant au camp présidentiel. Il a, enfin, appelé le NFP à « refonder un projet collectif ».
« Nous sommes en tête, mais on est dans une assemblée divisée (...) et donc il va falloir se comporter en adulte », a, quant à lui, déclaré Raphaël Glucksmann (Place publique), à l'issue du second tour des élections législatives. « Il va falloir parler, il va falloir discuter, il va falloir dialoguer », a-t-il ajouté.
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Clémentine Autain a, pour sa part, appelé les députés de gauche à se réunir lundi pour proposer un Premier ministre. La députée LFI de Seine-Saint-Denis demande que les députés du NFP se réunissent « en assemblée plénière » pour proposer, à l'issue d'un vote, à Emmanuel Macron un Premier ministre qui ne sera « ni François Hollande, ni Jean-Luc Mélenchon ».
(Avec AFP)
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