Lutte contre le blanchiment d'argent: Tracfin, très sollicité en 2015

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Pour ses 25 ans d'activité, le service de renseignement financier Tracfin a vu son activité monter en flèche en 2015, en raison notamment de la hausse des signalements et enquêtes menées en matière de financement du terrorisme après les attentats de Paris, a indiqué lundi 18 avril le ministère des Finances.
Cet organe rattaché à Bercy, qui lutte contre le blanchiment d'argent, la fraude aux finances publiques et le financement du terrorisme, a collecté sur l'ensemble de l'année près de 45.200 informations, principalement auprès des "professionnels déclarants" (banques, assurances, notaires ou cercles de jeux). C'est 18% de plus qu'en 2014, et 56% de plus qu'en 2013, précise dans un communiqué le ministère des Finances, qui attribue cette hausse à "l'arrivée à maturité des mesures de vigilance pour lutter contre la fraude fiscale" et à "la participation active des professionnels déclarants à la lutte contre le financement du terrorisme".
Sur cette même période, l'agence de Traitement du renseignement et action contre les circuits financiers clandestins (l'intitulé complet de Tracfin) a réalisé 10.556 enquêtes, soit une hausse de 8% par rapport à 2014.
La division de l'agence chargée de la lutte contre le financement du terrorisme a été particulièrement concernée par cette hausse d'activité, en raison des attentats contre Charlie Hebdo et l'Hyper Cacher entre le 7 et le 9 janvier 2015, puis contre le Bataclan et le Stade de France le 13 novembre 2015.
Cette section, dont les effectifs ont été augmentés, avec le recrutement d'une dizaine d'agents supplémentaires, a traité 534 dossiers en 2015 (soit 119% de plus qu'en 2014) et a transmis 179 notes d'information à la justice ou aux autres services de renseignement (soit une hausse de 130%).
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Selon Bercy, les transmissions d'informations vers les organismes sociaux ont, elles aussi, augmenté: 109 dossiers portant un soupçon de fraude aux prestations sociales ont ainsi été transmis (+31% en un an) et les enjeux financiers ont été doublés, à 69 millions d'euros contre 36 millions en 2014.
L'activité de l'agence a par ailleurs été marquée par la série de mesures annoncées par le ministre des Finances Michel Sapin après les attentats, pour mieux contrôler les flux financiers suspects. Ce plan a instauré un abaissement du seuil de paiement en espèces de 3.000 à 1.000 euros et l'obligation pour les professionnels de signaler automatiquement les dépôts et retraits d'espèces dépassant 10.000 euros sur un mois.
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"Cette mesure, entrée en vigueur au 1er janvier 2016, permettra à Tracfin de renforcer ses capacités d'investigation", souligne Bercy, pour qui l'agence constitue un "maillon essentiel" de la lutte contre contre le terrorisme.
(Avec AFP)
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