Les contrats aidés seront ciblés sur les personnes les plus éloignées de l'emploi" (Pénicaud)

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Alors que les Associations et les collectivités locales protestent depuis quelques jours contre la diminution du dispositif des contrats aidés financièrement par l'Etat, la ministre du Travail Muriel Pénicaud monte au créneau pour défendre la mesure décidée par le gouvernement.
Mesure phare du quinquennat de François Hollande, les emplois d'avenir sont des contrats aidés, à temps plein et de longue durée, destinés aux jeunes peu ou pas qualifiés. Ils incluent un projet de formation. Pour le gouvernement, qui prévoit une enveloppe de 310.000 contrats aidés en 2017 contre 459.000 signés en 2016 et une nouvelle baisse en 2018, ces contrats "subventionnés par l'Etat" sont "précaires, souvent à temps partiel" et ne peuvent être "l'instrument majeur de la politique de l'emploi".
Le 9 août dernier, Muriel Pénicaud avait indiqué que « des études de la Dares (service statistique du ministère, NDLR), de l'OCDE et de la Cour des comptes montraient trois choses: un, les contrats aidés sont extrêmement coûteux pour la nation; deux, ils ne sont pas efficaces dans la lutte contre le chômage; et trois, ils ne sont pas un tremplin pour l'insertion professionnelle (...). Ces contrats permettent surtout aux "associations ou (aux) collectivités locales" d'"équilibrer leur budget grâce à quelque chose qui devrait être de la politique de l'emploi", avait-elle ajouté.
Plutôt que dans les contrats aidés, la ministre préfère "investir dans la formation, dans le développement des compétences et c'est l'objet du grand plan d'investissement « compétences que nous lancerons à l'automne", a-t-elle dit récemment.
Ainsi, près de 15 milliards d'euros sur cinq ans devraient être consacrés à la formation, soit "potentiellement un million de personnes en formation chaque année", précise-t-elle.
Mercredi dans un courrier adressé mercredi au Premier ministre, le président de l'Union nationale des missions locales (UNML), Jean-Patrick Gille, ex-député PS, a réclamé le maintien du dispositif des emplois aidés. Selon lui, ces contrats, de "vrais emplois qui valorisent et permettent d'accroître (les) compétences" de leurs bénéficiaires, ont "permis d'insérer durablement et de qualifier des jeunes en situation d'exclusion". Et du point de vue des employeurs du secteur non marchand, "ils contribuent à apporter des services à la collectivité - et donc à dynamiser les territoires - en prenant en compte des besoins peu voire pas satisfaits".
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Au gouvernement qui oppose contrats aidés - "coûteux" et "pas efficaces" - et formations - qu'il faudrait privilégier -, Jean-Patrick Gille a expliqué que "la formation (est) la pierre angulaire" des emplois d'avenir. Après un emploi d'avenir, "ce sont plusieurs mois voire plusieurs années de véritables expériences professionnelles que ces jeunes peuvent ainsi valoriser auprès des employeurs lors de leur recherche d'emploi, ainsi que les certifications qu'ils ont pu obtenir, véritables passeports pour la réussite de leur parcours professionnel", argumentait-il dans son courrier au Chef du gouvernement.
La diminution du nombre d'emplois aidés inquiète les maires, habitués à recourir en métropole comme outremer à ce type de contrats pour préparer notamment la rentrée scolaire. Les communes ont fréquemment recours à ce type d'emplois dans le secteur périscolaire : auxiliaires de vie, accompagnateurs, aide à la restauration..
Concernant la réforme engagée du code du travail, dont la concertation avec les organisations syndicales et patronales s'est achevée vendredi, la ministre rappelle que les ordonnances seront "développées" le 31 août mais n'en précise pas le contenu.
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En matière de chômage, Muriel Pénicaud, qui n'a pas souhaité commenter les indicateurs mensuels depuis son arrivée au ministère, préfère "partager chaque trimestre une analyse du marché du travail" pour "une mise en perspective dans la durée". Elle évoque la date du 5 septembre pour cette première information baptisée "rendez-vous de Grenelle".
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