Baisse des contrats aidés : sous le feu des critiques, l'exécutif maintient son cap

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"Si les emplois aidés avaient été un instrument efficace de lutte durable contre le chômage, ça se serait vu", a lancé le Premier ministre Edouard Philippe lors d'un déplacement dans le Gers ce vendredi. A l'approche de la rentrée, l'exécutif semble maintenir son cap concernant la baisse des contrats aidés, malgré les critiques et inquiétudes suscitées par cette décision. Quelque 293.000 contrats de ce type sont au total programmés cette année, nettement moins que les 459.000 signés en 2016.
Décidé à honorer ses engagements budgétaires, le gouvernement fait la chasse aux dépenses jugées inutiles et ces "contrats spécifiques pour lesquels l'embauche et l'accompagnement est encadrée et appuyée financièrement par l'Etat", comme le résume le site du gouvernement, n'ont pas échappé au coup de rabot.
Le 9 août, la ministre du Travail Muriel Penicaud avait ainsi qualifié de "coûteux" et "inefficaces" ce dispositif et avait fait l'objet d'une "sous-budgétisation et une surconsommation" par la majorité précédente selon elle. Edouard Philippe en a rajouté une couche ce vendredi :
La polémique a enflé ses derniers jours suite à l'interpellation de la ministre du Travail par l'Association des maires de France (AMF). Dans un courrier adressé à Muriel Pénicaud, les élus locaux expriment leur inquiétude et prévoient "impacts négatifs" pour les communes, notamment à l'approche de la rentrée scolaire.
Dans cette lettre, dont l'AFP a obtenu une copie mercredi, le vice-président de l'AMF André Laignel (PS), rappelle que ce dispositif permet notamment l'embauche d'accompagnateurs scolaires, d'auxiliaires de vie pour des élèves en situation de handicap ou d'aide à la restauration scolaire. Les communes n'ont été informées que "très récemment" que "ce type de contrats ne serait plus accordé et que les renouvellements de ces contrats seraient à prioriser selon des critères qui doivent être précisés", fait-il valoir. A l'approche de la rentrée scolaire, la mesure laisse les élus locaux dans le flou.
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Le vice-président de l'AMF sollicite la bienveillance des services déconcentrés du ministère du Travail "dans l'examen des demandes émanant des collectivités locales en matière de renouvellements ou de recrutements des contrats aidés en cours".
Interrogé ce vendredi sur ces inquiétudes des élus locaux, le Premier ministre a botté en touche : "On aura l'occasion d'avoir ce débat à l'occasion de la présentation du budget, je ne vais pas préempter les sujets qui relèvent du Parlement."
Les syndicats n'ont pas non plus très bien accueilli la décision du gouvernement. Force ouvrière a réclamé mercredi le maintien des contrats aidés, qui ont "des effets favorables sur l'emploi et le chômage", jugeant "inquiétante" la volonté du gouvernement de réduire ses effectifs au profit de la formation.
La centrale s'inquiète que "plusieurs directions d'agence Pôle emploi ont déjà reçu des instructions pour geler leur financement". Les agences Pôle emploi d'Ile-de-France ont effectivement reçu pour consigne de suspendre les prescriptions de contrats aidés, à quelques exceptions près, dont l'Education nationale, selon un courriel interne dont l'AFP a obtenu copie jeudi.
De son côté, la CGT on pointe une "erreur grossière" du gouvernement. "La suppression des contrats aidés, c'est 280.000 personnes qui se verront reléguées de contrats précaires au rang du chômage", a écrit le syndicat dans un communiqué.
La centrale réclame que les postes donnant habituellement lieu à des contrats aidés, notamment dans l'Education nationale, "soient budgétés" pour des contrats normaux et que ceux qui bénéficient actuellement de contrats aidés "soient recrutés sur ces postes".
La CGT rappelle que nombre d'emplois aidés "ont pour finalité une utilité publique, notamment concernant les associations", et que "supprimer les contrats aidés ne supprime pas les besoins de service public, qui vont s'accroissant avec l'évolution de la société".
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Les deux syndicats ont également fustigé les déclarations de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, qui avait estimé au début du mois que les contrats aidés étaient "coûteux" et "pas efficaces dans la lutte contre le chômage", leur préférant la formation.
(Avec AFP)
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