Les créations d'entreprises en recul

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(Crédits : Charles Platiau)
Les créations d'entreprises en France ont reculé de 1,9% en janvier, tirées à la baisse par une diminution du nombre des nouvelles micro-entreprises, a rapporté vendredi l'Insee.

L'entrepreneuriat marque le pas en ce début d'année. Selon les derniers chiffres publiés par l'Insee ce vendredi 14 février, le nombre total de créations d'entreprises recensées a reculé pour le second mois consécutif. Après avoir atteint un pic en novembre dernier, les immatriculations sont en repli de 1,9% en janvier et 0,2% en décembre, en données corrigées des variations saisonnières et des jours ouvrables (données CVS-CJO). Au total, 72.001 entreprises ont été créées au cours du mois de janvier contre 73.366 en décembre, 73.505 en novembre et 70.853 en octobre. Malgré ces mauvais signaux au mois de janvier, la tendance haussière s'amplifie depuis 2015.

Hausse des entreprises classiques

Le tableau présenté par les statisticiens indique que les créations d'entreprises classiques ont décollé le mois dernier (+6,5%) avec 38.792 créations après avoir connu un fort reflux en décembre (-14,7%). Du côté des micro-entreprises, les chiffres sont moins favorables avec un repli de 10,1% en janvier alors qu'au mois de décembre, les immatriculations s'étaient envolées (+19,9%). Ce pic peut s'expliquer en partie par la limitation du dispositif d'allègement de cotisations appelé Acre (Aide aux créateurs et repreneurs d'entreprise) à un an depuis le premier janvier 2020. Des micro-entreprises peuvent bénéficier d'une exonération de cotisations pendant 24 mois supplémentaires mais sous certaines conditions. Certains porteurs de projets ont pu accélérer leurs démarches avant le 31 décembre dernier.

Près de la moitié des créations sont des micro-entreprises

Sur l'ensemble des créations recensées en janvier, près de la moitié sont des micro-entreprises (47,7%). Depuis la mise en oeuvre du régime de l'auto-entrepreneur en 2009, les créations de micro-entreprises ont explosé. Ces chiffres masquent parfois des situations difficiles pour un bon nombre d'entrepreneurs. Beaucoup de micro-entreprises dégagent peu de chiffre d'affaires. Sur les 1,8 million d'autoentrepreneurs recensés fin 2018, seuls 838.000 déclaraient un chiffre d'affaires positif selon de récents chiffres de l'Acoss (Agence centrale des organismes de sécurité sociale) alors que les plafonds ont été relevés en 2018. Cela signifie que 54% des micro-entreprises ne sont pas économiquement actives.

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Une hausse de 16% sur un an

Le nombre cumulé d'entreprises immatriculées au cours des douze derniers mois s'est accru fortement (16,7%) en données brutes. Dans le détail, ce sont les micro-entreprises qui ont connu la plus forte hausse (21,9%), suivies des créations d'entreprise individuelles classiques (16,7%) et celles des sociétés (8,6%). Malgré cet engouement pour ce statut d'auto-entrepreneur, la pérennité des activités est parfois limitée.

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Des défaillances en recul

Les chiffres communiqués par la Banque de France le 11 février dernier signalent qu'en novembre, le nombre de défaillances a baissé de 4,6% sur un an (51.435 en novembre 2019 contre 53.895 en novembre 2018). La plupart des secteurs sont concernés par ces baisses sauf les activités financières et d'assurance (+3,9%) et les transports (+2,2%). Par taille d'entreprise, toutes les catégories d'entreprises sont en repli sauf les moyennes entreprises. Le nombre cumulé des défaillances sur les douze derniers mois (données brutes) a bondi de 9,2% pour cette catégorie. À l'opposé, la baisse la plus marquée concerne les très petites entreprises (-8,2%) entre décembre 2018 et décembre 2019.

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