Macron aux entrepreneurs : "S'expatrier où ? A Londres ? Bon courage"

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Ce n'est pas à une politique publique de faire de la France la terre de l'innovation et de la réussite. C'est le choix des entrepreneurs, a martelé le ministre de l'Economie.
"Ce n'est pas à une politique publique de faire de la France la terre de l'innovation et de la réussite. C'est le choix des entrepreneurs", a martelé le ministre de l'Economie. (Crédits : © Stefan Wermuth / Reuters)
Le ministre de l'Economie s'exprimait dans le cadre de la première édition du salon Viva Technology, organisée de jeudi à samedi à Paris, pour mettre à l'honneur l'écosystème français des start-ups.

Emmanuel Macron a insisté samedi sur la nécessité de "casser cette idée reçue" parmi l'entrepreneuriat français selon laquelle il faudrait s'expatrier pour réussir: "S'expatrier où? A Londres? Bon courage", a déclaré le ministre de l'Economie au salon parisien Viva Technology.

"Ce n'est pas à une politique publique de faire de la France la terre de l'innovation et de la réussite. C'est le choix des entrepreneurs", car ce sont eux qui "font le pays aussi", qui changent sa culture et la transforment, a estimé le ministre lors d'une conférence sur les conditions du développement des start-up en France.

"Tant qu'il y aura des chefs de grandes entreprises, ou des entrepreneurs qui auront dans leur tête l'idée qu'on ne peut pas réussir dans ce pays, qui diront du mal de la France, qui iront s'installer, pour des raisons de fiscalité personnelle, parfois en ayant mal calculé, à l'étranger, nous essaierons d'imprimer ce message", a-t-il ajouté.

La première édition du salon Viva Technology était organisée de jeudi à samedi au Parc des expositions de la Porte de Versailles à Paris, pour mettre à l'honneur l'écosystème français des start-ups et promouvoir leurs collaborations avec de grands groupes du numérique.

La France est aujourd'hui "le numéro un en Europe continentale" en termes de création de start-up, avec "au moins 1.000 start-up" créées par an depuis deux ans, a souligné M. Macron, tout en reconnaissant que la difficulté, pour la plupart d'entre elles, était à présent de les faire grandir (AFP).

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Commentaires
a écrit le 04/07/2016 à 12:35 :
Pour être parti à l'étranger vivre ... oui oui il faut s'expatrier pour être heureux
a écrit le 03/07/2016 à 13:26 :
La capacité à se développer en France et à grandir, c'est bien là le problème.
Bloqués entre :
- le conservatisme, intrinsèque au système régalien (qui privilégie naturelle l’élite et donc les grands groupes disposant déjà de moyens, mais bénéficient en plus d'aides ou d’appuis de la part de l’état).
- la concurrence, ayant accès aux moyens financiers (au moment crucial ou il faut impérativement changer de dimension). Alors que les moyens financiers et la volonté d'investir existent. Mais ne serais pas les intermédiaires qui bloquent ?
a écrit le 03/07/2016 à 10:42 :
et "s'expatrier pour réussir" est pourtant bien la seule solution tant le mépris des dirigeants français pour le peuple est intense ! Déjà Alexander Hamilton notait ce ton hautain des Lafayette et consorts vis-à-vis de la classe laborieuse (biographie de Hamilton par Ron Chernow). Pierre Miquel dans son livre "Les oubliés de la Somme", note aussi ce mépris du gouvernement pour les poilus. Marine LePen parle de remplacement des Français par des étrangers, Hollande qualifie la plèbe de sans-dents. Très récemment, monsieur "élu par personne" (Macron) disait "mais vous savez que vous parlez à un ministre de la République". Ben oui et alors, citoyen Macron, faut-il t'appeler monseigneur ? Bien d'autres ont dû remarquer ce mépris et c'est pour cela que l'exode est devenu la seule chance de s'en sortir. Désolé de te contredire, mais les Britanniques ont repris leur destinée en main et la liberté n'a pas de prix citoyen Macron.
a écrit le 02/07/2016 à 18:11 :
Il n'y a pas que ce problème. Il y a aussi les mentalités françaises. En France on a besoin systématiquement de crédits publics pour investir, on considère que la recherche développement est un coût et qu'un ingénieur, un technicien ou un ouvrier qualifié doivent être globalement beaucoup plus mal payés que les champions du powerpoint qui seuls apportent la valeur...d'où l'effondrement du pays puisqu'on est le seul pays à raisonner ainsi. Donc même après le brexit il y a un très long chemin à parcourir avant de fixer sur Paris les personnes de talent qui produiront vraiment les nouveaux produits et services car nos jeunes bac + 5 ou plus ont pris l'habitude de faire leur début de carrière ailleurs ou éventuellement ont commencé une start up en France mais n'ont pu la faire croître qu'ailleurs...Heureusement certaines (trop rares) entreprises françaises l'ont compris depuis longtemps (voir Michelin) et bizarrement elles réussissent aussi depuis longtemps...

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