Matignon : toujours pas de Premier ministre, Macron sous grande pression
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Ce jeudi, la crise ministérielle atteint son... 60e jour.
Reuters
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Ce jeudi, la crise ministérielle atteint son... 60e jour.
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[Article publié jeudi 5 septembre 2024 à 07h55, mis à jour à 12h09] La crise ministérielle se prolonge. Emmanuel Macron n'a toujours pas déniché son nouveau Premier ministre. Et le casse-tête continue, avec une nouvelle piste, celle de Michel Barnier, qui succède à l'option Xavier Bertrand. Contrairement à ce qui était attendu encore au début de mercredi après-midi, l'Elysée a renoncé à une annonce mercredi soir, près de deux mois après le deuxième tour des législatives.
Selon les informations du Parisien, Gabriel Attal a envoyé un message à ses proches, prévoyant une passation de pouvoirs à 16 heures. Le communiqué officialisant le nom du Premier ministre serait en principe prévu à 13 heures, selon le quotidien francilien.
« On avance. Les critères du président restent la non censurabilité » par l'Assemblée du futur locataire de Matignon « et la capacité à faire des coalitions », avait expliqué à l'AFP un proche du président.
Ce critère pourrait être venu à bout des hypothèses Xavier Bertrand et Bernard Cazeneuve, dont les noms étaient cités mardi soir à l'Elysée. Plusieurs membres du camp présidentiel évoquent un « front anti-Bertrand » qui s'est élevé en Macronie contre cette nomination, donnée mercredi comme très probable, du président des Hauts-de-France, membre du parti Les Républicains et tenant d'une droite sociale. Le Rassemblement national et le Nouveau Front populaire menaçaient de fait de le censurer d'emblée.
Ce jeudi, Bernard Cazeneuve dit n'avoir pas eu de contact avec l'Elysée depuis lundi et aurait accepté Matignon comme « un devoir ». « Je ne fais pas de demande en la matière (..). Mais si on m'en avait fait un devoir, je l'aurais fait », a-t-il affirmé, au micro de BFMTV et LCI. Interrogé sur la possibilité pour lui de ne pas être censuré à l'Assemblée nationale, il a souligné que l« a meilleure manière de savoir cela, c'est de nommer un Premier ministre et de (le) laisser faire son travail ».
Ex-Premier ministre socialiste, mais non assuré de recueillir le feu vert du PS qu'il a quitté, Bernard Cazeneuve a lui été écarté par Emmanuel Macron car il voulait rester « droit dans ses bottes » sur un programme de gauche, sans rechercher d'emblée des compromis avec le centre, estime un cadre macroniste.
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Tout à recommencer, donc ? Mercredi soir, le nom de Michel Barnier, 73 ans, qui fut aussi ministre des Affaires étrangères de Jacques Chirac et négociateur du Brexit au nom de l'Union européenne, circulait avec insistance.
Selon une ministre démissionnaire, l'Elysée a échangé avec lui dans la journée, quand d'autres vantent son profil « moins clivant » et « plus consensuel ». « Il est très apprécié des députés de droite sans que ce soit un irritant à gauche. Si Xavier Bertrand coince vraiment, je ne vois pas d'autres pistes que la sienne », glisse-t-elle.
Le nom de Michel Barnier, qui comme Xavier Bertrand avait concouru à la primaire de la droite en 2021, circulait déjà depuis l'été parmi les noms égrenés par le président devant certains de ses interlocuteurs.
Le chef de l'État est pressé de toute part d'arrêter un choix près de trois mois après la dissolution qu'il a lui-même provoquée, le 9 juin. « Plus le temps passe, plus c'est catastrophique. La colère monte. Les gens nous demandent quand on commence à bosser. Il y a urgence à agir sinon c'est la rue qui va prendre le relais », a prévenu le patron du groupe centriste Liot, Stéphane Lenormand. D'ailleurs, samedi, une manifestation est prévue à Paris contre le « coup de force de Macron » à l'appel de plusieurs organisations étudiantes, rejointes par La France insoumise, le PCF ou encore les Écologistes.
À gauche de l'échiquier politique, les Insoumis - qui ont refusé mardi de s'entretenir à nouveau avec le président de la République - continuent d'affirmer qu'ils censureront tout autre Premier ministre que Lucie Castets. La patronne des Écologistes, Marine Tondelier, a de son côté estimé ce jeudi qu'Emmanuel Macron était « soumis » au RN, et qu'« à la fin, on sait qui décide, c'est Marine Le Pen ».
La pression sur le président est aussi très forte sur le front économique. En effet, le budget 2025 de la France doit être impérativement déposé au Parlement le 1er octobre. À ce sujet, le 20 août dernier, pour « assurer la continuité de l'Etat », le Premier ministre démissionnaire Gabriel Attal a fixé à ses ministres les limites des crédits de leurs ministères pour 2025 dans des « lettres-plafonds », afin qu'ils commencent à préparer leurs budgets.
Et pour ne rien arranger, la pression est encore montée d'un cran lundi soir avec une nouvelle alerte rouge de Bercy à propos du déficit de la France. Projeté à 5,1% du produit intérieur brut, le déficit 2024 pourrait, à politique constante, finalement atteindre 5,6% cette année, selon des documents de Bercy envoyés aux élus de la Commission des finances de l'Assemblée nationale.
Pour Bruno Le Maire et Thomas Cazenave, ce dérapage est lié à deux facteurs principaux : une envolée des dépenses des collectivités locales - même si leurs représentants contestent vivement ce fait - et également des prévisions de recettes fiscales, qui pourraient ne pas être au rendez-vous, « compte tenu de l'évolution de la composition de la croissance, moins favorable aux recettes fiscales ».
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Première conséquence, d'après les ministres de l'Economie et du Budget démissionnaires : le surcroît de dépenses des collectivités pourrait donc « dégrader les comptes 2024 de 16 milliards d'euros » par rapport à la trajectoire de déficit envoyée à Bruxelles au printemps.
(Avec AFP)
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