Budget : le ministère de la Transition écologique s'oppose aux économies de Matignon
latribune.fr
Les orientations évoquées ne permettraient pas de garantir un financement efficace de la transition écologique, a estimé une source proche du ministère de la Transition écologique mené par Christophe Béchu.
Le ministère de la Transition écologique s'oppose aux économies demandées par Matignon. Le budget du fonds vert passerait de 2,5 milliards d'euros à 1 milliard en 2025.
[Mis à jour le 31/08 à 16h45]
« Il n'y a ni accord ni soutien du ministre sur les économies demandées pour le projet de loi de finances 2025 », a déclaré à l'AFP un membre du cabinet du ministre Christophe Béchu. Le ministère de la Transition écologique a fait part samedi de son opposition aux économies demandées par Matignon dans le cadre des « lettres-plafonds » destinées à préparer le prochain budget. Ces dernières permettent aux administrations centrales de préparer leurs dépenses pour l'année prochaine.
«Les orientations évoquées ne permettraient pas de garantir un financement efficace de la transition écologique. Le cabinet du ministre a évidemment eu l'occasion de faire part de son opposition à ces hypothèses de financement», a poursuivi la source au ministère.
Dans cette lettre envoyée le 20 août par Gabriel Attal, le Premier ministre démissionnaire, pour « assurer la continuité de l'Etat », les crédits de la Transition écologique seraient amputés de 1,5 milliard d'euros pour le fonds vert et de 1 milliard pour l'électrification des véhicules, selon les informations de Contexte. Le budget de ce fonds passerait ainsi de 2,5 milliards d'euros à 1 milliard en 2025.
Le budget de l'Agence de la transition écologique (Ademe) consacré aux collectivités et aux entreprises passerait de 1,373 milliard à 900 millions d'euros, au risque de freiner notamment les projets de développement de chaleur renouvelable et de prévention des déchets. Matignon a précisé samedi que le budget du ministère de la Transition écologique et de la cohésion des territoires augmentait au total de 2,8 milliards d'euros dans la lettre-plafond mentionnée.
Sur le fonds vert, Matignon souligne que les versements de l'Etat aux collectivités locales progresseront de 340 millions d'euros en 2025. La baisse de 1,5 milliard concerne des projets prévus sur plusieurs années. Sur l'électrification des véhicules, la baisse est de 500 millions d'euros, pour un budget d'un milliard d'euros en 2025 contre 1,5 milliard en 2024. Les certificats d'économies d'énergie permettront de financer 100 millions supplémentaires, selon Matignon.
La France épinglée par Bruxelles
Au total, les lettres-plafonds de Matignon reproduisent à l'euro près pour 2025 les dépenses de 2024 (492 milliards d'euros), ce qui engendrerait, selon Matignon, une économie d'environ 10 milliards d'euros, rien qu'en ne les indexant pas sur une inflation prévisible autour de 2% l'an prochain.
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Ce niveau de dépenses est « réversible », précise Matignon puisque le nouveau gouvernement pourra l'adapter à guise, soit avant le 1er octobre, la date limite pour présenter le budget 2025, soit pendant la discussion parlementaire sur le projet de loi de finances.
Epinglée par la Commission européenne en juin, la France est désormais entrée officiellement en procédure pour déficit excessif. Le 20 septembre prochain, l'Hexagone devra présenter un plan fiscal et de réformes structurelles à moyen terme aux instances bruxelloises. Dans un calendrier déjà très serré, le nouvel exécutif va devoir faire ses preuves auprès de la Commission européenne.