Maisons de retraite : les prix font le grand écart

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Le coût mensuel moyen d'un logement en Ehpad à Nice et Lille atteint respectivement  3140 et 3055 euros.
Le coût mensuel moyen d'un logement en Ehpad à Nice et Lille atteint respectivement 3140 et 3055 euros. (Crédits : Reuters)
Le coût moyen mensuel d'un logement en Ehpad à Paris coûte 4.430 euros, quasiment le double de certaines capitales régionales. La Cour des comptes avait dénoncé ces disparités fin 2014, les jugeant injustifiées.

Pour les 592.900 personnes actuellement hébergées en Ehpad (établissement d'hébergement pour personnes âgées dépendantes), le coût mensuel diverge fortement selon les villes, souligne Retraite Plus, organisme d'orientation en maison de retraite, dans un communiqué publié mardi 19 mai. Paris est la capitale régionale championne de la cherté des prix de séjour dans les maisons de retraite privées. Ainsi, il faut débourser en moyenne 4.430 euros par mois pour vivre un mois dans un Ehpad parisien. La capitale fait varier fortement les prix des établissements en Île-de-France (3.046 euros en moyenne). Dans cette région les prix vont de 1500 à plus de 6.000 euros par mois, selon que l'Ehpad se situe dans la petite ceinture (tarifs plus élevés) ou dans la grande ceinture (tarifs moins élevés).

Suivent ensuite Nice et Lille,  avec des tarifs atteignant respectivement 3140 et 3055 euros en moyenne par mois pour un logement en Ehpad.

Poitiers et Dijon sont à contrario les capitales régionales les moins chères avec des tarifs moyens allant de 2650 et 2528 euros,à  l'instar de leur région qui propose également les tarifs les plus bas de l'Hexagone. En moyenne, le Poitou-Charentes et la Bourgogne proposent des séjours coûtant respectivement 2325 et 2339 euros.

    Voir >> Le coût mensuel moyen des Ehpad par région

    Voir >> Le coût mensuel moyen des Ehpad par capitale régionale

Des tarifs variant du simple au double

Dans un rapport publié en novembre 2014, la Cour des comptes déplorait "une forte dispersion des coûts à la place entre établissements de même nature, sans autre justification de la part des services que le caractère historique de la tarification". Par exemple, les tarifs annuels en Ehpad oscillaient entre 10.302 et 26.271 euros par an dans les Midi-Pyrénées en 2012, rapportait la Cour.

Un vrai problème, alors qu'en dépit des aides financières et subventions pour un hébergement en Ehpad "le coût de cet hébergement est difficile à assumer pour la
grande majorité des personnes âgées et leurs familles",  rappelle Retraite Plus qui ajoute que "la retraite mensuelle moyenne est généralement inférieure au cout mensuel d'un séjour". Le montant moyen des pensions de retraite en France atteint seulement 1.306 euros bruts mensuels.

Délocalisation à des centaines de kilomètres

Parmi les solutions pour bénéficier de tarifs moins élevés, il y a la délocalisation. Un service que Retraite Plus propose. "Au vu du coût élevé des maisons de retraite en Ile-de-France et dans les différentes capitales régionales, nous proposons aux familles ne pouvant y faire face, des établissements dans des agglomérations limitrophes", explique l'organisme. Des délocalisations qui atteignent parfois "quelques centaines de kilomètres au sein d'une même région".

Dans d'autres pays, le terme délocalisation a pris un sens encore plus large. Ainsi, face aux difficultés économiques, de nombreux retraités allemands vont jusqu'à vivre dans des maisons de retraites à plusieurs centaines de kilomètres, en Europe de l'Est. Une solution qui peut avoir un gros inconvénient : la fragilisation du lien familial à cause de la distance.

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a écrit le 20/05/2015 à 14:33 :
En attendant, qu'en est il de la réforme sur la dépendance promise il y a quelque temps ? Ah, j'oublie... Il n'y a pas de budget pour la foultitude . Aux tarifs annoncés des maisons de retraite, les retraités populaires aux revenus gelés, aux pensions rabotées, vont avoir du mal à assumer. Ceux qui ont capitalisé dans un fond d'épargne, avec un taux négatif, ça va pas aider... Seuls les sans dent pauvres et sans enfant ou les politiques aisés pourront y aller ; parce que pour les autres, ceux qui ont élevé leurs enfants, qui bossent et qui casquent plein pot pour la solidarité des autres , ils voudront les préserver au maximum de cette charge et ils auront dû essayer de trouver par leur labeur populaire les économies pour ce faire; et pour les politiques ils auront déjà prévu pour leur pomme... (Maisons de retraite des sénateurs, calcul de trimestres de retraite avantageux votes en catimini etc...)
Réponse de le 20/05/2015 à 20:29 :
Un jour ou l'autre, il y aura un remake du film "le soleil vert" qui règlera bien des problèmes.

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